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Analyse du U18 : Tij Iginla et Cole Hutson impressionnent | Connelly fait un fou de lui

AVERTISSEMENT! Dans un peu plus de 48 heures, si le Canadien gagne la loterie, ce texte aura perdu 90% de sa pertinence aux yeux de bien des lecteurs… et peut-être même de l’auteur!

Mais puisqu’il y a aussi plus de 82% de probabilité de la conserver dans son entièreté, on s’est dit que ça valait la peine d’analyser les suspects de convenance du U18 qui vient de se terminer du côté de la Finlande.

En partant, disons qu’il n’y a que deux certitudes qu’on pourra tirer du dernier U18  : James Hagens sera le premier choix pour l’encan de 2025 et Gavin McKenna lui succédera en 2026.

En ce qui concerne 2024, ce tournoi peut-il nous aider à déterminer un peu mieux qui sont vraiment les Iginla, Eiserman, Connelly, Helenius et à quel rang ils seront repêchés?

Et quoi penser de Cole Hutson, le « frère de l’autre »?

C’est une peu ce que l’on souhaite analyser aujourd’hui… en attendant la loterie de mardi soir!

Tij Iginla | AG, Canada | 6 buts, 12 points, + 4

Après avoir rejoint Équipe Canada un peu sur le tard, Iginla a connu un premier match tranquille selon ses standards, mais il a très vite retrouvé ses repères par la suite. L’histoire se rappellera maintenant de lui comme l’auteur du but gagnant pour le Canada en finale du U18 en 2024 et il a aussi ajouté deux passes…

Rapide, incisif et solide en possession de rondelle, désireux de l’obtenir quand il ne l’a pas, fiston Iginla converge presque toujours vers les bons endroits sur la glace, et souvent, ça se termine au filet, avec une percée, un tir, une présence, ou une déviation.

Ses lectures offensives et défensives ne sont pas toujours parfaites et il n’est pas le meilleur passeur du prochain encan, mais Iginla possède tout de même un sens du jeu au-dessus de la moyenne ainsi que d’excellentes mains pour un ailier physique dans son style et son niveau d’engagement est irréprochable.

Il jouait régulièrement à la pointe gauche du PP1 (et parfois sur le mur droit) et on l’a aussi vu jouer ici et là en désavantage numérique.

Pour revenir à son tir, il n’y peut-être que Cole Eiserman qui en possède un meilleur que le sien chez tous les attaquants de l’encan 2024. Iginla lance avec énormément de vélocité et de précision à partir d’une dégaine sèche et vive, peu importe le pied sur lequel il s’appuie. Franchement impressionnant.

C’est aussi très impressionnant de constater le niveau de maturité dans son jeu et sa force physique considérant qu’il n’aura que 18 ans au mois d’août. Quelques semaines de plus et il n’aurait été disponible qu’en 2025… À mes yeux, il n’est vraiment pas très loin de la LNH et joue déjà un style « pro ».

Je le plaçais au 9e rang dans mon évaluation de mi-saison, alors que plusieurs le classent encore entre le 12e et le 15e rang. Aujourd’hui, je ne comprends tout simplement pas ceux qui pensent qu’il serait un « reach » pour le CH entre 5e et le 7e rang.

Que lui manque-t-il pour devenir un excellent ailier, voir un ailier vedette dans la LNH?

À mon sens, il possède une quantité trop importante de qualités dominantes pour rater son coup.

Avec ce tournoi qui s’ajoute à des séries plutôt impressionnantes, Iginla a encore monté un peu dans mon estime et risque fort d’avancer de quelques rangs dans mon top-15 final (vers la fin mai).

J’ai cependant très hâte de revoir Michael Brandsegg-Nygard, mon coup de cœur de l’hiver et « compétiteur droitier » de Iginla au niveau du style et du talent. MBN, un late, dominant au U20, travailleur acharné, style « pro » lui aussi, devrait défendre les couleurs de la Norvège au Championnat mondial senior, lui qui aura déjà 19 ans le 5 octobre prochain…

Saura-t-il conserver l’audacieuse 6e place que je lui avait accordé en février? À suivrrrrrrrrrrre.

