LCDH: Donnez un chèque en blanc à cet homme

*Notez bien: Ce texte a été rédigé le vendredi 14 octobre, soit avant le match face aux Red Wings.

Bonjour et bienvenue à une nouvelle édition de « Le Courrier du Hockey », chronique dans laquelle je réponds aux questions de mes abonnés en plus de 280 caractères! Le CH a connu un départ canon et surtout inattendu face aux Leafs de Toronto mercredi dernier, eux qui devront clairement mieux protéger leur gardien de but s’ils désirent être une réelle menace cette saison et surtout, finalement gagner une ronde en séries éliminatoires.

Plusieurs jeunes joueurs ont brillé lors du match et ce fut notamment le cas pour Cole Caufield, Nick Suzuki, Kirby Dach, Kaiden Guhle et Jordan Harris. Arber Xhekaj a paru un peu moins bien, mais il a tout de même fait sentir sa présence par quelques bons coups d’épaules et sa performance n’a pas été médiocre non plus. Juraj Slafkovsky a connu une rencontre honnête sans tambour ni trompette, réalisant principalement des beaux jeux défensifs dont un face à nul autre qu’Auston Matthews. Il est évident qu’éventuellement, il devra en donner plus, mais pour l’instant, il est au stade de s’acclimater avec le hockey Nord-Américain dans un calibre nettement plus relevé donc il faudra s’armer de patience et célébrer les petites victoires.

Mais celui qui s’est le plus illustré, c’est clairement Cole Caufield. Après avoir obtenu quelques excellentes chances de marquer en première période, il a fait vibrer les cordages à deux reprises en 2e période et a démontré à tout le monde qu’il n’avait rien perdu de sa touche de marqueur. On en jase énormément du petit #22 et ce n’est qu’un début, c’est littéralement une superstar qui est en train de se développer sous nos yeux. Et parlant de la petite étoile, la première question porte sur le principal intéressé!

Juste au cas où vous ne l’auriez pas compris, le titre du texte était clairement une exagération, le chèque en blanc n’est pas une option puisque chaque joueur a sa propre valeur et clairement, Caufield ne mérite pas un contrat maximal actuellement.

J’en ai parlé dans mon dernier texte, mais plus ça va et plus je me dis que le CH devrait lui octroyer un contrat à long terme et non un contrat pont et je suis persuadé que c’est l’avenue que l’équipe désire le plus actuellement. Nick Suzuki a signé son contrat de 8 ans au terme de son contrat d’entrée et c’est une pratique de plus en plus courante dans la ligue : Les Sens ont opté pour la même stratégie avec les Josh Norris et Tim Stützle, notamment.

Il y a évidemment des points positifs et des points négatifs pour les deux options, mais même si Caufield est déjà un excellent joueur, j’ai l’impression qu’il pourrait continuer de bien se développer pour atteindre un autre niveau. Si cela se produit, ça coûtera encore plus cher à l’organisation pour le mettre sous contrat à long terme et à l’ère du cap salarial, chaque sou qui peut être sauvé est important.

C’est évident que les résultats qu’il va obtenir cette saison vont dicter les chiffres sur son prochain contrat, mais selon moi, lui offrir un contrat similaire à celui de Nick Suzuki (8 x 7 875 000$) serait une excellente idée pour l’équipe et c’est fort possible que Caufield accepte une telle offre. Si l’avenue du contrat pont est empruntée et qu’au terme d’un contrat de, exemple, 2 ans à un salaire annuel de 4 000 000$, Caufield produit des chiffres encore plus impressionnant, c’est près de 10 000 000$ par saison qu’il pourrait coûter. Dans l’optique où il marquerait autour de 40 buts, évidemment.

Bref, je crois que le CH voudra se concentrer sur un long terme et je crois que le camp Caufield sera en harmonie avec cette option! 8 saisons à un salaire annuel avoisinant les 8000 000$, signe en haut, signe en bas!

J’adore ta question! J’ai très souvent mentionné le fait que pour moi, au repêchage, tu devais TOUJOURS sélectionner le meilleur joueur disponible et non le joueur qui pourrait combler un besoin dans ta formation dans 3-4-5 ans. Et la transaction Romanov est un excellent exemple de ce que je prêche depuis toujours.

