Nick Suzuki a passé un message clair à l’avantage numérique du Canadien

En début de saison, Martin St-Louis avait hâte de voir de quoi le CH allait avoir l’air une fois l’excitation du début de saison derrière nous. Comment les jeunes vont-ils répondre lors d’un match bien ordinaire de milieu de saison?

Et du point de vue des amateurs, en ce moment, le Canadien n’est plus aussi amusant à regarder qu’il ne l’était en début de saison.

Évidemment, il est important de mentionner que personne ne s’attendait à voir la Flanelle tenir le rythme et être (sérieusement) dans la course aux séries après un début de saison excitant.

Mais disons qu’en décembre, le club est moins amusant à regarder. C’est notamment assez flagrant depuis que le club est de retour de son voyage dans l’Ouest canadien (et à Seattle) puisque les unités spéciales font notamment défaut.

On entend souvent Martin St-Louis dire que son club a été bon à cinq contre cinq… et c’est fâchant comme phrase parce qu’il a raison. Il est vrai qu’à forces égales, la Flanelle se débrouille bien.

Mais le problème? Le CH évolue (trop) rarement à cinq contre cinq.

Souvent, le club offre à ses adversaires des avantages numériques. Cela a pour effet de garder certains bons joueurs (dont Cole Caufield et des jeunes) sur le banc un brin trop souvent. Ça coupe le rythme.

Le pire c’est qu’hier, dans la défaite de 4-1 à Tampa, le CH n’a offert qu’un avantage numérique au Lightning… qui en a profité.

Et évidemment, il y a l’avantage numérique du CH qui est un problème. Hier, ce sont pas moins de cinq opportunités qui ont été offertes au Canadien et aucun but n’a été marqué avec un homme en plus.

Quand on regardait ça, on voyait que le CH n’a même pas réussi à s’installer dans le territoire de ses adversaires, qui ont compris pourquoi le CH était parmi les pires équipes en avantage numérique depuis des années.

Ce n’était vraiment pas chic.

Après le match, disons que le capitaine Nick Suzuki en avait assez. Il s’est levé devant les journalistes avec du feu dans les yeux pour dire à quel point il était tanné de voir que l’unité ne fonctionne pas.

Notre avantage numérique est gênant. – Nick Suzuki

C’est le moins qu’on puisse dire, en effet. Après tout, non seulement le club ne marque pas, mais en plus, il est incapable de s’installer en zone offensive pour tenter de faire circuler le disque.

Je dis bien « tenter » de faire circuler le disque.

Disons que le Canadien a beaucoup à apprendre du Canada. Après tout, hier, au Championnat mondial junior, les représentants de l’unifolié ont marqué pas moins de sept buts en avantage numérique.

Connor Bedard, à lui seul, a récolté sept points dans le match. Il en règlerait, des problèmes sur le power play…

Mais bon. Clairement, à Montréal, le format à cinq attaquants ne fonctionne pas sur la première unité. Le Canadien a besoin d’un quart-arrière sur le jeu de puissance, je suis d’accord, mais…

Mais il faut le développer, ce quart-là.

Il est clair que de jouer avec cinq recrues à la ligne bleue force le Canadien à jouer autrement. Comme Joel Edmundson n’est pas très offensif (il a d’autres belles qualités, mais pas celle-là) et que le coach ne veut pas trop lancer ses jeunes dans la gueule du loup, ça donne ce qu’on a vu hier.

Parlons-en, justement, de sa gestion des jeunes.

Justin Barron disputait son premier match de la saison et je comprends Martin St-Louis de ne pas avoir voulu le lancer dans la gueule du loup trop rapidement en lui confiant les clés d’un avantage numérique qui ne fonctionne pas du tout. C’était le plan et le coach s’y est tenu.

Mais en même temps, c’est la force de Barron.

Il n’a pas connu un vilain match, mais il va devoir améliorer sa prise de décisions. Donnons-lui cependant une chance, lui qui revient de la pause des fêtes et qui disputait son premier match dans la LNH cette année.

Est-ce que St-Louis veut le voir progresser à cinq contre cinq avant de lui donner un bonbon avec un homme en plus? Il y a peut-être ça aussi qui entre dans l’équation à Montréal.

Je me demande aussi jusqu’à quel point il aura beaucoup de corde puisque je ne sais pas jusqu’à quel point le personnel d’entraîneurs veut continuer d’y aller avec cinq recrues à la ligne bleue.

C’était parfois le festival des erreurs, mais c’était à prévoir.

Et comme les autres jeunes sont des réguliers cette année, que le droitier Chris Wideman attend dans les estrades et que le droitier David Savard s’approche d’un retour au jeu, l’ancien de l’Avalanche pourrait écoper un jour.

Ce n’est pas pour lui mettre de la pression, mais il doit produire, donc.

Sinon, ça a été un match où il n’y a pas grand chose à retenir. Joel Armia n’avait pas l’air de Mario Lemieux sur le premier trio du Canadien, Michael Pezzetta s’est battu contre Corey Perry, le CH a donné un but après deux minutes de jeu et on s’ennuie de Sean Monahan.

Ah, au moins, Kaiden Guhle a marqué un but. Il le mérite.

La bonne nouvelle? Le Rocket de Laval a gagné contre le Crunch de Syracuse, qui est ironiquement le club-école du Lightning. C’est donc dire que l’organisation du Canadien ne s’est pas fait balaye hier.

C’est déjà ça.

Prolongation

La défaite du Canadien veut donc dire qu’en ce moment, le Canadien est au dernier rang de sa division. Les Sénateurs ont autant de points, mais ils ont un match en main.

Le CH a toujours, au moment d’écrire ces lignes, 11.5 % de chances de repêcher au premier rang si on combine les chances du club (6.5 %) et celles des Panthers (5 %), dont le premier choix appartient au Canadien.

(Crédit: NHL.com)

Après le match, les membres de l’organisation du Canadien ont pris un vol vers Sunrise afin de se préparer en vue de la rencontre de ce soir contre les Panthers de la Floride.

Il n’y aura pas de pratique en tant que tel, mais les extras vont patiner. Le coach va parler aux médias vers 17h, soit deux heures avant le match.

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