CH : déblocage en attaque?

Le Canadien vient d’enregistrer 17 points sur une possibilité de 24 à ses 12 derniers matchs. Cela représente une très enviable moyenne de .708 durant cette période. Tout cela, malgré les blessures que l’on connaît et, bien sûr, tout cela depuis le départ de Perry « tout-est-de-ma-faute » Pearn.

On blague, mais, quitte à nous répéter, ce congédiement a manifestement secoué l’équipe quand elle en avait besoin.

Quelques mots sur l’attaque

Après avoir vu ce que David Desharnais pouvait apporter offensivement l’an dernier, puis avec la progression générale que l’on pouvait anticiper chez Lars Eller et, enfin, avec l’acquisition estivale d’Erik Cole, on était en droit de s’attendre à plus de buts de la part du Canadien par le biais d’une meilleure profondeur à l’attaque.

L’effet Erik Cole commence vraiment à se faire sentir dans l’attaque du Canadien

C’est exactement ce que l’on commence à obtenir après les cafouillages du début de saison.

Gorges l’a dit cette semaine, le secret, tout du long, aura été d’appliquer la recette qui a permis au Canadien de connaître passablement de succès depuis les séries de 2010. C’est-à-dire, un système tricoté serré où un attaquant exerce une pression intense sur les défenseurs adverses, deux attaquants ferment le centre de la patinoire et appuient leurs défenseurs avec une bonne pression arrière.

Cela a pour effet de rétrécir l’espace entre chaque joueur sur la patinoire ainsi que de faciliter les revirements et la contre-attaque. C’est cependant un système passablement exigeant à jouer. Ce n’est pas une trappe passive, loin de là. Et avec plusieurs petits joueurs…

Mais bon, globalement, il est évident que si on ajoute des joueurs talentueux et rapides dans un système favorisant la contre-attaque éclair, les buts finiront bien par venir. Même si on ne retrouve aucun Crosby, Ovechkin, Perry ou Kovalchuk dans la formation, avec un peu de chance (pour une fois), le Canadien pourrait très bien se retrouver à la fin de la saison avec 6 marqueurs de 50 points et plus : Plekanec, Pacioretty, Cole, Desharnais, Gionta, Cammalleri. De leur côté, si les choses se replacent à temps pour Kostitsyn et Gomez, ceux-ci pourraient espérer des saisons de plus de 40 points. Disons que ça donnerait un top 8 en attaque qui ne serait pas banal.

Lorsque l’offensive d’une équipe ne compte sur aucune super-vedette, l’attaque devient souvent une affaire de confiance collective. Quand les joueurs s’épaulent et que les lancers commencent à entrer dans le filet adverse, on assiste souvent à un genre d’effet boule de neige où tout le monde contribue au pointage comme on l’a vu lors des derniers matchs. Dès l’instant où l’on oublie de jouer collectivement, on assiste immanquablement à l’effet inverse et l’attaque devient alors anémique.

Quelques mots sur l’avantage numérique

Erik Cole et Max Pacioretty amènent une véritable nouvelle dimension au jeu de puissance. Il y a longtemps qu’on avait pas vu deux joueurs aussi imposants aller se poster régulièrement dans les zones payantes et batailler le long des rampes sur une même unité. Cela fait bien paraître tout le monde, à commencer par Desharnais qui obtient des plus belles rondelles à distribuer à la pointe.

