Michael Hage et « l’an huit » du processus de reconstruction
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Imaginez le CH avec un « vrai » 2e centre…

Bien malin celui qui sait exactement pourquoi Michael Hage, à la surprise générale, n'a pas voulu s'amener directement avec le Canadien en avril dernier.

C'était pourtant clairement le souhait de l'organisation.

Hage, on s'en rappellera, n'était pas au sommet de sa forme en fin de parcours au Frozen Four et n'est pas parvenu à aider son club du Michigan comme il l'aurait voulu.

Mais, à Montréal (ou Laval), on lui aurait sans doute donné tout le temps nécessaire pour se rétablir complètement.

Et il y a fort à parier qu'on lui aurait tôt ou tard donné l'opportunité de se faire valoir en séries de la LNH.

Après tout, on a cavalièrement tassé Oliver Kapanen après quelques matchs peu convaincants. Quand il joue, Kapanen n'a à peu près aucun impact et ça dure depuis des mois.

Et ce n'est pas les quelques minutes par match attribuées ici et là à Veleno et Gallagher qui vont nous faire croire qu'on n'aurait pas tôt ou tard fait une petite place pour le grand, rapide et talentueux, Michael…

Que s'est-il passé?

Alors, on repose la question, pourquoi Hage a-t-il craché sur cette opportunité en or de faire ses premiers coups de patin dans la LNH?

James Hagens à Boston et Porter Martone, plus jeunes et pas vraiment meilleurs que lui en ce moment, ont tous les deux fait le saut chez les pros et ont joué en séries dans la LNH pour leur club respectif.

Pourquoi pas Hage?

Ce ne sont que des hypothèses, de simples questions, mais se pourrait-il qu'il ait été vexé d'une manière ou d'une autre par l'organisation montréalaise dans les derniers mois de la saison?

Lui a-t-on dit qu'il devrait passer, comme James Hagens, par la LAH avant de pouvoir s'entendre avec le CH?

Est-ce parce qu'on ne lui a pas suffisamment garanti qu'il jouerait un rôle prépondérant ce printemps ou l'an prochain à Montréal?

Craignait-il de faire moins d'argent à Laval/Montréal qu'au Michigan, où il pourrait toucher entre 700 000 et 1 000 000 de dollars, me dit-on?

Ou voulait-il strictement et simplement demeurer au Michigan pour se préparer davantage à son arrivée chez les pros et avoir la chance de tout rafler l'an prochain dans la NCAA, comme le veut sa « version officielle »?

Enfin, Hage a-t-il sous-évalué la puissance du noyau montréalais, dont on parlait la semaine dernière, puissance qui lui aurait permis de jouer dans la LNH tard ce printemps, lui procurant une expérience INESTIMABLE?

Après tout, les 106 points du CH ne sont peut-être pas représentatifs de sa vraie force.

Si le Canadien avait pu compter pour plus d'une demi-saison sur Guhle (37 matchs), Newhook (42 matchs) et Dach (39 matchs), en plus de donner 6-7 départs supplémentaires à Dobes (43 matchs), il aurait logiquement pu terminer devant les Sabres (108 pts) et le Lightning (106 pts)… et peut-être chauffer les fesses des Canes (113 points) au deuxième rang du classement général…

Mal conseillé?

Quoi qu'il en soit, on sait que la décision de Hage n'aurait pas vraiment plu au Canadien…

La suite sera intéressante… peut-être cet été.

Maintenant conscient qu'il peut aspirer aux grands honneurs et se donner une chance d'entamer une dynastie plus tôt que prévu, le Canadien pourrait-il utiliser Hage pour mettre la main sur un vrai 2e centre en vue de l'an prochain?

Ou décidera-t-il de lui pardonner et se montrer patient à son endroit?

J'en connais un, pourtant amoureux du CH depuis sa tendre enfance, qui se mord sûrement les doigts en ce moment…

Peut-être a-t-il été TRÈS MAL conseillé? Allez savoir…

L'an huit du processus se porte très bien!

Ce qu'on sait aussi c'est que le CH est déjà rendu en demi-finale des séries de la Coupe Stanley à « l'an quatre de sa reconstruction » comme le veut la version officielle très marketable et reprise par la plupart des journalistes entourant l'équipe, dont Arpon Basu et Pierre LeBrun de The Athletic qui titraient cette : « Comment le Canadien s'est construit comme finaliste de conférence en juste quatre ans ».

