Le CH et les blessures : Un guide stoïcien de survie pour le partisan

Ô Fortuna !

Ainsi va le choeur initial et plus célèbre mouvement de Carmina Burana où on se lamente comment le destin s’abat sur nous immanquablement, un sort contre lequel il n’y aurait pas grand-chose à faire…

Or, vos meilleurs amis de l’antiquité grecque, les philosophes stoïciens, bien qu’ils croyaient au destin, au sort, à la fortune, au grand ordre des choses, au Cosmos, ne seraient pas d’accord!

Le destin, la fortune, n’est pas une fatalité!

On peut toujours contrôler ce qu’on peut contrôler, répondraient-ils – soit exactement le même mantra que tous les joueurs de quatrième trio de et tous les coachs de hockey de l’univers connu.

« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu’ils portent sur les choses » -Épictète

Et l’argument de vos chers amis à la barbe blanches, serait que ce qu’on pourra toujours contrôler par rapport au destin ce sont nos pensées et nos actions par rapport à celui-ci.

Et c’est ici, valeureux fans du CH, qu’il va falloir travailler la vraie dureté du mental afin de ne pas sombrer, après trois matchs (!), dans la déprime totale.

J’y travaille moi-même activement depuis samedi dernier!

Fans de la Flanelle, ça ne sera pas de la tarte, mais, je vous le dis, le stoïcisme vous sauvera de la dépression!

Le stoïcisme c’est en bonne partie la base même de la thérapie cognitivo-comportementale, probablement l’approche la plus en vogue en psychologie ces temps-ci : contrôle ton thinking et tes comportements et ça devrait aller mieux!

Si on veut continuer à voir le soleil se lever, il nous faudra donc absolument faire contre mauvaise fortune bon cœur!

Ou, comme dirait ma belle-mère : si la vie t’envoie des citrons, fais de la limonade!

Allons-y donc de 4-5 conseils pour passer un bel hiver, malgré la blessure à Kirby Dach… qui était DE LOIN, le meilleur joueur de l’édition actuelle, je le disais même l’an dernier!

1. Demeurer optimiste en changeant le narratif

Commençons par le conseil le plus difficile à suivre, rester positif malgré tout!

Comment conserver sa bonne humeur de sportif de salon quand le meilleur joueur de l’équipe, le gros centre droitier de 6’4 qui contrôle le jeu, est fini pour l’année?

J’avoue que c’est pas facile! Surtout que là on est encore dans le pire, on vient d’apprendre la nouvelle et on essaie de passer par-dessus le choc!

Allons-y donc par une rafale de pensées po-po-positives!

On peut commencer par se dire, avec Bob Hartley, grand stoïcien devant l’éternel, que Kirby Dach « est pas mort »!

C’est déjà ça de gagné, non? Merci Bob!

Ensuite, ben, tout peut arriver dans les 79 prochains matchs! La saison n’est pas finie! Le moral des troupes pourrait revenir rapidement et l’équipe de Martin St-Louis pourrait rendre le tout intéressant, séries ou pas.

Au pire, si on laisse de côté le dernier élan de jovialisme, on peut penser que même si le Canadien devait s’éloigner rapidement du portrait des séries, il y aura de belles histoire à suivre tout au long de la saison.

Par exemple, Caufield qui va peut-être devenir le premier joueur à marquer 40 buts depuis Damphousse et PEUT-ÊTRE à inscrire 50 buts depuis Stéphane Richer!

On peut aussi espérer que Newhook connaîtra une éclosion semblable à celle de feu Dach l’an dernier.

Sans nécessairement espérer LA grande éclosion dès cette saison, on peut toujours souhaiter une forme ou une autre de progression de Slafkovsky.

On peut également se dire qu’au moins le capitaine ne se blesse pas souvent et qu’il pourrait battre son record de 66 points avec un Caufield en forme.

Sur un plan plus administratif, on ne contrôle pas ce que fera ou ne fera pas Kent Hughes, mais un joueur de l’externe (le CH aura une certaine flexibilité salariale) ou de l’interne (Joshua Roy?) pourrait venir palier en partie à la perte de Dach.

Ça ferait de quoi à suivre!

2. Ne pas sombrer dans le fatalisme

Un peu comme le suggérais Martin St-Louis – lui aussi stoïcien à ses heures – qui ne veut pas laisser entre les idées négatives dans son vestiaire et dans sa tête, on peut contrôler nos pensées en se disant que ça ne peut pas être pire que l’an dernier, ou du moins que c’est statistiquement fort improbable!

Je n’essaie même pas de penser à ça. Je ne me dis pas que c’est reparti parce que c’est de l’énergie négative et je ne veux pas laisser ça rentrer ici.

Au lieu de briser le record de 600 matchs, si le CH se maintient pas trop loin de la moyenne de la ligue avec environ 250 matchs ratés à cause de blessures, ça devrait, en théorie, nous donner une saison honnête.