On est aussi obligé de reconnaître que l’entêtement de Jacques Martin à vouloir utiliser Plekanec à la pointe droite commence à porter fruit. Pleky a beaucoup mieux transporter, lancer et fait circuler la rondelle la semaine dernière dans cette phase cruciale de jeu. Six points à ces trois derniers matchs, c’est tout à l’honneur de M. Col Roulé qui, visiblement, joue en dépit de douleurs au haut du corps…

Yannick Weber, encore quelque peu méconnu des formations adverses, profite pour l’instant d’une couverture déficiente à son endroit à la pointe gauche. Cela lui permet de prendre de bons tirs sur réception qu’il dirige de plus en plus souvent sur le filet, quitte à compromettre un peu de puissance pour plus de précision. C’est une stratégie généralement assez payante, parlez-en à Lidstrom, Bourque, Desjardins, Pronger et autres no name du genre…

Pendant ce temps Subban prend des notes et prend son mal en patience sur la deuxième vague, ce qui, dans les circonstances, est peut-être un beau luxe pour le Canadien…

Tout n’est cependant pas parfait et j’ai encore bien du mal à comprendre comment Jacques Martin peut justifier toutes les minutes que Gomez a encore obtenues en AN depuis son retour au jeu… C’est simple, à moins qu’il ne redevienne le passeur qu’il a déjà été et que ses entrées de zone en possession de la rondelle redeviennent efficaces, aucune justification ne sera possible à cet égard. À suivre…

En réponse à Martin Leclerc concernant Lars Eller

« Par rapport aux joueurs sélectionnés en première ronde la même année que lui et qui ont franchi le cap des 100 matchs, il accuse déjà beaucoup de retard. »

Ouf, une simple visite ici www.hockeydb.com/…/nhl2007e.html enlève pas mal de crédibilité à cette phrase de Martin Leclerc. 

À plus fort raison, seulement 12 joueurs choisis en 1ère ronde ont atteint les 100 matchs! Bref, déjà là, Eller est en quelque sorte en avance sur 18 joueurs! Ça aussi il faut le dire!

Et surtout, ce qu’il faut dire, c’est qu’Eller n’a pas grand chose à envier à Turris (3e), Alzner (5e), le plafonné Sam Gagner (6e) et Brandon Sutter (11e). Puis il faut aussi mentionné qu’il est bien meilleur que le flop de Boston, Hamill (8e) et supérieur à Ellerby (10e), pour ne parler que de ceux choisi avant lui.

Difficile de prendre une aussi mauvaise photo!

Pour le reste, c’est une question de temps de glace, d’opportunité en PP, et de partenaires de jeu. La faute à Gomez? Lorsqu’il joue avec AK46, Eller provoque des choses à chaque match. Et n’oublions pas qu’il affiche un différentiel +3 depuis le début de la saison. Martin (Jacques), en tient compte de cette statistique. 

On ne confondra jamais Eller avec Crosby, mais s’il devient un des bons gros centres two ways de la LNH, un mélange de J. Stall, Zubrus, Hanzal, qui va s’en plaindre? Gauthier va avoir gagné son pari à 100 m/h contre les Blues. Il n’avait aucun espoir comme Eller dans son organisation et il comptait sur un certain Price dans les buts.

Puis, ce n’est pas comme s’il avait été repêché dans le top 5, Eller! C’est un peu ça le problème du texte de Leclerc, il est très sévère par rapport au rang où à été choisi le Danois. Parmi ceux choisis après lui, seuls Shattenkirk (91 matchs) et Perron avaient clairement mieux fait que lui après environ 100 parties. Pacioretty a commencé à débloquer peu avant son 100e match. Et on lui avait donné beaucoup plus de chances de réussir.

Bref, en retard Eller? Euh… non, pas vraiment.

Prolongation :

Je vais au match contre Boston ce soir et je vous reviens demain avec quelques petites notes sur le match, mais surtout avec des idées sur la défensive bizarre/surprenante/décevante/difficile à suivre/blessée/remplie d’espoir/trop petite/rapide/lente/toit qui coule/bipolaire/alouette du CH.

Enfin, j’avais dis que je ne vous en reparlerai pas avant la mi-saison mais, où sont mes « Thomas » qui ne me croyaient pas sur Ryan Nugent-Hopkins, le meilleur #1 overall depuis Crosby? 5 passes samedi contre Chicago, 19 pts en 19 matchs, +2.

C’était trop tentant, hehehe!

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