PRÉDICTIONS LNH : LES 8 PREMIÈRES PLACES DANS L’EST

Comme promis, je vous reviens avec mes prédictions pour les huit premières places dans l’Est. On n’est pas obligé d’être d’accord, mais l’idée première de l’article est de vous aider à formuler votre propre jugement en mettant en lumière le plus objectivement possible les forces et les faiblesses des différentes équipes.

Bon, c’est rendu un indécrottable cliché, mais on dirait que le classement se resserre d’année en année dans l’Est. Cette saison ne fera pas exception. En fait, je pense que ce sera peut-être la lutte la plus féroce des cinq dernières années.

La raison est fort simple, toutes les équipes de l’Est, sauf peut-être les Flyers, les Penguins et les Sénateurs se sont améliorées, du moins sur papier. Et si ces mêmes Flyers et Penguins se sont affaiblis quelque peu (pour des raisons forts différentes), ils ne feront alors que rejoindre les équipes de 2e tiers dans une lutte de tous les instants pour une place en séries. Cela fera en sorte que le top 8 de l’Est ressemblera un peu plus au top 8 de l’Ouest, De fait, on estime à 97 le minimum de points requis pour entrer en séries cette saison, comparativement à 93 l’an dernier.

La division Atlantique est particulièrement intrigante : les Rangers, Penguins, Flyers, Devils, et Islanders ont tous des points d’interrogations importants avant l’ouverture des camps dans quelques jours. Mais tous, sauf les Islanders, peuvent prétendre au titre de leur division. Pourtant, au moins deux équipes devraient être excluent des séries… et, avec un peu (beaucoup) de chance, les Islanders ne seront pas nécessairement une de ces deux équipes.

Serré qu’on vous dit. Vraiment.

Dans le Sud-Est, les Caps et le Lighning pourraient se livrer une belle bataille, mais ils seront dans une classe à part, les Hurricanes, Jets et Panthers, malgré tout le bon vouloir de la Terre, ne sont pas dans le même espace-temps.

Le Canadien? Il fera une chaude lutte aux Bruins et aux Sabres et devrait logiquement se qualifier pour les séries. Mais il aura besoin de chance côté santé et devra prier pour des déceptions chez certaines équipes s’il compte obtenir l’avantage de la patinoire rendu au printemps.

Voilà, la table est assez préparée.

Allons-y donc avec nos prédictions dans l’Est, pour ce qu’elles valent, c’est-à-dire, très chères! 😉

Mais avant voici, par ordre d’importance, les critères que nous avons utilisés pour établir notre classement:

1) Le talent et la profondeur à toutes les positions
2) La qualité des différentes phases de jeu (5 contre 5, AN, DN)
3) La régularité année après année (classement des dernières années)
4) Le leadership (fierté, solidité dans l’adversité)
5) La chimie, l’équilibre général (offensive/défensive, rapidité/robustesse, jeunesse/expérience)
6) Les intangibles (ambiance, blessures, explosions/déceptions, « points d’interrogations », etc.)
7) Les entraîneurs et la direction (solidité, stabilité, bons coups/mauvais coups, etc.)
8) La masse salariale (espace restant sous le plafond, marge de manœuvre)

1. Capitals de Washington, 112 points : Les Caps ont 5 joueurs au talent au-dessus de la moyenne dont un certain Alex Ovechkin (qui a quelques livres à perdre, soit dit en passant…), les autres étant Backstrom, Semin, Green et le jeune Carlson. L’équipe de soutien n’est pas piquée des vers non plus: Laich, Brouwer, Johansson (lui aussi très talentueux et choisi quelques rangs derrière un certain Louis Leblanc en 2009), Knuble, Ward, Chimera, Wideman, Alzner, Hamrlik et Halpern. Puis, vous rajoutez le bon vieux Vokoun et deux jeunes loups affamés derrière lui dans les filets. Ouf, quel équilibre partout! George McPhee a eu un été de rêve sur le marché des joueurs autonomes et sur celui des transactions. Et dire que Kuznetsov, le héros russe du dernier CMJ, superbe joueur choisi quelques rangs derrière Jarred Tinordi en 2010, pourrait percer l’alignement dès cette saison. Ça fait peur. Le plus gros point d’interrogation demeure le coach, Bruce Boudreau. Si un remplacement à ce niveau devait s’opérer, les candidats feront la file. Peu importe, à moins d’une hécatombe, personne ne devrait toucher aux Caps dans l’Est cette saison. Pour eux, le vrai test commencera en avril.

