Les présentes séries confirment la puissance du noyau du CH
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En 2022, mes prédictions audacieuses sur l'avenir radieux du noyau Canadien attiraient bon nombre de railleries.

« Canadien? Futur noyau élite? Ahahahah!

« Comparable aux champions de la Coupe? Ahahaha! Lâche tes lunettes roses! »

Etc.

J'ai depuis créé un modèle d'analyse du noyau de l'équipe en le remettant ponctuellement à jour lorsque le besoin s'en faisait sentir, toujours en projetant ce noyau à maturité.

Nous voici donc rendu à la mi-mai 2026. On ne sait pas encore si le CH franchira la 2e ronde, mais ce qu'on sait, c'est qu'il a battu le Lightning, domine jusqu'ici sa série contre les Sabres et rend le carré d'as tout à fait envisageable.

Mais surtout, le présent parcours éliminatoire confirme de plus en plus la justesse de nos analyses précoces et nous invite à une autre mise à jour du noyau.

En attendant Michael Hage ou un plus gros poisson, peut-être qu'en rapatriant Phillip Danault, Hughes et Gorton se sont-ils dit qu'il n'y avait pas de mal à tenter d'ouvrir la fenêtre dès cette saison...

La force actuelle du noyau montréalais

Considérant le niveau de maturité déjà atteint par cette jeune équipe, déjà top-8, voire top 4 de la LNH en séries, on évaluera aujourd'hui la force actuelle du noyau et non sa puissance projetée comme dans plusieurs de nos analyses précédentes.

Allons-y donc avec un aperçu comparatif de ce noyau déjà digne de l'élite en le juxtaposant à celui des favoris de 2026 pour remporter la Coupe Stanley, l'Avalanche du Colorado, ainsi qu'à celui des « aspirants logiques » dans l'Est, les Hurricanes de la Caroline.

Catégories / Noyaux Montréal Colorado Caroline
Générationnel (20 pts) : Pas besoin de grande définition ici! Le meilleur ou parmi les 2-3 meilleurs de sa génération à sa position. Makar
Mackinnon
Élite (17 pts) : Joueur aux qualités exceptionnelles dont un QI hockey et/ou des attributs nettement supérieurs. Juste en dessous des joueurs dits générationnels. Fait partie de la crème de la crème. Il est dominant et peut parfois être un joueur « concession ». Change le cours des matchs. Rend les autres meilleurs. Capable d'exécuter régulièrement des jeux exceptionnels avec facilité. Niveau de compétition généralement au-dessus de la moyenne. Tire son club vers le haut à chaque saison. Carrière d'exception, souvent comblée par des honneurs individuels et collectifs. Temple de la renommée presque assurée tôt en carrière pour la plupart. 

Hutson

Suzuki

 

Supervedette (15 pts) : Joueur avec de grandes qualités, mais en général souvent juste un peu moins complet, constant ou dominant que l'élite. Production généralement bien au-dessus de la moyenne. Superbe carrière ponctuée par des périodes dominantes ou productives plus marquées. Chances d'honneurs individuelles et/ou d'accès au Temple de la renommée. Généralement parmi les 5-6 meilleurs joueurs de sa cuvée.   

Caufield

 

 

Necas

 

Aho

Vedette (12 pts) : Joueur bien au-dessus de la moyenne, avec un bon nombre de qualités dominantes ou plusieurs belles qualités, mais qui ne traînera pas nécessairement son club sur ses épaules. Impact important, production abondante et constante sans être « exceptionnelle » sur un bon nombre d'années. Très belle carrière. Les clubs aspirants ou champions comptent souvent plusieurs joueurs dans cette catégorie. Se classe aisément parmi les meilleurs de son repêchage. Des futures supervedettes ou joueurs élites pourraient momentanément se classer ici ou des gloires légèrement en déclin. Slafkovsky
Demidov
Dobson
Matheson
Dobes
 

Kadri
Nelson
Nichushkin
Toews

 

Jarvis
Ehlers
Svechnikov
Stankoven
Slavin
Miller
Impact (8 pts): Joueur qui demeure au-dessus de la moyenne. Se classerait généralement parmi les 15-25 meilleurs joueurs d'un repêchage normal. Se démarque dans au moins une facette du jeu, mais manque un ou des éléments pour être considéré comme un joueur vedette (talent, régularité, constance, efficacité, production). On peut aussi y retrouver des anciennes gloires en fin de carrière, des joueurs qui ont plus d'impact en séries ou des jeunes en développement. Guhle
Newhook
Anderson
Danault
Bolduc
Dach
Lehkonen
Landeskog
Roy
Burns
Manson
Blackwood
Hall
Blake
Staal
Martinook
Gostisbehere
Nikishin
Andersen
Valeur totale des noyaux/Nombre de joueurs 157 pts
14 joueurs
151 pts
13 joueurs
143 pts
14 joueurs
Moyenne d'âge du noyau 25,64 ans 31,7 ans 29,14 ans
Espoirs pour futur noyau Hage (C)
Zharovsky (AD)
Fowler (G)
Reinbacher (DD)
Engstrom? (DG)
Pickford? (DD)
Mooney? (AD)
Brindley (C)
Nabokov? (G)
Gulyayev? (DG)
 

