C'est la faute au chandail Hometown Remix
Crédit: Getty Images

Hier soir, en milieu de troisième, mon texte de lendemain de match s'écrivait dans ma tête.

Je me disais que j'allais parler du fait que Jacob Fowler a sauvé les siens. Parce que oui, il était clair que le Canadien se faisait dominer par les Jets, qui étaient sur une horrible séquence de neuf revers de suite, même avant la remontée.

Je me disais que le Canadien avait trouvé une autre façon de gagner sans son capitaine. Je me disais… pas mal d'affaires qui n'ont plus aucune espèce d'importance ce matin.

Là, ce qu'on se dit, c'est que le Canadien a subi la remontée de quatre buts la plus humiliante de l'histoire puisqu'elle a commencé à moins de trois minutes de la fin de la troisième période.

On ne peut pas aller contre les chiffres, t'sais.

Évidemment, le poids de la défaite de 5-4 repose sur les épaules des chandails alternatifs. Le Canadien n'a pas beaucoup de succès avec autre chose que son uniforme régulier.

Le problème n'est donc pas le bleu : c'est le fait de changer d'uniforme.

Farce à part, ce qui a causé la défaite humiliante, c'est le fait que les joueurs dans les chandails ont joué comme des culs pendant la majorité du match.

Et à la fin, Jacob Fowler n'a pas été capable de résister.

Les joueurs du CH, tout comme Donald Trump, ont subi une dégelée hier. Ça fait drôle de dire ça quand le match s'est rendu en prolongation, mais le fait d'accorder cinq buts de suite de la sorte fait en sorte que c'est le bon mot à utiliser pour qualifier la fin de match.

Josh Anderson, qui a pris la défaite sur ses épaules hier, a raison quand il dit que seul Jacob Fowler a bien joué, hier. Et il a donné cinq buts en fin de match, ce qui est horrible.

Martin St-Louis, qui avait l'air dans le déni (j'exagère, je sais) après le match quand il a parlé aux journalistes tellement il était calme, a raison en disant que le CH, à la base, ne méritait pas de gagner.

Quand un club se fait poivrer 87-47 au niveau des tirs tentés, c'est que ça va mal. Surtout à forces égales, je dirais.

Mais il y a une différence entre « ne pas mériter la victoire » et « ne pas pouvoir protéger une victoire que tu ne mérites pas » en fin de match. Après tout, un club perd des matchs qu'il mérite de gagner et vice-versa au cours d'une saison.

Et hier, le CH devait trouver une façon de fermer les livres pour éviter de marquer l'histoire pour les mauvaises raisons.

Le match d'hier, qui fait oublier la belle remontée de cinq buts contre les Rangers de ma jeunesse, n'est pas sur les épaules d'un seul joueur en particulier. Plusieurs éléments sont à noter.

Par exemple?

1. Les gens ont beau dire que les batailles des frères Xhekaj n'ont pas permis aux Jets de changer le momentum puisqu'ils contrôlaient déjà le match. Mais après ça, les Jets se sont mis à marquer.

Qu'Arber se batte, c'est une chose. Les gars ont tous apprécié et Martin St-Louis, qui n'a jamais hésité à punir le défenseur par le passé, n'avait rien de vilain à dire à son sujet hier soir.

Mais par la suite, l'indiscipline de Florian (qui a voulu rejoindre son frère dans la boîte, quasiment comme pour imiter les Tkachuk) était vraiment de trop.

La défaite n'est vraiment pas que sur ses épaules, mais disons que cela n'a pas aidé. Et ce, même si le fait de voir les deux frères au banc donnait des images incroyables alors que le CH n'était pas inquiet au niveau du pointage.

2. Jacob Fowler a joué neuf matchs cette saison et il a donné 20 buts. Neuf de ces buts-là sont survenus depuis samedi, soit dans les matchs contre les Penguins et les Jets. C'est quelque chose qui se note.

Sans le capitaine en uniforme (l'avoir en uniforme aurait certainement aidé), Fowler a réussi à aller chercher trois points sur quatre depuis le retour à domicile, ce qui n'est pas mal.

Mais il a quand même donné cinq buts hier. Et les cinq buts ont été donnés dans un très court laps de temps.

Tout le monde à Montréal a vanté son match et même l'entraîneur des Jets a été élogieux à son égard. Il a notamment réussi ce qui sera peut-être l'arrêt de l'année en ville.

Mais il n'en demeure pas moins que le mur qu'il était en début de match a flanché. Et que même s'il n'est pas le gars qu'on doit pointer du doigt, il a fait la différence négativement en fin de match.

On le comprend d'avoir été en maudit après la prolongation.

Depuis une semaine, Jakub Dobes a été excellent contre les Stars et Jacob Fowler a donné neuf buts en deux matchs. Ça ne change pas le fait que l'Américain a un meilleur début de saison et que l'Européen déçoit énormément.

Mais qui va jouer, demain? Dobes, qui ne doit pas sécher trop longtemps? Fowler, pour lui signifier qu'il a le droit de flancher sans se faire bencher pour autant?

3. En fin de match, alors que le Canadien n'a pas réussi à protéger une avance (une autre…), la punition d'Alexandre Carrier a fait mal aux chances du Canadien.

Ce n'est pas dans ses habitudes. Mais hier, la punition du Québécois était de trop.

4. Il n'y a pas que du négatif à retenir. Après tout, quand tu mènes 4-0 en fin de troisième période, tu as fait des bons trucs – même si le match a été contrôlé par l'adversaire.

Parmi ceux-ci? Marquer deux fois (sur quatre chances) en avantage numérique. Cole Caufield, qui a maintenant au moins un but contre toutes les équipes de la LNH, a été important en avantage numérique, hier. Ça fait du bien.

5. Josh Anderson a beau dire que la défaite est de sa faute (j'aime la mentalité), mais il n'en demeure pas moins qu'il a un superbe début de saison.

Son but était magnifique, hier.

Je sens qu'il influence plusieurs gars. Des joueurs comme Zachary Bolduc et Owen Beck, pour ne nommer que ceux-là, s'inspirent sans doute du powerhorse dans leur façon de jouer.

Et comme Jake Evans il y a deux ans, il a choisi le bon moment pour avoir un superbe début de saison. #AnnéeDeContrat

6. On a vu, dans la série de la Reconstruction sur Crave, que Jeff Gorton est capable de passer ses messages après une défaite gênante au Centre Bell.

Je me demande comment il a réagi hier soir.

Prolongation

Ce matin, à 11h 30, le Canadien va s'entraîner. Est-ce que la pratique sera intense? Est-ce qu'on va sentir la culpabilité chez les joueurs sur la patinoire?

Parce que même si la défaite ne doit pas définir la saison de la Flanelle, des choses doivent changer.

La bonne nouvelle de la défaite, c'est que les entraîneurs auront plus de facilité à convaincre les joueurs que des choses doivent changer pour la suite.

Avec un gain de 4-0 ou même de 4-1, l'ambiance aurait plus été à la fête.

J'ai hâte de voir si Nick Suzuki sera sur le premier trio à l'entraînement et si Alex Newhook sera sur le quatrième trio, comme c'était le cas lundi matin.

Est-ce que Samuel Montembeault sera à l'entraînement, lui?