Cole Eiserman | AG, USA | 9 buts, 10 points, +/- 0

À part son nouveau record de buts pour le programme de développement américain, rien de bien nouveau du côté de Cole Eiserman.

On a simplement vu et revu le sniper élite que tout le monde connaît.

Mais il n’y a rien d’étonnant là-dedans : le principal intéressé n’est pas intéressé à changer quoi que ce soit pour personne, et le dit lui-même!

Il veut qu’on l’aime comme il est!

C’est-tu pas cute!

Mais, justement, je ne suis pas le seul observateur/analyste à ne pas l’aimer tant que ça comme il est.

Pour sortir un bon vieux cliché, Eiserman joue davantage pour le nom derrière le chandail que le logo devant. Ça se voit souvent à l’œil nu.

Les replis semblent souvent être un concept étranger pour lui, tout comme les couvertures défensives et le travail un peu plus plate hors de la zone offensive en général. Plutôt ordinaire à 5 contre 5,  ça explique pourquoi il n’a pas terminé son tournoi avec un différentiel positif au sein d’une équipe américaine pourtant « paquetée ».

Mais, en zone offensive, il travaille généralement assez fort, allant même jusqu’à distribuer de bons coups d’épaules et finir ses jeux au filet avec régularité. On va lui donner ça.

Une équipe qui désire un pur marqueur, qui espère qu’il deviendra plus mature/moins égocentrique avec le temps et qui a un beau spot pour lui à droite sur la première unité de son avantage numérique pourrait peut-être se laisser tenter dans le top-10. C’est très probable.

Intéressant de noter aussi que Eiserman a pratiquement les mêmes attributs physiques et les mêmes aptitudes que Iginla (bon gabarit, mains, vitesse, tir, flair pour le filet), mais pas du tout la même volonté de faire ce que « la game te commande de faire » pour parler comme Martin St-Louis.

Est-ce que les gestionnaires du CH désireux d’ajouter du talent et du poids à l’attaque pourraient prendre le « pari Eiserman » pour en faire un joueur un peu plus complet?

On peut encore en douter…

Trevor Connelly | AG, USA | 4 buts, 9 points, + 7

Aucun doute que Trevor Connelly est le fun à regarder jouer…quand il ne donne pas de coup à la tête de ses adversaires pour faire perdre le tournoi à son équipe.

Son style flamboyant fait penser à un mélange de Mike Ribeiro et Mike Modano.

Non, vraiment, il est cute. Surtout si vous aimez le genre moitié ballerine, moitié sociopathe

Mais voilà, après ses histoires de croix gammée, de propos racistes dont on a déjà parlé et de séjours très courts avec certaines équipes dans son parcours junior, Connelly, vient encore de « donner du gaz » à tous ceux qui croient qu’il est au fin fond de lui-même un « total d*ck », un ost*e de cave en bon québécois.

À ce sujet, on se demande si Simon « Snake » Boisvert se joindra maintenant à eux, lui qui comme on le sait l’avait classé 2e dans son évaluation de mi-saison en vue du repêchage de juin…

Comme le questionnait l’excellent analyste de RDS, Marc-André Dumont, philosophe après la partie : était-ce une simple erreur de parcours ou son action révèle-t-elle son véritable caractère (de cabochon fini)?

Imaginez, Connelly a été un ajout de dernière minute à l’équipe, lui qui ne fait pas partie du programme de développement (USNTDP)!

Pas sûr que ses coéquipiers du programme qui rêvaient à cette médaille d’or depuis deux ans ont bien apprécié son petit séjour avec eux…

En tout cas, sauf erreur, il n’est pas revenu sur la glace pour venir cueillir « sa » médaille d’argent.

Quel gâchis! 

En dehors de ce geste complètement stupide et des questions sur son attitude et son manque de jugement, Connelly demeure un joueur actif sur la glace. Il n’est pas paresseux, s’implique dans les trois zones et distribue la rondelle autant qu’il tire au filet.