Repêcher un joueur pour éventuellement combler un besoin, c’est peu pertinent selon moi parce que le développement de chaque joueur se fait sur un rythme différent et dans plusieurs situations, le besoin organisationnel aura eu le temps de changer avant que le joueur ait atteint sa maturité (s’il l’atteint!) suffisamment pour occuper le poste que tu avais en tête pour lui. Lorsque tu repêches le meilleur joueur disponible, tu te donnes beaucoup de munitions pour des éventuelles transactions parce que même si tu as une position contingentée au sein de ton organigramme, tu peux te servir de ce surplus de qualité à une position X pour aller combler ton besoin réel en date du moment présent. Et c’est exactement ce qu’a fait Kent Hughes en transigeant Alexander Romanov, un défenseur gaucher, pour un choix qui allait être transigé à nouveau pour Kirby Dach.

C’est connu, à la défensive, le CH avait un bassin d’espoirs très garni avec notamment Kaiden Guhle, Jordan Harris, Arber Xhekaj, Logan Mailloux, Justin Barron, Mattias Norlinder, Jayden Struble et j’en passe. Du nombre, il n’y avait que Logan Mailloux (qui était dans un contexte d’incertitude), et Justin Barron qui étaient droitiers. Il y avait donc un surplus flagrant d’espoirs gauchers à la ligne bleue du CH et Kent Hughes a profité d’un surplus de qualité pour combler un besoin organisationnel au centre. D’où l’avantage de repêcher le meilleur joueur possible peu importe la situation et de gérer le (surplus de) talent plus tard.

Clairement, c’est la raison principale du pourquoi Kent Hughes a procédé à la transaction. Ensuite, a-t-il eu vent de certaines frasques hors-glace? C’est bien possible!

En premier lieu, je voudrais mentionner que j’ai adoré la transaction qui a amené Sean Monahan avec le CH parce que peu importe le rendement qu’allait donner le centre de 28 ans, acquérir un choix de 1er tour « gratuitement » est toujours gagnant. Ensuite, c’est vrai que j’ai exprimé certaines réserves quant à son potentiel de production offensive, mais c’était directement lié à la précarité de son état de santé et non à son talent ou à sa volonté sur la glace.

En santé, Monahan est facilement capable de produire entre 60 et 70 points par saison. Le problème, c’est qu’il a rarement été en santé lors des dernières saisons. Il s’est absenté pour plusieurs rencontres et n’était pas à 100 % pour la majorité de celles qu’il a jouées, lui qui a subi pas moins de 7 opérations depuis 2017, dont une à la hanche gauche et une à la hanche droite. Certaines personnes croyaient même qu’il allait malheureusement devoir annoncer sa retraite à un jeune âge à cause de tous ces problèmes.

Mais bon, Sean Monahan a très bien paru lors du calendrier préparatoire (je l’ai souligné à plusieurs reprises, d’ailleurs) et il a également été très bon lors du premier match de la saison face aux Leafs en marquant notamment un but. S’il peut demeurer loin de l’infirmerie et poursuivre sur le rythme qu’il a établi depuis le premier jour qu’il a enfilé le chandail Bleu-Blanc-Rouge, la transaction de Kent Hughes s’avérera un véritable vol! Maintenant, voudra-t-il lui offrir une prolongation de contrat ou capitaliser sur sa valeur marchande à la date limite des transactions? À suivre, j’imagine!

Il est évidemment tôt pour se prononcer puisqu’on ne sait pas le genre de saison que les joueurs vont connaître, mais prêtons-nous tout de même à l’exercice! C’est généralement les joueurs qui deviendront « autonomes sans restrictions » qui sont des cibles alléchantes pour les autres équipes et le CH peut en compter 5 au terme de la présente campagne : Sean Monahan, Jonathan Drouin, Evgenii Dadonov, Paul Byron et Corey Schueneman.

Du lot, Sean Monahan est clairement celui qui pourrait rapporter le plus au Tricolore. Tel que mentionné plus haut, la saison que ces joueurs connaîtront sera en grande partie ce qui va dicter leur valeur marchande, mais s’il demeure en santé, Monahan risque de se tenir au sommet de cette liste en mars prochain. S’il peut récolter quelque chose comme 40 points en 60 matchs, je ne serais pas étonné qu’un club désire offrir un choix de 1er tour pour ses services (ou un espoir équivalent) dans le contexte où le CH retiendrait 50 % de son salaire. Monahan a non seulement un talent offensif indéniable, mais il est également un joueur très apprécié dans le vestiaire et il a 30 matchs d’expérience en séries, ayant récolté 21 points. Je sais que certaines personnes vont douter de mon affirmation, mais à chaque saison, on a tendance à sous-estimer à quel point les DG sont prêts à payer le gros prix pour améliorer leur formation à la date limite. À titre d’exemple, il faut se rappeler que les Oilers ont offert un choix de 2e ronde (devenu Lane Hutson) au CH pour acquérir le défenseur Brett Kulak alors que certaines personnes avançaient qu’il ne rapporterait pas plus qu’un choix de 4-5e ronde.

