Top 15 des espoirs du CH : les positions 9 à 7
Crédit: Capture d'écran/Twitter

On s'est quitté la semaine dernière avec le trio composé de Tim Runtso, Florian Xhekaj et Adam Engstrom.

Pas de vedette, ni de même de joueur d'impact en vue ici. Au mieux, de bons joueurs de soutien pouvant connaître une carrière honnête de quelques centaines de matchs dans la LNH.

Le trio qu'on vous présente cette semaine semble pouvoir aspirer à de plus hauts sommets, du moins en théorie. On est assez confiant qu'on pourra éventuellement y retrouver au moins un joueur d'impact, c'est-à-dire un joueur au-dessus de la moyenne de la LNH.

9. Bryce Pickford, DD
Potentiel : 32/40
Assurance : 13/20
Valeur d'usage : 13.5/20
Valeur d'échange : 14/20
Total : 72.5/100

Classé en 15e position l'été dernier, Pickford est devenu un espoir relativement prépondérant dans l'organisation, sans doute le joueur le plus attendu à Laval cet automne lorsqu'il sera rétabli de son opération à l'épaule. 

Potentiel
À 19-20 ans, au niveau junior, il faut vraiment qu'un jeune connaisse une saison hors du commun pour que les analystes et autres experts se lèvent les yeux. Or, c'est exactement ce qu'a réalisé Pickford la saison dernière à Medicine Hat.

Après avoir connu des séries magiques au printemps 2025, Pickford a enchaîné avec une campagne où il a presque atteint la cible du but par match (45 buts en 55 parties) tout en enregistrant un total de 83 points et en affichant un différentiel de +55! Il a sans surprise été nommé défenseur de l'année de la LCH.

Il n'aurait certainement pas converti autant de tirs en but dans la LNH, mais le bon Bryce possède quand même un lancer à la fois puissant et extrêmement précis, un tir du poignet bien au-dessus de la moyenne.

Pickford est aussi un excellent leader et un joueur qui présente une belle robustesse, allant même jusqu'à jeter les gants au besoin même s'il n'est pas exactement un « monstre » à 6'1, 185 lbs.

À ce compte, on se demande d'ailleurs à quoi les « cerveaux » de Hockey Canada ont pensé en l'ignorant complètement en vue du dernier championnat mondial… Le Canada a manqué cruellement de caractère et de leadership. Pickford, un héros de la Coupe Memorial de 2025 et ancien coéquipier de Gavin McKenna, n'aura certainement pas nui. Enfin…

Assurance
Cela dit, si on peut certainement s'attendre à le voir rapidement dominer en avantage numérique dans la LAH, c'est surtout son jeu dans son territoire qui retiendra l'attention de ses patrons et des recruteurs professionnels de la LNH. Si Pickford, au demeurant, un patineur dans la moyenne, ne parvient pas à se montrer fiable dans sa zone, il se peut qu'il ne parvienne jamais à s'établir dans la LNH sur une base régulière, du moins comme défenseur.

Ainsi, en considérant son âge et ses faiblesses dans son territoire, il faut donc encore se garder une bonne gêne avant de donner un gros score à Pickford en matière d'assurance d'atteindre son plein potentiel dans la LNH.

Valeur pour l'organisation
Après avoir été sélectionné au 3e tour à 19 ans en 2025, la valeur marchande de Pickford a sans doute augmenté dans la dernière année avec la saison sensationnelle qu'il a connue.

Par contre, le fait que le CH ait sélectionné Runtso, Cleaves (deux droitiers) en plus du très mobile gaucher Klimpke en juin dernier est tout de même de nature à diminuer un brin sa valeur d'usage au sein de l'organisation. On lui a enlevé un peu de rareté…

De plus, on doit aussi considérer qu'il a encore pas mal de croûtes à manger avant de passer devant les Reinbacher et Engstrom qui cognent aux portes de la LNH. 

Ainsi, Pickford n'aura pas beaucoup de temps pour se démarquer dans l'organisation du CH, probablement deux ans tout au plus. C'est passablement bloqué devant et ça se bouscule déjà un peu derrière.

Est-ce que le CH pourrait alors envisager de le transformer en attaquant, tel que l'a déjà soulevé Simon « Snake » Boisvert? Comme Mark Streit à l'époque, Pickford possède des attributs offensifs évidents qui pourraient également lui servir à l'attaque. À suivre.

Enfin, après sa saison magique, on était plusieurs à penser que la valeur d'échange de Pickford ne sera peut-être jamais aussi élevée. Mais avec sa blessure puis son opération à l'épaule (retour prévu en novembre), gageons que plusieurs recruteurs professionnels des autres organisations vont suspendre leur jugement avant de le recommander chaudement à leurs patrons. 

Bref, je serais très surpris que Pickford change d'adresse dans les prochains mois, mais s'il réussit sa transition chez les pros, il attirera des regards encore plus sérieux.