2. Bruins de Boston, 105 points: Les Big Bad Bruins, fumant depuis les Fêtes l’an dernier, n’ont pas perdu trop de joueurs importants dans l’entre saison. Ce qui fait en sorte que le lendemain de veille sera beaucoup moins pénible qu’à Chicago l’an dernier. Les Bruins devraient être aussi bons que l’an dernier, voire même un peu meilleurs en saison. Les 48 points de Recchi devraient logiquement être remplacés par l’explosif Tyler Seguin. Puis, Pouliot, en saison en tous cas, devrait assez bien remplacer Ryder sur un très bon troisième trio en compagnie de Peverley et Kelly. Bref, les Bruins ont tellement de profondeur qu’ils n’ont même plus besoin de Marc Savard. Et puis, il ne devrait pas y avoir trop d’inquiétude ni défensive ni devant le but. Comble du luxe, ils ont encore repêché dans les 10 premiers cet été (Dougie Hamilton, d), thanks to the Maple Leafs and Phil Kessel. Comme toutes les équipes les Bruins ont des joueurs clés un peu fragiles, on pense spécialement à Bergeron, mais sinon, on est loin de la misère nouère. Un beau mélange de robustesse, de talent, de jeunesse et d’expérience. Il faut aussi considérer qu’ils ont plusieurs joueurs dans leur prime et virtuellement aucun sur le déclin. Puis, on l’oublie, mais Krejci a terminé premier marqueur des séries 2011… La lutte sera serrée avec Buffalo et Montréal qui se sont améliorées dans l’entre saison, mais la logique veut encore que l’on donne le premier rang dans le Nord-Est aux champions de la Coupe Stanley, des champions vraiment pas trop dégarnis.


3. Rangers de New York, 101 points
: Les Rangers, eux, en ont deux supervedettes quelque peu fragiles : Gaborik et Richards. Le dernier a subi une sévère commotion cérébrale en fin de saison alors que l’historique médical du premier est bien connu. Néanmoins en supposant que Richards et Gaborik ne s’en tireront pas trop mal côté blessures, les Rangers formeront un très solide club cette saison. Bon yeu, Richards remplacera Drury, méchante différence en partant! Lui et Gaborik devraient former un des duos les plus dynamiques de toute la ligue. Puis, les Blue Shirts ont une très belle profondeur à l’avant avec les Callahan, Dubinsky, Anisimov, Stepan, Boyle, et Zuccarello, entre autres. Des décisions devraient par ailleurs être prises très bientôt du côté de Wolski et Christensen. Derrière, ils ont un super gardien en Lundqvist qui jouera encore près de 65 matchs cette saison. Pour sa part, la défensive est jeune et on n’y retrouve pas de talent exceptionnel, mais Staal, Girardi, Sauer et McDonaugh présentent tout de même du jeu très solide et la recrue Erixon, nouvellement acquis des Flames, est voué à un bel avenir. Bref, Si Richards et Gaborik tiennent le coup toute l’année on leur donne la division Atlantique. On a envie de penser qu’ils vont jouer au moins 70 matchs chacun. Enfin, Tortorella a encore une bonne poigne derrière le banc.

4. Ligthning de Tampa Bay, 107 points : Le Lightning a démontré en séries que leurs bons résultats en saison n’étaient pas le fruit du hasard. Après avoir atteint la finale de conférence et vendu chèrement leur peau en sept matchs contre les Bruins, Steve Yzerman a cru bon de garder les vétérans Brewer et Roloson avec le club. Mathieu Garon, un des bons #2 de la ligue, a également été mis sous contrat cet été par le dg de Tampa. Il sera d’une grande utilité dans l’équipe puisque Roloson aura 42 ans le mois prochain. Ajoutez à cela que Hedman aura pris encore plus d’expérience et que M-A Bergeron sera là dès le début de la saison à la pointe et vous avez une défensive qui a maintenant fière allure. Par ailleurs, les départs de Gagné et de Bergenheim, un peu trop gourmands, pourront en partie être palliés par Nate Thompson, Ryan Shannon et le jeune Carter Ashton. Mais on comptera surtout sur un gars comme Teddy Purcell ainsi que sur les retours à 100% de Malone, Downie et Lecavalier dès le début de la saison pour soutenir les efforts de Stamkos et St-Louis. Guy Boucher a déjà commencé à prouver qu’il était un coach d’exception. Son leadership est très fort et contagieux dans le vestiaire des Bolts. À la fin de la saison, il se pourrait fort bien que Tampa Bay ait le deuxième meilleur dossier dans l’Est. N’oublions pas qu’ils ont battu facilement leurs rivaux de Washington en séries le printemps dernier…