Ensuite, les cas de Jonathan Drouin et Evgenii Dadonov sont aussi intrigants parce que le potentiel offensif est là, c’est l’effort qui y est parfois moins. S’ils peuvent connaître une production offensive potable et, encore une fois, que Kent Hughes accepte la mécanique de rétention de salaire, ils pourraient tous deux rapporter des choix intéressants au repêchage.

Pour ce qui est de Paul Byron, il est blessé et l’avenir ne semble pas très prometteur pour lui. Corey Schueneman pourrait possiblement rapporter un choix de 6-7e ronde si une équipe désire avoir une police d’assurance supplémentaire, mais il y a davantage de chances qu’il termine sa saison avec l’équipe.
Bref, Sean Monahan!

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser, je crois que Jake Evans possède une certaine valeur marchande. Et non, je ne parle pas d’un choix de premier tour ou d’un espoir de catégorie « A ». Sans être un joueur extrêmement attrayant du regard du partisan, Evans a plusieurs cordes à son arc qui peuvent le rendre intéressant aux yeux des DG de d’autres clubs.

Tout d’abord, il a un excellent contrat, lui qui compte pour 1 700 000$ sur la masse salariale pour cette saison et les deux prochaines. Il est capable d’apporter un peu d’offensive tel qu’en témoignent ses 29 points (dont 13 buts) en 72 rencontres la saison dernière et tout ça en étant employé dans un contexte loin d’être optimal à la production offensive. Il a obtenu plusieurs mises au jeu en zone défensive et du temps en infériorité numérique ce qui, évidemment, attire rarement une transposition en points, mais demeure un aspect de son jeu très apprécié par les entraîneurs. Son jeu défensif est clairement au niveau et son pourcentage de réussite sur les mises au jeu frôlent le 50 %, ce qui est considéré potable.

Maintenant, devrait-il être l’agneau sacrifié par le Canadien considérant le surplus d’attaquants? Ça dépend évidemment de ce qu’un DG est prêt à donner pour ses services versus ce qu’il serait prêt à donner pour les services d’un autre joueur comme Monahan, Drouin ou Dadonov, par exemple. Mais c’est certain qu’il n’est pas un intouchable et qu’à moyen terme, plusieurs espoirs dans le bassin du CH seraient capables d’accomplir la besogne effectuée par Evans présentement. Un Owen Beck ou un Jan Mysäk, par exemple.

Pour ce qui est des clubs intéressés, je regarderais du côté des équipes qui aspirent à participer aux séries éliminatoires et manquent de profondeur dans leur « bottom 6 ». Possiblement les Predators, le Wild ou peut-être même les Flames. Il faudrait probablement s’attendre à un choix de 3e tour plus un espoir marginal en retour de ses services, ou peut-être un choix de 2e ronde si un club désire réellement acquérir ses services!

À l’instar de Juraj Slafkovsky, Wright n’a pas beaucoup été utilisé par son entraîneur lors du premier match de la saison et selon moi, c’est parfaitement normal et aucunement négatif. Ces jeunes ont beau avoir un énorme talent et un potentiel indéniable, la marche entre le junior/la Liiga et la LNH est très considérable et ils devront tranquillement s’habituer à un nouveau rythme très différent de celui qu’ils ont connu.

J’aime bien la stratégie de leur faire goûter à un match de la LNH sans les mettre dans des contextes trop difficiles et sans les surtaxer. Ils peuvent comme ça avoir une idée de ce qui en est et sauront mieux se préparer pour les prochaines rencontres en ayant eu un avant-goût de ce qui les attend tout le long de leur carrière! Wright a d’ailleurs été laissé de côté pour le deuxième match du Kraken et je ne crois pas que ce soit négatif de laisser un jeune joueur comme ça étudier la « game » de la galerie de presse. Avoir une vision extérieure sur quelque chose peut clairement aider à comprendre certains aspects plus difficiles à comprendre lorsque tu baignes dedans!

C’est tout pour cette semaine, encore une fois un énorme merci pour vos nombreuses questions et on se dit à la semaine prochaine!

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