Repêchage 2024 : top-10 des meilleurs espoirs (mi-saison) | 1ère partie : les positions 1 à 5

Chose promise, chose due! On vous présente aujourd’hui la première partie notre top-10 de « mi-saison » en vue du repêchage de juin!

Mes évaluations sont basées sur les différents visionnements que j’ai faits au cours des derniers mois (Tournoi Hlinka-Gretzky, matchs entiers de ligues, CMJ, etc.) et sur les informations que j’ai pu accumuler et sous-peser sur ces joueurs un peu partout.

Notez qu’il ne s’agit pas d’un mock-draft à proprement parler, un exercice qu’on fera beaucoup plus près du repêchage en tant que tel lorsque l’on connaîtra le classement final des équipes de la LNH.

Pour l’ensemble du top-10, on a cependant pris en considération certaines tendances des clubs de la LNH remarquées au fil des ans.

Et pour votre bon plaisir local, on va glisser quelques mots sur le Tricolore ici et là…

Débutons aujourd’hui, comme il se doit, avec les positions 1 à 5.

1- Macklin Celebrini
En un sens, Celebrini est un # 1 aussi consensuel que Connor Bedard l’an dernier. Je n’ai encore vu personne le mettre ailleurs qu’au premier rang. Certains pensent même qu’il pourrait être un meilleur joueur dans la LNH que Bedard, car plus complet. C’est simple, nommez n’importe quelle qualité, Celebrini la possède et en assez bonne quantité à part ça!

À 17 ans, il a dominé le CMJ et écrase la compétition dans la NCAA avec Boston University en tant que plus jeune joueur de la ligue… Deux noms reviennent assez souvent au niveau des comparables : Crosby et Toews. Ça en dit long sur le professionnalisme, le leadership et le niveau d’habiletés du jeune.

Si le Canadien gagne la loterie, la sélection de Celebrini viendrait à toutes fins pratiques assurer (assez rapidement) la réussite du plan de reconstruction de Hughes et Gorton. On a clairement là un futur joueur concession, une future supervedette. En plein ce qui manque encore le plus cruellement au Canadien, malgré l’impressionnante et intrigante montée en puissance de Slafkovsky. Doit-on en dire davantage sur Celebrini pour les besoins de cette liste? Non. Mais, il y a peut-être davantage à dire au sujet du prochain joueur…

2- Ivan Demidov
Osons d’abord poser quelques questions : Si Demidov jouait en Amérique du Nord, y aurait-il une vraie une lutte pour le # 1en ce moment? Le fait que Demidov soit Russe provoque-t-il un préjugé défavorable à son endroit dans l’univers du scouting?

Au niveau du talent brut, il se peut fort bien que Demidov (Demi-dieu?) soit devant Celebrini. Il n’est peut-être pas un patineur aussi rapide en ligne droite et son tir semble un peu moins bon, mais il possède de meilleures mains, une créativité supérieure et une mobilité latérale inégalée. On remarque aussi son équilibre incroyable sur patin. Très engagé et dynamique, il semble propulsé par un moteur infatigable, toujours en train d’attaquer l’espace disponible avec avidité.

Comme Celebrini, Demidov possède le profil d’un vrai « game breaker ». Donnez-lui la rondelle, il va s’occuper de faire la différence. Il écrase littéralement tout sur son passage dans la MHL, le circuit junior russe et pourrait/devrait sans doute évoluer dans la KHL sur une base régulière sur un trio offensif, comme en font foi ses statistiques ahurissantes de 45 points en 23 matchs, dont 29 à ses 10 derniers! À titre comparatif, comme le rappelait dernirèrement le Journal de Montréal, Nikita Kucherov présentait une récolte de 43 points en autant de matchs en MHL la saison suivant son repêchage en 2011…

Mais, comme on le sait, les choses sont rarement simples et « normales » en matière de développement au pays de l’Oncle Vladimir… Le contrat de Demidov – un individu que l’on dit de commerce beaucoup plus agréable qu’un certain Matvei Michkov – se termine heureusement en 2025 avec Saint-Pétersbourg.

En attendant, un débat quant à savoir si Celebrini est vraiment meilleur que Demidov pourrait tout de même avoir lieu au cours des prochains mois. À suivre…

3- Cayden Lindstrom 
Ça prendrait un certain culot pour ne pas repêcher dans le top-3 un centre de 6’4, 216 lbs lbs, travaillant et talentueux, qui patine comme le vent et marque à volonté dans la WHL. Qui sait si à la fin de sa carrière Lindstrom ne sera pas l’élu de 2024 qui aura eu le plus gros impact dans la LNH? On aurait déjà vu chose plus étrange… En tout cas, malgré la présence du jeune Gavin McKenna, 16 ans, le « futur joueur générationnel ». Medicine Hat, son club junior, n’est carrément pas le même depuis sa blessure et son opération à une main : 8-6-2 sans lui, 19-8-2 avec lui, rapportait récemment Grant McCagg dans son podcast.

