En cette fin d'année 2025 et début d'année 2026, je vous propose un petit retour en arrière, question de bien apprécier la trajectoire du Tricolore et de reconnaître où il est dans son parcours de « reconstructeur ».
Les choses étaient déjà plutôt claires en 2023…
Il y a deux ans et demi, en juillet 2023, suite au repêchage de Reinbacher et de Fowler, j'écrivais que c'est lors de la saison 2025-2026 que le plan de Hughes et Gorton commencera à montrer son vrai visage et que le CH allait être de retour parmi les bons clubs de la LNH.
C'est effectivement pas mal ce qui se passe cette saison.
Étant peu optimiste quant à la perspective de pouvoir compter sur un joueur élite, j'avais identifié quelques transactions importantes et l'atteinte d'un niveau maturité suffisant chez les principaux acteurs du noyau comme les clés de ce retour à la pertinence, c'est-à-dire, un club digne du premier tiers, voire du top-10 de la LNH.
Avec la maturité atteinte par les Suzuki, Caufield, Slafkovsky, Hutson, et les acquisitions déterminantes de Dobson et Bolduc, le CH est effectivement bien placé au classement.
Imaginez où il en serait avec Guhle, Dach et Newhook en santé…
Ces deux derniers semblaient d'ailleurs en bonne voie pour connaître leur meilleure saison à Montréal avant leurs blessures.
On sent aussi par l'acquisition de Phillip Danault que Hughes et Gorton tiennent à se maintenir dans ce groupe d'équipes de tête, afin de demeurer pertinent et d'assurer une progression par rapport à l'an dernier.
Or, ce qu'on n'avait pas exactement prévu dans notre analyse prospective de juillet 2023, c'est bien sûr l'arrivée et l'impact immédiat qu'allait avoir un joueur au talent aussi exceptionnel que celui d'Ivan Demidov.
Demidov s'améliore de semaine en semaine et n'atteindra probablement pas sa pleine maturité et son niveau supervedette/élite avant encore deux ans. Mais, il est déjà un très certainement un joueur d'impact et pourrait atteindre le statut de joueur vedette d'ici la fin de la présente saison. Pour un effort de définition de ces termes, je vous renvoie à cet autre article.
Donc, son attaquant à la Kucherov ou Kaprizov, le Canadien semble tout simplement l'avoir déniché au 5e rang en 2024, sans avoir eu à sacrifier qui que ce soit.
On avait aussi évoqué dès son repêchage en 2022 la possibilité que Hutson devienne une vedette quasi instantanée à sa position dès ses premiers pas dans la LNH. Mais, suite à son Calder et sa première moitié de saison renversante, vous pouvez enlever le quasi et remplacer vedette par supervedette, voire élite.
Ces deux joueurs ont donc donné deux énormes coups d'accélérateur à la reconstruction du Tricolore, des secousses que même Hughes et Gorton ne pouvaient pleinement anticiper.
Si Slafkovsky est tout de même parvenu à avoir un impact dès sa deuxième saison, aidant le Canadien à se doter d'un vrai premier trio, la « grosse cylindrée » a somme toute suivi une courbe de développement assez normale pour un attaquant de puissance de son gabarit.
C'est donc, sans grande surprise, à sa quatrième saison qu'on peut enfin voir le joueur que le Canadien espérait avoir repêché : celui qui veut faire la différence, qui veut prendre le contrôle d'un match, comme le disait éloquemment Nick Bobrov en 2022.
Nick Bobrov was always a Juraj Slafkovsky Respecter 🫡
— /r/Habs (@HabsOnReddit) December 29, 2025
Après deux ans dans le rôle de troisième roue sur le premier trio, c'est en le plaçant dans la chaise du « boss » du deuxième trio que Slaf a pu enfin prendre sa vitesse de pointe.
On peut dire sans se tromper qu'il est le meilleur attaquant du club depuis ce transfert et on se demande maintenant jusqu'où il ira et quel est son véritable plafond?
Est-il comparable à celui des frères Tkachuk? De Rantanen? Voire de Draisaitl, comme on l'a déjà évoqué? Au plan statistiques, Slaf n'a toujours pas grand-chose à envier certains d'entre eux au même âge, surtout s'il maintient une moyenne d'un point par match d'ici la fin de la saison.
Le Canadien pourra-t-il alors compter sur un autre joueur de calibre supervedette ?
Pas impossible.
Si on compte maintenant Suzuki parmi les supervedettes du circuit, ça pourrait bientôt faire quatre joueurs de ce calibre pour le CH. Sans oublier les Caufield et Dobson, à coup sûr des vedettes à leur position.
C'est beaucoup.
Peu d'équipes comptent autant de joueurs d'aussi grande qualité…
Un autre facteur, disons, macro, que j'avais identifié pour devenir un très bon club, voire un club aspirant et éventuellement champion, c'est l'équilibre entre la défensive et l'offensive.
À ce titre, avec le surplus de jeunes défenseurs, on peut dire que l'échange Barron/Carrier est venu solidifier la défensive et que celui de Mailloux a apporté un punch supplémentaire dont le club avait besoin en attaque.
Quant à Engstrom, mon petit détour à Brossard au camp de développement de 2023 avait valu la peine. Le Suédois, 92e choix en 2022, avait clairement été le 2e meilleur défenseur derrière Hutson, une petite longueur devant Reinbacher, fraîchement repêché au 5e rang.
Je m'étais dit que ce gars-là allait un jour donner des options à ses patrons et c'est maintenant le cas : Le voici en compétition avec Xhekaj, Struble, et peut-être même Carrier, pour un poste régulier dans la LNH.
Avec Dobson qui est venu occuper une très grosse chaise, le retour imminent de Guhle, Reinbacher qui risque fort de se mériter une audition cet hiver, et un certain Pickford qui pointe déjà à l'horizon, il faut donc s'attendre à d'autres mouvements en défensive de la part de Hughes et Gorton.
Il y aura clairement un autre surplus à gérer chez les défenseurs et des décisions devront être prises plus tôt que tard.
Après les choix 16 et 17 accompagnés de Heineman l'été dernier, on pressent qu'un autre package pourrait bientôt être offert aux intéressés (cet hiver? cet été?) pour faire passer le CH au niveau des clubs aspirants.
Gagez qu'il y aura au moins 1 ou 2 défenseurs d'impliqués dans le lot.