Le Fury d’Ottawa boude la CPL

Alors que plusieurs amateurs québécois déplorent toujours l’absence d’une équipe québécoise à l’aube de l’inauguration de la Canadian Premier League, on a appris hier que le désert serait total entre Toronto et Halifax alors que le Fury d’Ottawa a annoncé son intention de demeurer en USL pour la saison 2019.

La CPL a déjà 7 équipes de confirmées pour sa saison initiale avec les Winnipeg, Hamilton, Vancouver Islands, Halifax, York, Edmonton et Calgary ayant déjà annoncé leurs couleurs et logos. On s’attendait à voir un minimum de 8 clubs pour une première saison avec la venue prochaine de l’équipe d’Ottawa, mais l’incertitude économique qu’engendre la création d’une toute nouvelle ligue fait visiblement trop peur aux voisins ontariens. C’est un coup dur à la fois pour la CPL qui se retrouve bloqué avec le chiffre peu enviable de 7 équipes, tout comme pour les partisans d’Ottawa qui attendaient avec impatience et intérêt le transfert de leur club vers un nouveau championnat tout canadien et intrigant.

Si on peut aisément comprendre les arguments d’équipes comme l’Impact, le Toronto FC et les Whitecaps de demeurer en première division nord-américaine plutôt que de rejoindre le tout nouveau championnat totalement canadien, l’intérêt du Fury d’Ottawa de demeurer en USL est plus nébuleux. Si elle compte plus d’équipes, on parle tout de même d’une ligue où les équipes meurent et renaissent sans cesse depuis plusieurs saisons et qui attire moins de 5000 spectateurs en moyenne en 2018.

Est-ce que la transition annoncée du FC Cincinnati de la USL vers la MLS pourrait avoir donné espoir aux propriétaires du Fury en vue d’une possible entrée dans les grandes ligues? Difficile à croire. Les expansions vers la MLS font partie d’un processus amorcé depuis longtemps et aucune ville canadienne n’en fait réellement partie. Aussi, Cincinnati attire chaque saison des foules record en USL, s’approchant des 30 000, ce dont ne peut se targuer le Fury d’Ottawa.

La réalité, comme bien souvent, est purement économique. La disparition de la NASL, où évoluaient précédemment le Fury d’Ottawa et le FC Edmonton, a visiblement fait mal à l’équipe ontarienne qui veut s’éviter de revivre ce difficile épisode. La NASL, jadis une ligue importante en Amérique du Nord, a battu de l’aile durant de nombreuses années avant de finalement mettre la clé sous la porte en 2017. Le Fury d’Ottawa aurait perdu jusqu’à 2 millions de dollars en 2016 avant de rejoindre la USL, on peut donc comprendre les dirigeants d’Ottawa de préférer la stabilité actuelle à une autre aventure, aussi prometteuse soit-elle.

La USL est passée de 14 équipes à 30 cette saison, et elle a déjà annoncée la création d’une deuxième division (USL III), où les équipes réserves comme le Toronto FC II devraient logiquement s’aligner. Sans être capable de jamais réellement rivaliser avec la MLS, la USL permet au Fury une stabilité financière que ne peut encore promettre une ligue émergente comme la CPL.

Si on peut rationnellement comprendre l’argument économique, il demeure dommage de voir l’une des villes emblématiques au Canada refuser de faire le saut en CPL. Considérant l’absence d’une équipe au Québec, le Fury aurait pu être un tremplin parfait pour les milliers de fans québécois qui ne demandent qu’à s’intéresser à cette nouvelle aventure toute canadienne. Nul doute que le Fury rejoindra un jour ou l’autre la CPL, lorsque celle-ci aura pu démontrer sa viabilité économique et sportive, ce qu’elle saura idéalement faire rapidement. Il reste qu’un propriétaire aimant un peu plus le risque aurait pu chercher à se positionner comme la meilleure franchise de la naissante CPL en intégrant la ligue avec une organisation déjà en place et des joueurs de calibre déjà sous contrats. Une occasion ratée, diront certains…

Même s’il est déjà fait, le choix de demeurer en USL devrait continuer de faire jaser. On rapporte que la Canadian Soccer Association (CSA), qui collabore avec la CPL depuis ses débuts, ne verrait pas d’un bon oeil qu’une équipe canadienne évolue à l’extérieur de son championnat domestique. Si la CSA doit déjà faire des concessions avec les équipes en MLS, le fait de voir Ottawa préférer la USL à son championnat a de quoi piquer son orgueil. Est-ce que la décision du Fury s’est prise de concert avec la CSA ? Est-ce qu’une date est déjà prévue pour un transfert du Fury vers la CPL? Espérons-le, sinon je ne serais pas surpris de voir la CSA saisir les tribunaux plus tôt que tard…

La bonne nouvelle pour l’Impact est que le partenariat avec le Fury pourra assurément se poursuivre l’année prochaine. Avec l’objectif annoncé de la CPL de ne pas être une «ligue de réserve» pour une équipe MLS, on peut se demander si l’association avec l’Impact aurait été acceptée.

TMG sera-t’il encore à Ottawa ou bien à Montréal la saison prochaine?

Justement, un match amical entre l’Impact et le Fury est prévu ce vendredi durant la pause internationale. On devrait pouvoir voir à l’oeuvre les Montréalais en manque de temps de jeu récemment comme Louis Béland-Goyette et David Choinière (s’ils ne sont pas blessés), Shamit Shome et peut-être même les Kyle Fisher et Zakaria Diallo toujours en remise en forme.

Toutefois, le Fury a un match de saison dès ce soir et il est déjà annoncé que Meilleur-Giguère et Crépeau ne seront pas de l’alignement face à l’Impact. Dommage puisqu’il aurait été intéressant d’apprécier la courbe de progression de TMG qui ne cesse de monter en grade depuis son arrivée à Ottawa, mais on aura peut-être la chance d’observer les Daniel Kinumbe, Clément Bahiya et autres Gabriel Balbinotti.

En attendant, la CPL continue de préparer sa première saison en 2019 et fait même appel au public canadien en organisant des séances d’essais partout à travers le pays. Les 27 et 28 septembre, tous les joueurs pensant être du bon calibre dans la région de Montréal peuvent se présenter aux essais et tenter de se faire remarquer. J’ai l’impression que c’est le prélude de plusieurs belles histoires…

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