8. Zachary Bolduc, AG 
Potentiel : 32/40
Assurance : 14/20
Valeur d'usage : 14/20
Valeur d'échange : 13.5/20
Total : 73.5/100

Après avoir été classé 6e dans ce palmarès l'an dernier suite à la séquence irrésistible qu'il avait connue avec les Blues tout juste avant d'être échangé, Bolduc a semblé régresser l'an dernier avec le Canadien. Saura-t-il rebondir et nous montrer le joueur d'impact qu'on espérait ou n'aurons-nous droit qu'au joueur de soutien qu'il a été depuis son arrivée en ville?

Potentiel
Peut-être parce qu'il a été repêché par les Blues, on a tendance à oublier que Bolduc est encore un espoir, du moins, au sens où on l'entend dans ce décompte. À 23 ans, le Québécois n'a toujours que 175 matchs d'expérience dans la LNH en saison régulière. Et contrairement à Juraj Slafkovsky, repêché un an après lui, il n'a pas encore connu sa grande éclosion.

Donc, est-ce que cette troisième saison complète dans le « show » sera la bonne pour cet attaquant de puissance « petit format », celle où Bolduc déploiera ses ailes et nous montrera son vrai talent de marqueur? Ou aura-t-on encore droit à des flashs ici et là et une autre saison d'une trentaine de points et de 12-15 buts?

Tout ça va dépendre du niveau de jeu du principal intéressé et de la confiance qu'il saura inspirer à ses patrons, qui décideront ensuite de son rôle dans l'alignement. 

Si Bolduc s'affirme avec assurance sur le 2e trio aux côtés de Demidov et produit sur la deuxième unité d'avantage numérique, il pourrait atteindre sa vitesse de croisière et produire autour de 45 points. Il deviendrait alors un genre de Jake DeBrusk et tout le monde s'en porterait assez bien. 

Bolduc possède un tir à faire rêver, mais la vitesse de ses pieds et la puissance de son coup de patin ne sont pas encore au niveau de ce qu'on voit chez DeBrusk…

On espère qu'il travaille là-dessus.

Assurance
Après un départ de feu à ses trois premiers matchs à l'étranger (trois buts), la réalité du marché montréalais semble avoir pesé lourd sur les épaules de Bolduc l'an dernier. Ça lui a pris beaucoup de temps avant d'être à l'aise au Centre Bell. En effet, le Trifluvien n'a inscrit que trois buts à domicile en 25-26, dont ses deux premiers dans un même match le 18 décembre contre les Blackhawks de Chicago…

Cela nous fait poser cette difficile question : Montréal est-elle la ville où Bolduc pourra s'épanouir? 

Le #76 a semblé s'ajuster un peu mieux vers la fin de la saison et en séries. On lui souhaite de retrouver ses repères rapidement cet automne…

Mais, pour l'instant, on demeure un peu moins confiant qu'à pareille date l'an dernier quand à l'assurance de voir Bolduc atteindre son plein potentiel avec le Canadien.

Rareté, utilité et valeur pour l'organisation
Bolduc, 18e choix au total en 2021, présente le coffre à outils d'un attaquant de puissance light, un profil encore assez rare dans l'organisation. À son meilleur, il converge et lance au filet avec autorité tout en étant efficace en échec avant. C'est un style de jeu (semblable à celui d'un Tararenko de 34 ans) qui pourrait très bien compléter des joueurs comme Demidov et (éventuellement) Hage, à condition de jouer avec la vitesse requise…

Le profil de Bolduc, ce qu'il peut apporter sur un middle-6, est sans doute attirant pour plusieurs équipes. C'est d'ailleurs ce profil qui l'a amené à Montréal et nul doute que son nom pourrait revenir dans de nombreuses conversations entre Hughes et ses homologues.

Sa valeur d'usage est probablement encore plus élevée que sa valeur d'échange aux yeux de ses patrons, mais la durée et le montant de son prochain contrat nous en diront assez long sur ce que l'organisation pense vraiment de lui.

7. L.J. Mooney, AD/C
Potentiel : 33/40
Assurance : 15.5/20
Valeur d'usage : 14.5/20
Valeur d'échange : 13.5/20
Total : 76.5/100

Mooney n'a rien fait pour décourager ses admirateurs à sa première saison dans la NCAA. Au contraire, il leur a donné encore plus de gaz. Et pour une deuxième année consécutive, le petit américain a retenu l'attention lors du camp de développement de l'équipe. Il passe donc de la 9e à la 7e position ce ce palmarès estival. Pas trop mal pour pour un 113e choix au total en 2025…

Potentiel
Au bas mot, avec ses 30 points en 34 parties, Mooney, confiant et productif, aura été tel qu'anticipé au sein d'un club assez faible l'an dernier à l'Université du Minnesota.

