Gilardino à la rescousse, ou pas. | Manque tactique, manque émotif

Plus que 7 matchs à jouer. Au point où il en est, avec une troisième défaite consécutive samedi dernier en Nouvelle-Angleterre, l’Impact doit désormais espérer un peu d’aide du reste de la conférence. En réalité, il lui faut espérer un effondrement du Crew ou des Red Bulls pour espérer faire partie des 6 qualifiés en séries.

On est près, très près du constat d’échec pour cette saison 2017. Qui est le plus à blâmer dans tout cela? Le staff technique pour un mercato trop pauvre l’hiver dernier? Mauro Biello pour son incapacité à trouver un schéma tactique cohérent et fonctionnel pour son équipe? Les joueurs eux-mêmes, pour leur manque de qualité sur le terrain, pour leur manque de motivation?

Un peu de tout, évidemment, mais disons que le match de samedi dernier a souligné à gros traits deux éléments principaux. D’abord, comment imaginer qu’à 7 matchs de la fin de la saison, alors que ton équipe doit aller chercher des points pour demeurer en vie, Mauro Biello ressort le 3-5-2 des boules à mites? Surtout considérant qu’il avait été clairement établi plus tôt cette saison que l’Impact n’a tout simplement pas l’effectif pour utiliser cette formation avec succès.

Théoriquement, j’aime bien ce schéma, mais il nécessite des latéraux rapides, techniques, en mesure d’appuyer l’attaque constamment et d’envoyer des centres de qualité dans la surface. Aussi, considérant que l’Impact a déjà quelques difficultés avec son animation offensive, il faut un milieu de terrain qui peut encourager et faciliter la transition entre la défense et les joueurs offensifs. Un genre de… Patrice Bernier, donc.

Ah oui, c’est vrai, le capitaine était sur le banc.

Avec une semaine de repos avant et après le match, pourquoi le conserver sur le banc?

C’était prévisible, donc, mais un mauvais choix tactique et des décisions douteuses sur le onze de départ (Bernier absent, Ballou absent) ont fait très mal. Tout cela sans compter que, dans le cas d’un match aussi important que celui de samedi, dans le cas d’un match qu’on pouvait qualifier de must-win quand à la survie de l’équipe, il y avait bien peu d’émotions, bien peu d’envie. C’était, pour moi, le plus dur à regarder, à réaliser. Est-ce que ce sera différent le week-end prochain au Stade Saputo? Séries ou pas, plusieurs partisans vont continuer de se déplacer jusqu’à la fin, pour encourager l’équipe de leur ville, de leur coeur. Est-ce que les joueurs sauront au moins être à la hauteur en jouant avec leur coeur et leurs couilles? Je nous le souhaite.

Sans jeu sur le terrain, sans émotions ou intensité à travers les joueurs, que nous reste-t-il?

Gilardino à l’entraînement
Matteo Mancosu blessé à la main, c’était l’heure d’Anthony Jackson-Hamel samedi dernier. Finalement.

Malheureusement, le québécois a laissé la plupart des amateurs sur leur faim, ratant une occasion en or de donner les devants à son équipe au début de la deuxième demi. C’était trop facile.

Dommage pour lui, dommage pour l’Impact, qui se voit désormais au seuil de l’élimination. Jackson aurait même été impliqué dans une mêlée à la fin du match, où il aurait «craché» sur Kei Kamara. Rien n’a été prouvé, et Jackson aurait été suspendu le cas échéant, mais reste que cela renforce l’idée selon laquelle Jackson a un caractère bien à lui, difficile à cerner pour ses coéquipiers et/ou le staff. Peut-être plus difficile qu’un Mancosu, par exemple.

Alors qu’il croyait avoir le champ libre au moins d’ici la fin de la saison, une belle surprise attendait Jackson à l’entraînement hier. Ex-vedette italienne, l’attaquant Alberto Gilardino était à l’entraînement de l’Impact pour une «remise en forme».

Le prochain attaquant de l’Impact?

Difficile de croire à une «remise en forme». Gilardino a mentionné lui-même qu’il s’entraîne depuis déjà 3 mois et qu’il se considère près d’une forme de match. S’il est à l’entraînement à Montréal, c’est parce que l’un ou l’autre des partis (ou les deux) sont intéressés et veulent voir s’il y a un possible fit.

Le timing est également déterminant, au sens où Mancosu est désormais blessé, et surtout que le véritable roster freeze de la MLS ne s’applique que vendredi prochain, ce qui laisse quelques heures au staff pour trouver un moyen de faire entrer Gilardino sur le roster de l’équipe en y ajoutant ou libérant une place internationale. Possible ou pas? On le saura bien assez vite.

Ce n’est pas réellement une surprise. Déjà en 2014 Gilardino avait annoncé son envie de venir jouer en Amérique, et certaines rumeurs l’avaient d’ailleurs lié à l’Impact. 29 décembre… 2014!

Mais concrètement, à 35 ans, est-ce que Gilardino peut être utile à l’Impact?

Si le «nom» peut toujours aider à vendre des billets et attirer quelques eurosnobs, on demeure loin de la prestance d’un Drogba. 188 buts en carrière en Série A, 19 buts en sélection italienne… ce n’est pas rien! Gilardino a connu une grande carrière européenne, et il a tout de même marqué 10 fois avec Palerme il y a deux ans.

La saison dernière fut plus compliquée pour Gilardino qui s’est blessé durement au genou avec Empoli, devant se contenter de quelques 500 minutes réparties en 14 matchs où il n’a inscrit aucun but. Sans club depuis, Gilardino a beau jeu de regarder de l’autre côté de l’océan où évolue son vieil ami Marco Donadel, lui-même arrivé à Montréal par le biais d’un «essai avec le club».

La MLS, tranquillement mais surement, se débarrasse de la fameuse étiquette ligue de retraite. Les nouvelles vedettes de la ligue que sont Miguel Almiron, Josef Martinez, Jack Harrison, Nicolas Lodeiro, Jonathan Dos Santos et bien d’autres sont tous dans la vingtaine, dominent sur le terrain et sont appréciés par les partisans. Le modèle change tranquillement, mais il reste encore de la place pour des joueurs plus âgés qui ont une bonne compréhension du jeu et qui veulent y mettre le coeur. Demandez à Patrice Bernier.

Est-ce que Gilardino a encore les jambes pour suivre? Peut-il se démarquer dans une ligue en ascension comme la MLS où le jeu est plus physique, moins technique qu’en série A? À court terme, ferait-il mieux que Mancosu? Que Jackson?

Son âge fait un peu hésiter, tout comme son inaction des derniers mois, mais l’Impact n’a pour le moment pas grand chose à perdre à lui accorder un essai et voir s’il est réellement en mesure de suivre la cadence. Si un contrat lui est offert, j’espère qu’on connaîtra précisément les détails sur la durée et le salaire. Est-ce que cela signifierait la fin de Jackson avec l’Impact? Est-ce que le québécois a déjà fait une croix sur l’an prochain à Montréal et pousse l’équipe à le remplacer? Est-ce que ce serait plutôt la fin de Mancosu? Je ne sais pas combien pourrait coûter Gilardino, mais deux attaquants italiens plus tellement jeunes qui commandent de gros salaires dans le même effectif, ce ne serait pas le style de l’Impact.

À moins que Gilardino ne soit une tentative de home-run seulement pour cette fin de saison?
Si c’est le cas, ça me semble trop peu trop tard

Il était toujours à l’entraînement ce matin, mais pas dans la photo d’équipe!

Avec l’Impact, au moins, on ne s’ennuie jamais.

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