Nick Suzuki : le neuvième pire contrat de la LNH selon (le modèle de) Dom Luszczyszyn

Depuis quelques années, on assiste à une montée des statistiques avancées dans le monde du hockey. Celles-ci permettent de mesurer des aspects du jeu d’un joueur qui sont plus difficiles à quantifier avec les statistiques traditionnelles, et même si elles ne font pas foi de tout, elles demeurent un outil intéressant.

Ce n’est pas pour rien que le CH a mis de l’argent sur son département de statistiques avancées depuis l’arrivée de Jeff Gorton et de Kent Hughes.

Chez The Athletic, Dom Luszczyszyn est le spécialiste à ce niveau, et il est un excellent vulgarisateur. Certaines données sont assez complexes, mais avec son modèle, il tente d’essayer de simplifier ça le plus possible pour qu’elles soient accessibles à tous.

Où est-ce que je m’en vais avec tout ça? J’y arrive.

Plus tôt aujourd’hui, Luszczyszyn a publié un palmarès des 10 pires contrats de la LNH selon son modèle. Or, au neuvième rang, il y a toute une surprise, alors qu’on retrouve le pacte de Nick Suzuki.

Quoi? Nick Suzuki, le premier centre du CH qui n’a que 22 ans et qui vient d’inscrire 61 points la saison dernière, a le neuvième pire contrat de la LNH?

C’est là qu’il est important de tenir compte de la nuance apportée par Luszczyszyn, qui explique un peu les raisons derrière la présence de Suzuki dans ce palmarès.

Tout d’abord, Suzuki touchera désormais 7,875 M$ de dollars pour les huit prochaines années avec son nouveau contrat qui entrera en vigueur au début de la prochaine saison. Comme Luszczyszyn le note, Suzuki a beau être un très bon joueur, il n’en demeure pas moins que présentement, il ne vaut pas cette somme.

Et c’est logique : on l’a signé à long terme parce qu’on sent qu’éventuellement, il vaudra ce salaire annuel (et même plus).

Ce qui fait en sorte que le modèle de Luszczyszyn est un brin frileux dans le cas de Suzuki, c’est qu’après une très bonne saison 2020-21 dans un rôle de deuxième centre, il a connu des moments plus difficiles en pilotant le premier trio en 2021-22. Par contre, l’expert de The Athletic note qu’il s’est repris suite à l’arrivée de Martin St-Louis avec des données beaucoup plus encourageantes.

Par contre, si on tient compte de l’ensemble de la saison, le modèle soutient que Suzuki a « régressé » depuis 2020-21. Une partie de ceci est attribuable à son nouveau rôle de premier centre, ceci dit.

Luszczyszyn note également que le modèle handicape peut-être un peu trop Suzuki en raison de la saison de misère du Canadien l’an dernier. Ça joue un rôle, aussi.

Bref, dans l’ensemble, ce que Luszczyszyn soutient, c’est que le fait que Suzuki soit au neuvième rang de ce classement est surtout un avertissement de ce que le contrat pourrait devenir si Suzuki ne progresse aucunement dans les années à venir. Mais considérant son jeune âge, il y a matière à croire qu’il sortira rapidement de ce classement (ce que Luszczyszyn croit aussi, d’ailleurs).

Notons également que les pactes de Josh Anderson et de David Savard ne sont pas dans le top-10, mais ils sont tout de même dans la catégorie « mentions honorables ». Rien sur Brendan Gallagher (que les statistiques avancées n’ont pas détesté l’an dernier, par contre), sur Mike Hoffman ou sur Joel Armia.

Mais pour en revenir à Suzuki, ce classement est un autre bon exemple que les statistiques avancées sont un bon outil, mais qu’il est important de tenir compte du contexte et de ne pas se baser uniquement là-dessus pour déterminer la valeur d’un joueur. Tout est une question de nuance, en gros.

Bref, on verra si Suzuki est capable de passer au prochain niveau en 2022-23, mais entre vous et moi, je serais très surpris de revoir le #14 du CH dans le top-10 des pires contrats l’an prochain. Je peux me tromper, mais je suis assez confiant sur celle-là.

En Rafale

– Pour entendre ma chronique du jour sur les ondes du 91,9 Sports, c’est ici. [91,9 Sports]

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– Très beau geste de Gary Bettman.

– Les Sabres misent sur une belle pépinière d’espoirs.

– Logique.

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