Or, comme vous le savez, ma version, infiniment moins marketable (mais plus lucide), pointerait plutôt vers l'an huit d'une reconstruction en deux phases entamée sous Bergevin de 2018 à 2021 lors de son fameux « reset on the fly ».

Comme pour un bloc appartement qui aurait connu des rénos importantes sous deux gestionnaires successifs, les bonnes rénos du premier gestionnaire profitent encore en masse au second, n'est-ce pas?

Ainsi, entre 2018 et 2021, en plus d'échanger son capitaine de l'époque en retour de Nick Suzuki, le CH (aussi aidé par Shane Churla et Martin Lapointe) a repêché 28 joueurs 38 joueurs en 4 repêchages plutôt fructueux et utiles aujourd'hui qui ont entre autres donné : Romanov (Dach), Caufield, Struble, Guhle, Dobes, Mailloux (Bolduc) et Kapanen.

C'est littéralement le tiers du club actuel. En plus de Suzuki, il y en une couple là-dedans qui ont un ti-peu aidé le CH cette saison et en séries, non? Et ça ne compte même pas Evans et Gallagher qui relèvent de la « préhistoire »…

Tout ça n'enlève aucun crédit à M. Molson pour ses décisions avisées et plus radicales en 2021 et 2022. Bergevin devait quitter et la reconstruction officialisée devait être complétée plus en profondeur suite aux retraites de trois piliers : Price, Weber et Danault.

Ça n'enlève aucun crédit pour les très nombreuses et judicieuses décisions hockey prises depuis par MM. Hughes et Gorton, dont celle – peut-être leur meilleure – de nommer Martin St-Louis entraîneur-chef. C'est simple, on ne peut à peu près rien leur reprocher depuis leur embauche.

Ça fait juste mettre les pendules à l'heure et donner le crédit à TOUTES les principales personnes impliquées dans le processus expliquant les succès du club.

Pourtant, dans le même article de Basu et LeBrun (The Athletic) paru plus tôt cette semaine, Kent Hughes lui-même a eu la très grande classe de reconnaître l'apport important de Bergevin dans la reconstruction du CH après la victoire contre les Sabres:

« Il y avait beaucoup de bons joueurs quand nous sommes arrivés. Tu ne reconstruis pas en partant de zéro, n'est-ce pas?

Nous avons pris ce qui était ici et nous en avons ajouté. Chapeau à Bergevin : il mérite aussi du crédit. »

Alors voilà, c'est dit et écrit noir sur blanc.

Je pense donc qu'on peut lucidement parler d'un processus beaucoup plus normal rendu à sa 8e année, et qui se porte très bien.

Rappelons que les Penguins de 2009 sont les plus rapides de l'ère du plafond salarial à avoir complété leur reconstruction par une Coupe Stanley, huit ans après avoir échangé Jagr et 6 ans après avoir repêché Marc-André Fleury au 1er rang en 2003.

Ainsi, sans certaines décisions de Bergevin-Timmins lors de leur « reset on the fly » (encore, sans oublier Jake Evans repêché en 2014 et la « présence » de Gallagher), le CH ne serait VRAIMENT PAS aussi avancé dans sa reconstruction et ne serait pas en finale de conférence.

C'est le 2e gestionnaire du processus, Kent Hughes lui-même, qui nous le confirme.

On l'en remercie. Ça va clarifier les choses pour certains!

Mais bon, si vous préférez encore croire que c'est une reconstruction record et magique de 4 ans, continuez! Grand bien vous fasse! Vous avez le doua!

Vous savez aussi que le Coca-Cola est ‘'magique'' ou qu'il rend ‘'heureux'' lorsqu'on en ouvre une bouteille, n'est-ce pas?

(Crédit: https://sterlingsanders.com/coca-cola)
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Marketing-Ke-Ting!

prolongation

Lors des matchs 6 et 7 qui se sont conclus par la victoire in extremis du Canadien contre les Sabres lundi soir, le CH semblait pas mal exténué et j'avais peu confiance pour la 3e ronde. Ma première idée a donc été de dire Hurricanes en 5, même si je trouve le noyau du CH meilleur que celui des Canes.

Mais, biais de récence ou non, le premier match de la série m'a jeté par terre!

Montréal en 6!