Quelques jours après l'échange de Shane Wright aux Predators de Nashville, c'était très intéressant de pouvoir se mettre sous la dent un duel entre Juraj Slafkovsky et Logan Cooley, respectivement les premier et troisième choix du repêchage de 2022.
Cooley a été sensationnel. Spectaculaire. Rapide. Wow! Quel joueur!
Ce gars-là est parti pour connaître une superbe saison. Déjà 11 buts, 21 points en 17 matchs…
Mais Slafkovsky n'a pas du tout été en reste.
Il a probablement connu son meilleur match de l'année, même s'il n'a récolté qu'une petite (mais très belle) passe. Il aurait facilement pu terminer la soirée avec trois points.
Slafkovský to naservíroval ako na podnose! 🎁
Suzuki jeho parádnu prihrávku premenil na gól! 🎯 https://t.co/cfwXO0espY
— NHL Slovensko (@NHLsvk) November 6, 2026
On peut le critiquer pour ne pas avoir été en mesure de tirer son trio en l'absence de Suzuki. Soit.
Mais, au moment d'être repêché, Slaf se voyait d'abord et avant tout comme LE complément idéal à Suzuki et Caufield, pas nécessairement comme une locomotive, même si ça viendra peut-être un jour, et comme il nous l'avait un peu montré l'an dernier sur le 2e trio.
Dans leur esprit, c'était la pièce de casse-tête qu'il fallait le plus ajouter en vue du futur, et, pour eux, le futur, à ce moment-là, ça commençait surtout dans… 5 ans!
Or, 5 ans plus tard, sans leur gros compagnon, Suzuki et Caufield ne seraient vraiment pas aussi efficaces.
Ces trois-là forment un véritable trio.
Gros ailier de 1er trio… ou joueur de centre de premier plan?
À la fin de leur processus d'évaluation, je ne pense pas que Shane Wright ait été très sérieusement considéré par les bonzes du CH, mais je crois qu'ils avaient encore Logan Cooley assez haut dans leur estime.
Évidemment, avec le cousin de L.J. Mooney dans ses rangs, le CH aurait déjà ses deux premiers centres, mais il n'aurait peut-être pas encore mis la main sur un gros ailier talentueux de premier trio, une rareté dans la LNH.
Bref, le CH ne se serait pas trompé avec Cooley… et ne s'est pas non plus trompé avec Slaf.
Slafkovsky : 186 points en 259 matchs (0.72 pp/m)
Cooley : 173 points en 228 matchs (0.76 pp/m)
Or, Cooley est offensivement plus dynamique et explosif que le gros Slovaque et terminera probablement sa carrière avec un peu plus de points.
LOGAN COOLEY AGAIN 🥶
He's got two in the first period! https://t.co/oz49EM4M2B
— NHL (@NHL) November 6, 2026
Mais le plus important pour le Canadien c'est qu'après une saison de 30 buts et 73 points à 21 ans, Slafkovsky – si on arrête de « capoter » deux secondes sur les quelques mauvaises parties qu'il a joué dernièrement – est très bien parti pour devenir le joueur que ses patrons croyaient avoir repêché.
En ce sens, il fait en sorte que leur « plan » tient encore très bien la route.
Pas du tout en retard sur ses compagnons de trio
À 22 ans, le gros #20 n'est clairement pas un joueur parfait, ni un joueur arrivé à sa pleine maturité. Il est encore un peu trop inconstant, on en conviendra tous.
Mais, en plus de ne pas avoir déçu par rapport à son rang de sélection, il n'est pas non plus en retard sur Caufield et Suzuki au même âge.
Loin de là.
Et rappelons que Suzuki et Caufield ne sont tous deux arrivés dans la LNH qu'à 20 ans, pas à 18.
Or, Slaf reçoit un traitement médiatique beaucoup plus sévère que recevait ses partenaires de trio il y a quelques années.
À 21-22 ans, Suzuki connaissait encore des passages à vide de 10-15 matchs en milieu de saison et commettait beaucoup plus d'erreurs défensives que ne le disait sa « réputation » de futur Patrice Bergeron…
En 2021-2022, à 22 ans – dans un club minable, il faut le dire – il enregistrait 61 points en 82 matchs avec un différentiel de -29.
En 2022-2023, à 23 ans, petite progression, 26 buts, 66 points, -13.
Son « grand débrouillage Super Écran », il l'a connu à 24 ans – suite à l'arrivée d'un certain Lane Hutson et d'un Slaf de 50 points à 19 ans sur son aile – avec ses 33 buts et 77 points, mais en demeurant encore à -14.
Puis, il a atteint son apogée à 25 et 26 ans avec des saisons respectives de 89 et 101 points, remportant un Selke au passage.
On peut dire que c'est seulement à 23-24 ans que Caufield a connu sa première très bonne saison (37 buts, 70 points, +9) et que ce n'est seulement qu'à 24-25 qu'il a connu sa première grande saison, digne d'une supervedette : 51 buts, 88 points +29.
Donc, même si plusieurs ont presque manqué d'air après que Slaf ait mal couvert Kyle Connor lors de la remontée historique des Jets mardi dernier, et qu'on lui reproche encore un autre « mauvais début de saison », le Gros a tout de même 12 points en 16 matchs, clairement son meilleur départ en carrière sur le plan statistique.
Il en comptait 9 l'an dernier après 16 matchs (6 buts, 3 passes)…
Et maintenant, qui serait surpris qu'il termine sa saison de 22 ans, avec une moyenne d'un point par match?
Mais les faits ont la tête dure.
Comme Slaf, finalement.