Et St-Louis de rajouter une phrase qui donnerait beaucoup de satisfaction à Marc-Aurèle et Épictète:

Ça ne dérange pas le reste de la ligue si on a des blessés, la ligue va continuer. Pourquoi on s’en ferait avec ça?

Remplacer « ligue » par « Cosmos » et on nage en plein stoïcisme!

3. Suivre d’autres équipes

Bon, c’est bien beau les pensées positives, mais si trop de matchs du CH commençaient à ressembler à celui de mardi dernier contre le Wild, il faudra probablement opter pour une solution plus drastique : développer de l’amour pour une autre équipe, voire plusieurs autres équipes pour les plus polygames!

Et dieux sait que les pools de hockey peuvent aider à devenir polygames!

Pour ma part, Edmonton a toujours été ma deuxième équipe favorite depuis les beaux jours de Gretzky et je n’ai aucun mal à regarder des matchs entiers avec McDavid et Draisaitl aux commandes! En plus du monstre à deux têtes, j’ai même les deux autres membres de leur quatuor infernal en PP dans mon keeper : The Nuge et Bouch-Bomb Bouchard!

Pas mal plus le fun à regarder que Suzuki qui n’arrête plus de rater ses l#*%&#$&?%# d’entrées de zone sur le jeu d’impuissance du CH…

Si vous êtes capable de mettre toujours un peu plus votre nationalisme québécois et votre amour de la Flanelle de côté, il y a aussi des équipes qui présentent du beau jeu et des joueurs intéressants du côté d’Ottawa, Toronto et, dans une moindre mesure, Vancouver et Winnipeg. J’ai Matthews et Nylander comme deux premiers choix dans un autre pool, ainsi que Stützle, Giroux, Q. Hughes et Morrissey dans le keeper.

Ça va sans doute aider à passer à travers les prochains mois!

Sinon, on peut aussi y aller « land of the free », et on se gâte avec les vedettes du Colorado, la belle jeunesse du New Jersey, le bling-bling des champions à Vegas, le swag de Tkachuk en Floride, etc.

4. Célébrer la saison « finie » pour… Celebrini

Bon, on n’est peut-être pas encore rendu là, mais il se pourrait bien qu’après les Fêtes, nous ayons tous à nous administrer le remède ultime : rêver au prochain repêchage à coup de doses quotidiennes de Tankaton pour suivre les probabilités de repêcher Celebrini, ou quiconque aura l’aura (désolé!) d’un premier choix consensuel.

À date, c’est le centre canadien Macklin Celebrini, coéquipier de nul autre que Lane Hutson à Boston University qui aurait ledit aura! Mais ça pourrait changer pour l’ailier gauche américain Cole Eiserman ou l’ailier droit russe Ivan Demidov…

Dans un cas comme dans l’autre, on parle de trois attaquants possédant un niveau de talent élite, ce qui manque encore le plus cruellement au Tricolore…

5- Penser aux deux prochaines saisons

Le consensus pré-saison voulait que la campagne 2023-2024 allait en être une de transition conduisant probablement à une espèce de no man’s land, sans grand espoir de faire les séries et sans grand espoir de remporter la loterie.

Nous voilà au moins un peu plus aiguillonnés quant à la tendance que devrait prendre la saison actuelle!

Mais, de toute façon, peu importe le résultat de la loterie – ce sera un boni –   c’est à compter de l’an prochain que les choses devaient commencer à être un peu plus intéressantes avec les arrivées définitives très probables des Hutson, Reinbacher et Roy, trois des cinq espoirs les plus importants de l’organisation, qui se grefferont à un jeune noyau s’approchant un peu plus de sa maturité.

Et c’est en vue 2025-2026 que Kent Hughes pourrait faire une ou deux grosses actions sur le marché des transaction ou celui des joueurs autonomes afin de compléter son noyau et de passer aux choses véritablement sérieuses.

On regardera un peu plus plus en détails et de façon un peu précoce, disons-le tout de suite, les possibilités qui s’offriront à Hughes à l’été 2025 dans un prochain article. C’est cette été-là qu’il aura, entre autres choses, des doublons lors des quatre premières rondes du repêchage…

Prolongation

On n’a même pas parlé de Kaiden Guhle sur qui j’avais récemment écrit sur la propension aux blessures. Dans ce texte, on pouvait y voir une blessure à l’épaule qui était survenue en mars dernier à son retour de sa blessure au genou droit. Sauf erreur, Guhle avait également eu des problèmes à l’épaule alors qu’il évoluait dans la WHL…

Essaie-t-on de retarder le plus possible une intervention chirurgicale dans son cas?

À suivre…

On suivra aussi le dossier de Lane Hutson, qui vient de se faire sonner les cloches pour une première fois dans la NCAA… 

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