Nadeau (AG/D)
Frolov (G)
Unger-Sörum? (AD)
Cerrato? (C)

Méta-analyse

Aucun modèle d'analyse des noyaux n'est parfait, mais je crois quand même avoir été assez objectif dans l'évaluation des joueurs en les classant dans les bonnes catégories.

Malgré une valeur du noyau de 151 points contre 157 pour le Canadien, pas grand monde détrônerait l'Avalanche de son titre d'aspirant #1 cette saison. L'Avalanche est un club à maillons (très) forts qui possède également une assez belle profondeur à toutes les positions.

Mais ce tableau démontre tout de même que le modèle de construction du Canadien, comme potentiel club champion, est tout à fait défendable. Et le noyau actuel du CH est bien sûr 6 ans plus jeune que celui du Colorado et 4 ans plus jeune que celui de la Caroline. Sans oublier que le pipeline est loin d'être à sec…

La fenêtre du Colorado se refermera probablement d'ici 3-4 ans, alors qu'on a l'impression que celles des Canes pourrait rester entrouverte encore un certain temps. Mais c'est toujours la même question en Caroline : est-ce que ce sera assez?

Même plus jeune, le CH a davantage de force de frappe brute que les Hurricanes, davantage un club à maillons faibles, tout en montrant une presque aussi belle profondeur.

On notera, hors tableau, que ces deux clubs sont aussi entraînés de mains de maître par St-Louis et Brind'Amour, deux sérieux candidats au Trophée Jack Adams… 

Dire que certains deviendront encore meilleurs…

Montréal compte très certainement sur un joueur déjà élite en Hutson. Et je rajouterais des gros mot : potentiellement générationnel, au sens qu'il pourrait bien se classer à terme parmi les 2-3 meilleurs de sa génération. De la poésie sur patins et des nerfs d'acier.

On n'a aussi plus vraiment le choix de classer Suzuki parmi l'élite, saison de 101 points au 6e rang des marqueurs, excellent en séries, leader incontesté et rassembleur, constant, brillant, jamais blessé, éventuel vainqueur du Selke… Alouette.

Caufield, supervedette? On ne saurait classer autrement un marqueur de 51 buts, 88 points. Son déblocage en séries arrive au bon moment!

Slafkovsky, vedette? Oui. Et c'est un brin conservateur. Moyenne supérieure à 1 point par match depuis novembre, 30 buts, 73 points à sa saison de 21 ans… Déjà très clairement un des meilleurs power forward de sa génération. Sous-estimé défensivement et au niveau de ses habiletés de passeur. Presque déjà une supervedette avec une chance honnête d'atteindre l'élite.

Ensuite, qu'on le veuille ou non, Demidov est déjà plus un joueur vedette qu'un simple joueur d'impact. À 20 ans, il est capable de réaliser des jeux qui ne sont pensables que pour une poignée de joueurs de la LNH. Fort probablement un futur joueur élite. En plus d'un vrai 2e centre, ne lui manque qu'un peu plus de confiance, de constance, d'efficacité, et d'expérience… Un déblocage en séries pourrait amener le CH à un autre niveau…

Dobes est-il déjà un joueur vedette? Certainement! Si on considère ses statistiques depuis janvier et son jeu en séries, ça ne serait même pas gênant de le classer « supervedette »… Mais on s'est justement gardé une petite gêne. Qu'à cela ne tienne, il a battu Vasilevskiy et est probablement le meilleur gardien encore en séries. Déjà intimidant.

Les « chevaux » Dobson et Matheson, considérant leurs production, ainsi que les minutes jouées et les missions qu'on leur confie, sont des joueurs « vedettes » à leur façon.

Ensuite, les Guhle, Newhook, Danault, Anderson, Dach, Bolduc (et on a presque mis Texier et Evans!), sont de très efficaces, solides et productifs soldats en séries. Ils ont un impact certain. Tous des choix de première ronde sauf Anderson…

Fait que c'est ça : Halte-là, les Canadiens sont (déjà rendus) là.