Moyennant un bon camp d’entraînement, le gaillard pourrait faire le saut directement dans la LNH l’an prochain que personne ne serait surpris. Au moins aussi bon que Byfield au même âge, plus marqueur, il possède également de meilleures mains et un petit côté plus « méchant ». Son coach a même récemment évoqué le nom d’Eric Lindros à notre ancien collègue Nicolas Cloutier pour qualifier le style de jeu de Lindstrom…

À ce stade-ci, si le CH ne remporte pas la loterie, le rêve mouillé de bien des partisans serait que Lindstrom glisse miraculeusement au repêchage vers le milieu du top-10. « Fat chance », comme on dit en serbo-croate…

4- Artyom Levshunov  
En faisant cet exercice, on réalise que c’est autour du 4e rang que le « vrai fun commence » si vous voyez ce que je veux dire. Le talent de pointe évident et certain des gros attaquants est déjà parti et c’est à partir d’ici qu’on peut vraiment dire que « la beauté est dans l’œil de celui qui regarde », que « l’homme est la mesure de toute chose », que « alles ist relativ », etc.

Très bon patineur, peut-être juste un peu moins élégant et mobile que Parekh et Dickinson, Levshunov, un droitier originaire du Bélarus, 6’2 210 lbs, semble plus fort physiquement que les deux autres. Comme Parekh, il s’affiche résolument comme un défenseur offensif, mais avec un style un peu plus « pro » dans la NCAA au Michigan. Faisant preuve d’une belle créativité, disons que ses risques sont généralement assez bien calculés et que sa vision du jeu est excellente. Défensivement, ses lectures ne sont pas toujours parfaites, mais on aime son jeu le long des rampes, ses pivots et ses récupérations de rondelles.

Levshunov a de très fortes chances de s’immiscer dans le top-5 comme on le voit sur plusieurs listes. Il est selon moi, l’arrière le plus complet de l’encan 2024, moyennant quelques correctifs défensifs. Une version plus offensive de Reinbacher, mais moins solide défensivement. On verrait très bien un club comme les Blue Jackets le sélectionner à ce rang, eux qui ont renfloué pas mal les coffres à l’attaque ces dernières années, mais ils pourraient aussi se tourner vers le prochain sur ma liste…

5- Zayne Parekh
Pour un défenseur « nouveau genre », très offensif, Parekh montre tout de même des qualités défensives évidentes à commencer par son anticipation, sa mobilité 360° et un très bon équilibre/force physique pour son gabarit (6’0, 181 lbs). Au niveau du talent offensif brut, le coéquipier d’Owen Beck est peut-être le meilleur défenseur de la cuvée et on semble lui donner toute la latitude voulu à Saginaw qui pratique un genre depositionless hockey, du moins, avec Parekh sur la glace.

Moteur offensif de son équipe, on ne peut nier ses statistiques, mais surtout on ne peut nier sa vision du jeu et son calme avec la rondelle. Il cache aussi très bien ses intentions. Parfois je le trouve cependant un peu top calme, voire nonchalant sans la rondelle. Il donne presque l’impression de jouer en pyjama (pratique pour coucher sur la glace tellement il joue de minutes!) et n’est pas très robuste en général.

Mais voici un futur quart-arrière du PP1 de n’importe quel club et un défenseur de première paire. On pourra, au goût, l’accompagner d’un gaucher un peu plus sobre, une option qui pourrait peut-être intéresser le CH, le cas échéant…

Conclusion partielle
Je crois que le top-3 risque de devenir de plus en plus consensuel au cours des prochains mois. Reste à voir si on assistera à un débat entre Celebrini et Demidov. Pas impossible, mais il est à cet égard bien dommage que Demidov évolue en Russie…

Quant à elle, c’est à partir du 4e rang que la grande valse des défenseurs pourrait débuter et présentement, il n’y a aucun consensus sur l’ordre dans lequel ils seront repêchés.

J’ai cru bon d’y aller avec deux droitiers au niveau de talent élevé pour débuter, les droitiers étant plus rares et le talent de pointe étant la qualité que l’on doit le plus prioriser en début de repêchage. Mais les gauchers Silayev et Dickinson ont aussi leur fans…

Et le Canadien?
Moyennant une petite chute du Tricolore et une certaine embellie de fin de saison pour les Sénateurs et les Sabres, il se pourrait bien que le CH repêche 5e s’il ne remporte pas une des deux loteries. Repêcherait-il alors un autre défenseur droitier aussi tôt au repêchage après avoir opté pour Reinbacher l’an dernier ou se tournerait-il plutôt vers un attaquant, un besoin organisationnel encore beaucoup plus criant?

Levshunov, Pareks et les autres défenseurs de 2024 sont-ils à ce point supérieurs à Reinbacher et aux attaquants disponibles 2024 pour qu’on se tourne une fois de plus vers un arrière au milieu du top-10?

Si Bobrov et compagnie sélectionnaient un attaquant, s’agirait-il d’un « reach » comme celui de Timmins en 2018 avec le centre Kotkaniemi? Ou il se pourrait qu’un attaquant mérite tout simplement d’être repêché aussi tôt que le 5e-6e rang en juin prochain?

On reconnecte samedi prochain pour répondre à ces questions!

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