Plusieurs le savent déjà, quand je n'écris pas des textes de « spow » publiés sur DLC chaque samedi, j'enseigne la philo au cégep, un métier que j'adore encore après 20 ans. Oui, oui, malgré les nouveaux défis que posent ChatGPT et toutes les autres gogosses qui conduisent à l'abrutissement du monde en matière de capacité à réfléchir de manière autonome.
On s'adapte, on s'ajuste… et ces jours-ci, on étudie Platon.
On essaie de comprendre sa fameuse allégorie de la caverne ainsi que sa farouche opposition à la démocratie dans La République. C'est le volet théorique le plus difficile de la session.
En gros, ce bougre de Platon vilipendait la démocratie en bonne partie parce que le pouvoir y est détenu par des gens qui ne le méritent pas : soit par le peuple lui-même, manipulable, idiot et crédule, dans l'obscurité de la « caverne », soit encore, et peut-être davantage, par les « marionnettistes », charlatans du savoir et autres habiles rhéteurs et gens de pouvoir, capables de montrer de belles « ombres » et faire croire toutes sortes de choses au peuple ignorants.
Lors d'un procès qui a fait histoire, c'est ainsi qu'une assemblée démocratique a tué Socrate, maître à penser de Platon, après que certains l'ait fait passer pour un fou et un corrupteur de la bonne jeunesse athénienne…

(Crédit: Wikipedia.com)
Voyant de très près la stupidité et la cupidité du peuple en démocratie, mené par des intérêts personnels et des vues à court terme, il faudrait donc, selon Platon, remettre le pouvoir dans les mains de ceux qui le mériteraient vraiment ; ceux qui sont sortis de la caverne et qui ont finalement pu voir le Soleil (le Bien). Dans son utopie politique aristocratique, ce sont eux qui deviendraient les « gardiens » de la cité, les « philosophes-rois », seuls vrais responsables et experts en matière de Justice, de Vérité, de Beau et de Bien, donc, seuls capables d'identifier clairement les finalités humaines les plus nobles de façon objective et universelle.
Alimenté dans sa taverne « caverne » par une majorité de « marionnettistes » de l'information sportive qui lui faisait miroiter les qualités de joueur de centre d'un certain jeune homme au nom magique et commercialisable à souhait, Shane Wright (The Price is Wright, etc.), une majorité dudit peuple avait accueilli très froidement l'arrivée sur le tapis rouge devant le Centre Bell, et plus tard lors de sa sélection officielle, le colosse Slovaque au nom plus « bizarre » et moins « vendeur » : Juraj Slafkovsky.
Le bon peuple, avait-il vu jouer Wright et Slafkovsky plus de 30 secondes dans un clip sur Twitter avant d'émettre sa opinion?
Qu'importe!
Comme dans l'allégorie de Platon, on l'avait tellement conforté dans sa pensée sur Wright, qu'il était presque prêt à « tuer » les analystes s'étaient tapé plusieurs heures de visionnement et de réflexion « hors de la caverne » et militaient davantage, comme plusieurs recruteurs-experts de la LNH, pour Slafkovsky dans les semaines précédant le repêchage.
Et c'est pour ça que le sport professionnel n'est pas administré selon des principes démocratiques de liberté et d'égalité et encore moins dicté par un pouvoir décisionnel répondant au souhait de la majorité! Il est plus juste et logique que cette tâche revienne aux experts.
Pour ce qui est de la chose politique, la res publica, je vous laisse en débattre, comme Aristote avec Platon et comme mes étudiants en classe…
Mais bon, cette fois-là, en matière de sport, comme l'histoire en a déjà témoigné, les experts du Canadien ne se sont pas trompés en faisant dos au peuple.
Rappelons que le bon Juraj, quelques jours plus tôt, venait d'enfoncer trois buts au Lightning lors de la première rencontre éliminatoire du Canadien de Montréal – peut-être l'institution québécoise la plus connue – et qu'il a sans doute été l'unes des personnalités les plus médiatisées au Québec dans la dernière semaine.
Eh bien, disons que l'exemple n'a pas dû être trop « parlant »!
Les deux tiers de la classe – composée très majoritairement de jeunes de 17 et 18 ans nés au Québec, je tiens à le préciser – NE connaissaient PAS Juraj Slafkovsky!