5. Sabres de Buffalo, 101 pts : Si tout va bien et que les joueurs clés comme Roy et Miller évitent les blessures, les Sabres pourraient tout aussi bien terminer au premier rang dans la division Nord-Est. Les Sabres ont un groupe d’attaquants rapides, talentueux et super créatifs auxquelles le gros Zack Kassian pourrait se greffer pour apporter une robustesse bien désirée dans la ville des chicken wings. Mais c’est surtout le six pack en défensive des Sabres qui impressionnera cette saison : Myers, Ehrhoff, Regehr, Leopold, Gragnani et Sekera. Ouep, pas pire! Disons que la rondelle devrait sortir de la zone assez vite. Du côté des intangibles, l’humeur est excellente chez les Sabres depuis l’arrivée de Teddy Pegula, le nouveau riche propriétaire. Les joueurs et le vétéran entraîneur, Lindy Ruff, voient que la direction peut maintenant tout mettre en place pour gagner. Remplacer le fragile Connolly par Ville Leino, puis ajouter Ehrhoff et Regehr en défensive sont des gestes qui ne mentent pas. La ville de Buffalo continuera d’être derrière eux plus que jamais. Bref, tout cela est bien motivant pour les Sabres. Darcy Regier devra toutefois se départir d’un salaire important (Boyes ou Kotalik), puisqu’il est actuellement plus de 3,5 M$ au-dessus du plafond salarial. Un ajustement côté chimie est également à prévoir en début de saison et les Sabres devront s’habituer à vivre avec des attentes élevées. Mais, somme toute, pas de problème majeur en vue.

6. Penguins de Pittsburgh, 100 pts: Parlant de problème majeur, j’ai cru comprendre dernièrement que les Penguins en avaient un qui essaie présentement de se remettre en forme en Nouvelle-Écosse. Pas compliqué, si Crosby jouait toute la saison en santé, les Penguins trôneraient tranquilles au sommet de leur division. Mais, à partir des informations les plus récentes, un retour avant janvier 2012 serait une nouvelle surprenante. Par ailleurs, on est en droit de s’attendre à une grande saison de la part de Malkin, qui a pris le temps qu’il fallait pour soigner son genou et le renforcer. Il aura tout le temps de glace voulu pour renouer avec ses statistiques d’il y a 2-3 ans. Malgré le départ de Goligoski la saison dernière, la défensive demeure une force incontestable, tout comme Fleury, qui a été sensationnel en deuxième moitié l’an dernier. De son côté, Dan Bylsma est de plus en plus cité parmi les meilleurs entraîneurs de la LNH. Pas pour rien que malgré toutes les blessures, son équipe a tout de même terminé 4e l’an dernier. Un retour de Crosby en deuxième moitié de saison pourrait leur donner un supplément d’énergie incroyable en vue des séries et de là tout redeviendrait possible pour ces drôles d’oiseaux. On a aussi très hâte de voir quel genre de saison nous réserve James Neal et Steve Sullivan.