Les Américains auraient aussi pu l'utiliser davantage lors du dernier CMJ (3 passes en 5 matchs). Il apportait une étincelle qui leur a finalement manqué. Mais, comme on a pu le voir lors du dernier Summer Showcase, il devrait être un pilier de l'équipe en tant que vétéran lors de la prochaine compétition…

Mooney se démarque par sa vitesse, ses feintes, sa vision du jeu et surtout par sa fougue et son éthique de travail hors norme, un attribut incontournable lorsqu'on parle de lui, comme le soulignait récemment Scott Wheeler (The Athletic) dans une excellente entrevue.

Comme on peut aussi le dire pour Lane Hutson, dans le cas de Mooney, ce n'est pas la grosseur du chien dans la bataille qui compte ; c'est plutôt la grosseur de la bataille dans le chien.

Bref, on continue de voir Mooney comme un futur bon joueur de milieu d'alignement, très polyvalent, petit mais talentueux, tenace et courageux à souhait.

On croit qu'il pourra devenir un joueur d'impact à la Newhook, capable de saison de 40 à 50 points. Comme ce dernier, Mooney semble parfois manquer un peu de finition dans son jeu, le privant de devenir une véritable machine à points et une vedette comme son cousin Logan Cooley…

Assurance
Comme se plait à le dire Martin St-Louis – qui est probablement déjà un de ses admirateurs – Mooney est un joueur de hockey, pas juste un jeune homme qui joue au hockey.

Il semble partager la même passion pour la game qu'on retrouve chez Hutson et Demidov.

En plus de sa progression évidente depuis un an, on ne peut probablement pas avoir une meilleure garantie d'atteindre la LNH et d'y avoir un certain impact que ce feu qu'il l'anime.

Rareté, utilité, valeur pour l'organisation
Si les Canes ont pu facilement gagner une Coupe Stanley en misant sur des Aho, Jarvis, Stankoven et Ehlers dans leur top 9, on ne voit vraiment pas comment ajouter un joueur talentueux de la stature de Mooney au top 9 serait un si grand crime pour le CH d'ici 2 ans. Il n'y aura que Caufield qui sera clairement plus petit que lui. Suzuki pèse plus de 200 lbs et Newhook est aussi passablement costaud pour un joueur de 5'10. 

Bref, tant qu'on ne se retrouve pas au village des Schtroumfs, le coeur et le talent sont toujours les bienvenus au sein d'un vestiaire, peu importe la taille.

Mais la victoire de la Caroline est aussi de nature à augmenter la valeur des joueurs comme Mooney. Après tout, si on fait un peu de démagogie au grand bonheur des Canes, Stankoven n'a-t-il pas mis Rantanen dans « petite poche » le printemps passé?

Et Brad Marchand, rendu à deux Coupes Stanley, n'a-t-il pas lui aussi montré que les petits joueurs talentueux, costauds, créatifs et fougueux peuvent très bien se débrouiller à un jeu où la rondelle est à 98% du temps sur la glace et non à 12 pieds dans les airs?

On ne peut donc pas écarter que des équipes pourraient éventuellement se montrer intéressées à Mooney dans leurs conversations avec Kent Hughes… 

En plus du talent, le coeur et l'éthique de travail prédominent trop souvent les muscles et le gabarit pour être ignorés.

La preuve vient encore d'être faite par la Caroline.

Conclusion
Ceux qui préfèrent « un tiens vaut mieux que deux tu l'auras », préféreraient peut-être voir Bolduc devant Mooney, encore un projet à ce stade-ci.

Mais, même si ses séries ont été assez bonnes dans l'ensemble, le problème c'est que Bolduc n'a vraiment pas donné au CH ce que l'on anticipait de sa part l'an dernier en saison régulière. Il semblait à la fois nerveux et figé sur la glace pendant une bonne partie de la saison, surtout au Centre Bell. 

Donc, à mes yeux, Bolduc n'est pas encore tout à fait un « tiens », une vraie valeur sûre.

À ce compte, l'éthique de travail de Mooney, son assurance naturelle et sa créativité hors norme m'inspirent pour l'instant davantage confiance quant à la possibilité qu'il atteigne son plein potentiel à Montréal.

À Bolduc de me faire mentir, je lui souhaite!

Quant à Pickford, c'est bien sûr un espoir emballant compte tenu de ses succès à Medicine Hat lors des deux dernières saisons et certains le placeraient sans doute plus haut qu'au 9e rang.

Mais n'oublions pas que les statistiques des défenseurs de 19-20 ans dans la WHL, une ligue au style un peu plus ouvert et très affaiblie par les nouvelles règles (départs vers la NCAA…), sont à considérer avec beaucoup, beaucoup de prudence.

On aura bientôt une bien meilleure idée de sa valeur réelle (en tant que défenseur ou attaquant) après une trentaine de matchs dans la LAH.

On se recroise la semaine prochaine avec les positions 6 à 4!

AVERTISSEMENT : ça va être très serré entre les trois prochains joueurs!