Alors qu'à une autre époque, j'aurais fait preuve d'un populisme dégoulinant en m'en remettant à des exemples rattachés à des vedettes du hockey – disons, l'époque où les deux tiers du Québec en âge de boire du lait de vache lisaient le Journal, puis regardaient les Filles de Caleb et La Soirée du Hockey à Radio-Canada (oui, payée a'ec nos taxes, messieurs Lavoie et Niquet!) – en 2026, j'avais presque l'impression de faire partie d'une « élite » en matière de « culture générale » en leur apprenant le nom du #20 du Canadien et ses récents exploits!
Remarquez que l'automne dernier, « grâce » à Tik Tok et aux algorithmes, ils étaient une majorité dans mes classes à connaître l'influenceur polémiste américain Charlie Kirk avant sa mort.
Les algorithmes de ma caverne ont dû me tenir loin de lui, je ne le connaissais pas…
Ainsi, il se peut très bien qu'au Québec en 2026, comme sans doute ailleurs, la « culture générale commune », en tant que seuil d'entrée de la vie dans ladite société dans ce qu'elle a de plus simple et accessible – genre, connaître des informations de base rattachées au sport national et à l'équipe locale dudit sport, ou encore, le nom de la nouvelle Première ministre – soit sérieusement menacée, voire en voie de disparition.
C'en était juste un 18 765e constat. #GuyNantel
Mais bon, je pense que tout le monde connaît Donald Trump.
Fiouf!
On a au moins un « plus petit dénominateur commun »!
Ceci expliquant cela…
prolongation
On juge souvent trop vite et en surface…
Slafkovsky fait trois buts lors du premier match : « Quel joueur de séries ! » « Le VRAI meilleur joueur du CH », etc.
Peut-être. On adore Slaf.
On ne lui enlèvera pas la qualité de ses tirs dimanche dernier.
TOUR DU CHAPEAU ET VICTOIRE DE JURAJ SLAFKOVSKY
JURAJ SLAFKOVSKY HAT TRICK OVERTIME WINNER#GoHabsGo pic.twitter.com/v79p8FrbsL
— x – Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) April 20, 2026
Mais le Lightning lui avait donné beaucoup trop d'espace lors du premier match en avantage numérique. C'en était presque ridicule.
Pas mauvais, mais beaucoup plus discret lors des matchs 2 et 3, Slaf doit encore travailler sur sa constance après ses « moments magiques ».
En séries, Leon Draisaitl, ne semble jamais satisfait suite à une belle performance. Il essaie toujours d'être encore meilleur au prochain match.
Slaf doit demeuré affamé. Toujours.
Comme le dit Martin St-Louis, qu'on l'aime ou non, Dach demeure un très bon joueur de hockey. Pas aussi constant, endurant et intelligent que Suzuki, mais, en santé, il possède des qualités supérieures à la moyenne (portée, transport et contrôle de rondelle, vision, vitesse de pointe) qui pourraient en faire un excellent centre de troisième trio. Et il n'a que 25 ans…
Attendons la fin des séries avant de porter un jugement sur la suite de sa carrière à Montréal… ou ailleurs.
En tout cas, gros rebondissement AU CENTRE lors du 3e match pour Dach et énorme match pour son trio. Bravo!
Dach, Texier et Bolduc sont en théorie trois bons joueurs de hockey, et hier, ç'a paru.
3. Encore avant le début des séries, plusieurs amateurs et analystes doutaient que Lane Hutson pouvait exceller en éliminatoires après qu'il se soit fait un peu « brassé » par les Capitals l'an dernier. Ça ne l'avait pas empêché d'enregistrer 5 points en en 5 matchs, cela dit…
Et le voici maintenant, une fois de plus dans le livre d'histoire de son club centenaire, avec 8 points en 8 matchs éliminatoires et neuvième défenseur de la Flanelle à marquer en prolongation… avec un tir à 90 mph (145 km/h)!
Tout ça en ne s'en laissant pas imposer et en évoluant (enfin!) en désavantage numérique.
Hutson fait plus que sa part pour manger les minutes de Noah Dobson, un des meilleurs défenseurs droitier de la LNH.
Autre preuve que « ce n'est pas la grosseur du chien dans la bataille qui compte, c'est la grosseur de la bataille dans le chien. »
Après une très belle saison, Sennecke vole sur la glace dans la série contre les Oilers. Grand, gros, agile, rapide, hyper talentueux, vision supérieure, super tir. Des airs de Jack Eichel…