Mais, malgré quelques beaux buts, son lancer ne m’apparaît toujours pas une arme terrifiante et son coup de patin un peu étrange (awkward) n’est pas sensationnel…

Enfin, en plus de l’épaisseur de la « tranche de steak » qu’il a entre les deux oreilles, l’autre grande question concerne son style de jeu très « est-ouest ». Pourra-t-il jouer de cette façon dans la LNH sans se faire « arracher la tête » en entrée de zone, lui qui, un peu baveux à ses heures, ne sera déjà pas du genre à s’attirer le respect de ses adversaires sur la glace?

Onzième dans mon évaluation de mi-saison, vous pouvez maintenant le sortir du top-15. En fait, en ce qui me concerne, vous pouvez écrire « no draft ».

Cole Hutson | D, USA | 4 buts, 13 points, +14

En voilà un qui pourrait cadrer beaucoup plus avec les valeurs de l’organisation montréalaise! Cole est la copie carbone de son frère Lane à quelques subtiles nuances près. C’est carrément à s’y méprendre.

À mes yeux, en fait de talent, Cole Hutson, le nouveau détenteur du record de points pour un défenseur dans l’histoire du USNTDP, n’a absolument rien à envier aux 5-6 défenseurs presque toujours associés au top-10 cette saison.

Élu joueur du match des USA en finale, si vous me demandez mon avis, le #23 des Américains a été le deuxième meilleur joueur de son équipe lors du tournoi après la supervedette James Hagens.

Comme pour son frère, c’est simplement son modeste gabarit qui explique qu’on le place généralement en dehors du top-20, voire de la première ronde, sur les différentes listes pré-repêchage. On notera toutefois qu’il est déjà deux pouces plus grand et environ 15 livres plus lourd au même âge que Lane et qu’il est un peu robuste en général.

S’il est encore disponible autour du 27e rang pour le CH, il sera difficile de l’ignorer. Après les prouesses de son frère, je ne pense pas que les 31 autres équipes de la LNH le laisseront glisser jusqu’en fin de 2e ronde.

On a maintenant une assez bonne idée que le style et la détermination des frères Hutson (qui s’entraînent tous l’été dans un aréna dont leur père est propriétaire en Illinois) peut les conduire assez facilement à la LNH. En fait, je ne serais pas du tout surpris qu’un club lucide qui a pris quelques notes le repêche dans le top-20.

Si Cam York est déjà sorti 14e…

Konsta Helenius | C, Finlande | 0 but, 7 points en 5 matchs, + 1 

Après un U20 des plus ordinaires au centre du 2e trio de la Finlande dans le temps des Fêtes, comment Konsta Helenius allait-il répondre au U18 dans un niveau de jeu nettement inférieur?

Dans un mot comme en mille : ordinaire (encore).

Aucun but, sept passes en 7 matchs, blanchi en quart de finale contre la Suède…

On lui reconnait un assez bon sens du jeu, mais souvent à titre de spectateur, en se tenant loin de l’action. C’est simple, on dirait que Helenius ne veut pas assez la rondelle et qu’il ne tient pas tant que ça à faire la différence. On ne voit pas suffisamment d’urgence et de détermination dans son jeu.

Autrement dit, il est juste trop passif, trop beige pour devenir un joueur d’impact dans la LNH.

Oubliez le top-6 dans son cas. Il sera au mieux un joueur de 3e trio.

Voilà ce qui à mon sens répond pas mal à la question de plusieurs qui se demandent pourquoi on ne parle pas plus de Helenius dans le top-10 du prochain repêchage : il n’a tout simplement pas rapport dans la conversation.

À moins que vous teniez à repêcher un genre de Lars Eller droitier, plus petit et moins bon. Rendu là, ça vous regarde…

Je vais même y aller d’une prédiction audacieuse : comme pour plusieurs autres Finlandais à haut profil ces dernières années, s’il ne colle pas sur un 3e trio, il se pourrait même que Helenius ne parvienne jamais à s’établir dans la LNH .

Vous l’aurez lu ici en premier!

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