Voilà. Nous y sommes. La saison régulière des Canadiens s'ouvrira dans quelques heures à peine à Toronto. Florian Xhekaj et Adam Engstrom sont parvenus à faire le grand club, mais il serait surprenant de les voir en uniforme ce soir face aux Maple Leafs. Martin St-Louis risque de miser sur l'expérience et devrait amorcer la saison avec les gars qui lui en ont donné beaucoup l'an dernier, notamment en playoffs.
Cela dit, les deux extras seront tout de même récompensés sur leur chèque de paye.
Tant et aussi longtemps qu'ils seront avec le Canadien, Florian et Engstrom toucheront un salaire quotidien d'environ 4 300 USD par jour. S'ils avaient été retranchés, ils auraient touché plus ou moins 450 $ par jour (toujours en dollars américains). À noter qu'ils touchent aussi un boni annuel de 95 000 USD lors de leurs trois premières saisons, peu importe où ils la jouent.
Bref, commencer la saison dans la LNH – et non dans la Ligue américaine – quand tu as un contrat à deux volets, ça fait (vraiment) toute la différence financièrement.
On a beaucoup entendu de gens dire qu'il était préférable pour David Reinbacher d'aller gober des minutes à Laval plutôt que de manger du pop-corn dans les gradins du Centre Bell ou du Scotiabank Arena.

(Crédit: X)
Ce n'est pas payant actuellement pour Reinbacher
Au niveau « hockey », cette théorie peut se défendre. Reinbacher risque de mieux se développer en jouant 20 minutes face aux Marlies plutôt qu'en se contentant de s'entraîner avec des NHLers.
Sauf qu'au niveau de son portefeuille, ce principe est loin de survivre à l'épreuve des faits.
Puisqu'il a disputé sa saison post-draft en Suisse et qu'il n'a joué que 10 matchs réguliers en Amérique du Nord l'année suivante, le contrat de Reinbacher a glissé à deux reprises. S'il avait fait le saut en Amérique du Nord (LNH ou AHL) directement après avoir été repêché – et qu'il avait su demeurer en santé –, Reinbacher aurait dû signer une nouvelle entente durant l'entre-saison. Là, il doit jouer selon les termes de son contrat d'entrée en 2026-27 et en 2027-28.
Il avait droit à des bonis à la signature lors de ses trois premières saisons, soit en 2023-24, 2024-25 et 2025-26. Il n'avait pas nécessairement à jouer pour le Canadien afin de les toucher.
Puisque le contrat a glissé à deux reprises, Reinbacher n'a donc pas droit à un boni à la signature en 2026-27 et en 2027-28. Par conséquent, il n'a rien touché à ce niveau cette année.
Il ne pourra pas non plus atteindre ses bonis à la performance en étant avec le Rocket, des bonis qui peuvent théoriquement totaliser pas moins d'un million de dollars américains.
Faites le calcul et vous en arriverez à la même conclusion que moi : si David Reinbacher passe la saison à Laval, il ne touchera que 82 500 USD… et quelques per diem lorsque l'équipe sera sur la route.
Gagez que s'il avait le choix, il préférerait manger du pop-corn à Toronto plutôt que de s'entraîner à Laval aujourd'hui. Et on peut le comprendre.
Les millions qu'il n'aura pas touchés durant les cinq saisons suivant son repêchage amateur en Amérique du Nord, il ne les reverra jamais.
Les comparables parlent par eux-mêmes
Il y a un vieil adage qui dit que lorsqu'on se compare, on se console. Or, dans le cas de David Reinbacher, ce vieil adage ne s'applique pas.
Les quatre joueurs sélectionnés avant lui en 2023 sont Connor Bedard, Leo Carlsson, Adam Fantilli et Will Smith. Bedard touchera 17 millions $ cette année.
Leo Carlsson ? 20,8 millions $.
Adam Fantilli ? 16 millions $.
Et Will Smith ? 950 000 USD et 3,2 millions $ en bonis potentiels. Contrairement à Reinbacher, il devra également renégocier une nouvelle entente avant le début de la prochaine saison.
Zachary Benson (9 millions $), repêché après Reinbacher, touche déjà le gros lot.
Ryan Leonard (15,7 millions $) le touchera l'an prochain.
Alors que Dmitri Simashev et Matvei Michkov touchent au moins un salaire de la LNH, même s'ils sont encore sur leur contrat d'entrée.
Bref, si parfois, vous pouvez sembler exaspérés par les nombreuses blessures et les retranchements de Reinbacher, dites-vous une chose : le principal intéressé l'est 1 000 fois plus que vous. Au lieu de penser à ce qu'il fera avec ses millions, Reinbacher se demande plutôt s'il peut se permettre d'acheter tel ou tel repas un peu luxueux quand ses chums l'invitent au resto.
Officiellement, David Reinbacher fait partie de la classe moyenne. Il a les mêmes choix que vous et moi à faire.
C'est quand même capoté de penser qu'un cinquième choix au total fait moins d'argent que moi, plus de trois ans après sa sélection par le Canadien de Montréal.