7. Canadiens de Montréal, 99 pts : Si un billet de 1 000 000$ garantissait avant le début de la saison à Pierre Gauthier et Geoff Molson que leur club allait terminer en 7e position, je pense qu’ils seraient plus que tentés de débourser le 1 000 000$. Remarquez que Gauthier a déjà dépensé 4,5 $M sur Erik Cole pour consolider ses chances d’accéder aux séries. Cole rendra certainement le Canadien meilleur à 5 contre 5, lui qui a enregistré 21 de ses 26 buts dans cette phase de jeu l’an dernier. Avec l’ancienne « bête noire » de la Caroline, le Canadiens compte maintenant sur 5 ailiers de qualité en ajoutant les Cammalleri, Gionta, Pacioretty et Kostitsyn, ce qui en fait une force évidente de l’équipe. Desharnais pourrait lui aussi venir joindre ce groupe si Martin voulait répéter l’expérience à l’aile. Sinon, le CH n’a pas vraiment plus de points d’interrogation que la moyenne des autres clubs de l’Est, mais il en a deux gros qu’ils payent très cher : Markov et Gomez. Des saisons satisfaisantes et/ou en santé pour ces deux joueurs pourraient signifier un meilleur classement que la 7e position, mais le contraire pourrait causer des maux de tête à Gauthier encore cette saison. Ce n’est pas pour rien que celui-ci semble vouloir se garder une marge de manœuvre de 3-4 millions. Hormis Markov, le reste de la défensive soulève aussi des inquiétudes ici et là, mais dans l’ensemble Subban, Gorges, Gill, Weber, Yemelin, Spacek et Diaz que l’on pourrait voir à Montréal, présentent un beau mélange au niveau des aptitudes et devraient s’en tirer plutôt bien, même si on tombe un peu de haut après Markov et Subban. Du reste, Price demeurera le joueur clé de l’équipe, l’avantage numérique continuera de produire à un bon rythme et P.K. sera la bougie d’allumage, une bougie d’allumage qui pourrait devoir jouer plus de 24-25 minutes par match toute la saison…

8. Flyers de Philadelphie, 97 pts : S’il y a un point d’interrogation majeur dans l’Est, il est probablement du côté de Philadelphie, la ville de l’amour fraternel (à moins que votre frère s’appelle Pronger, Hartnell, ou Shelley). Ainsi donc, les deux fers de lance de l’attaque philadelphienne, Richards et Carter, joueront désormais à L.A. et Colombus. Leino, Versteeg, Powe, Carcillo, O’Donnell, joueront aussi sous d’autres cieux cette saison. Arrivent en ville quatre points d’interrogation majeurs : Jagr, Voracek, Bryzgalov et Schenn. Que peut donner le premier dans la LNH à 39 ans? Quelle attitude aura-t-il? Que peut donner son jeune compatriote de 22 ans, Voracek, obtenu en retour de Carter? Comment Bryzgalov, talentueux mais « particulier », saura s’adapter à un nouveau système beaucoup moins défensif? Enfin, Schenn, qu’on nous vante comme la réincarnation hockey de Leonard de Vinci à TSN depuis l’hiver dernier, saura-t-il s’affirmer dès sa première saison complète dans la LNH? Mais bon, il y a tout de même quelques valeurs sûres. Giroux a démontré qu’il était prêt à occuper le rôle principal en attaque. Brière, de son côté, trouve encore le moyen de se démarquer aux moments clés. Simmonds et Talbot sauront donner beaucoup d’énergie à leur club soir après soir. Il sera aussi intéressant de voir la nouvelle chimie qui s’installera dans ce vestiaire que l’on croit avoir assaini avec les départs de Richards et Carter. Enfin, la défensive est relativement stable, surtout si Pronger retrouve la forme assez tôt, n’a pas grand-chose à envier à la compétition. Mais ça fait beaucoup de « si » à Philadelphie.

9. Devils du New Jersey, 96 pts : Difficile de ne pas inclure les Devils dans le tournoi printanier, mais la dernière saison en a laissé plusieurs perplexes. C’est pourquoi la logique nous pousse à les y exclure de justesse. Si Jacques Lemaire n’était pas venu redresser la barre, quelle catastrophe c’eut été l’an passé! Mais là, le même Lemaire est retourné prendre sa retraite et on a engagé Peter DeBoer qui n’avait absolument rien cassé en Floride. Par contre, ce dernier n’arrive pas avec un club de manchots. Sur papier, Kovalchuk, Parise, Zajac et Elias forment un solide quatuor offensif lorsqu’ils sont tous en santé. Greene, Tallinder, le jeune Larsson, Volchenkov et Salvador, présente un bel éventail d’habiletés. De leur côté, les jeunes Tedenby, Palmieri, Josefson, montrent un beau potentiel à l’aube de leur deuxième saison dans la grande ligue. Enfin, Zubrus, Clarkson et Steckel apporte une belle profondeur. Par contre, Brodeur, peut-être pour la première fois de sa carrière, représente un point d’interrogation important pour son équipe. Est-il encore aussi motivé? Est-il devenu fragile? Dans son cas, seul le diable le sait! Mais si une grosse surprise devait survenir dans la conférence, regardez du côté du New Jersey. Ils pourraient tout aussi bien terminer au 3e rang.

Voilà, vous êtes prêts pour miser votre maison à Vegas!

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