L’acquisition de Piette en 3 points | Orlando 2.0 au Stade Saputo

C’est sans aucune surprise, comme l’a habilement noté l’Impact dans son annonce, que Samuel Piette a été officiellement introduit comme nouveau milieu défensif de l’Impact de Montréal jeudi dernier.

Informations via les réseaux sociaux ou simple logique, il était devenu évident pour pratiquement tout le monde que Piette et l’Impact avaient un «match parfait». Malgré tout, le transfert de Piette est intéressant à plusieurs égards pour les partisans de l’équipe. Tant au niveau du type de joueur qu’il est, de son processus d’acquisition que son possible impact sur la saison 2017. Revenons-y en 3 points.

1. Enfin un 6

Depuis l’arrivée de l’Impact en MLS, c’est clair pour pratiquement tout le monde. La priorité est de se trouver un vrai milieu défensif, un vrai #6 capable de jouer physique pour récupérer les ballons, assez confiant balle au pied pour chercher à s’impliquer dans toutes les phases du jeu, détenant une assez bonne prise de décision pour savoir quand temporiser et quand briser les lignes, et surtout ayant la capacité de faire ces trois choses sur une base régulière.

On verra pour ce qui est de la base régulière, mais de ce qu’on a pu voir cette année avec la sélection canadienne, Piette coche toutes ces cases, c’est ce qu’il aime et veut faire. Évidemment, seulement quelques matchs et des circonstances différentes, un niveau de jeu distinct, rendent toute comparaison ou transposition difficile, mais reste que je le vois être en mesure de démontrer ces qualités en MLS.

Finalement, après quelque 5 ans en MLS, l’Impact va chercher un milieu défensif complet. Et québécois de surcroît.

2. Les matchs à la télé

En plus d’être un bon joueur de foot, Samuel Piette est fort intéressant à écouter et il sait bien transmettre ses pensées, en paroles comme en mots. Il a notamment rédigé un texte très intéressant sur la plateforme Sansfiltres, où il revient sur son parcours européen débuté à l’âge de 14 ans et l’ayant transporté à travers divers chamboulements personnels, culturels. Au-delà du foot, l’homme est vraiment intéressant à découvrir.

Il s’est montré tout aussi brillant dans sa première conférence de presse en bleu blanc noir, mais une de ces réponses m’a particulièrement fait sourciller. Questionné sur le processus de recrutement qui l’a mené à s’entendre avec l’Impact et revenir au Québec, Samuel Piette a mentionné que la Gold Cup s’était trouvée instigatrice de cette approche. Selon lui, le fait que ses matchs avec l’équipe canadienne étaient télédiffusés ici, à Montréal, ont forcé/encouragé Adam Braz et compagnie à regarder en sa direction. Sans oublier les partisans et le désormais fameux #BringSamToMTL

C’est donc dire que sans la Gold Cup et le hype médiatique qu’il a engendré, Samuel Piette serait toujours en Espagne actuellement, encore en D3 ou désormais en D2? C’est évident que tous les joueurs doivent profiter de l’exposure médiatique pour se faire voir, connaître, mais comment l’Impact peut-il être endormi à ce point au niveau recrutement pour «attendre» un hype avant d’établir un lien clair et fort avec un jeune québécois comme Piette?

On a souvent parlé et douté du système de recrutement de l’Impact, qui semble passer quasi-exclusivement par la liste de contacts de Nick De Santis auquel on peut aujourd’hui ajouter les « matchs qui passent à la télé», et il faut avouer que c’est franchement inquiétant. Une bonne équipe passe par un bon recrutement, et l’absence d’investissement en recruteurs de métier est en train de durement rattraper l’Impact.

Ne vous détrompez pas, j’applaudis l’arrivée de Samuel Piette, et je la souhaitais ardemment. Reste qu’il ne faut pas pour autant se fermer les yeux sur les circonstances qui l’entourent.

3 – Dauphin du capi

Samuel Piette est en Europe depuis déjà plus de 7 ans, et on peut en oublier qu’il n’a que 22 ans. C’est jeune, très jeune. Sa courbe de progression, technique comme mentale, est loin d’être finale. La fin de saison 2017 permettra de bien évaluer son potentiel, mais je n’ai aucun doute qu’il puisse être un joueur efficace et régulier en MLS, à court ou moyen terme.

De par son fait québécois, son tempérament charismatique et ses capacités en tant que joueur, il devient d’office le dauphin du capitaine Patrice Bernier comme «représentant» québécois en excellence parmi le onze montréalais. Les bras meurtris de Patrice lui tendent le flambeau, qu’ils pourraient dire…

Sera-t-il une étoile filante dans l’histoire de l’Impact qui n’aura brillé que le temps d’une compétition internationale? S’inscrira-t-il dans l’histoire montréalaise en accompagnant l’Impact et la MLS dans son ascension continue vers un niveau de jeu digne des bonnes ligues de ce monde ? Se développera-t-il à un point que l’Impact aura l’option de revendre son contrat vers l’Europe en engrangeant un profit?

L’histoire ne fait encore que débuter.

ORLANDO x IMFC
Si on sait maintenant que le match de ce soir ne sera pas encore le premier de Samuel Piette avec son nouveau maillot, les partisans n’auront pas non plus la chance de voir Ballou ou Kyle Fisher en uniforme.

https://twitter.com/samuelpiette/status/893806738377453569

Malgré tout, ce sera la première fois depuis un bout de temps que les Dzemaili, Piatti, Mancosu, Bernier et Donadel pourront être utilisés ensemble, d’entrée de jeu. Cette force de frappe devra être mise à profit et bien utilisée par le schéma tactique de Mauro Biello, à tout le moins mieux que la semaine dernière à New York, et ils doivent trouver le moyen de marquer au moins 2 buts, surtout à la maison. Ils ont le talent pour le faire, à Biello de bien le mettre en valeur.

À New York, on a également vu toutes les limites du jeu de Daniel Lovitz. Remplaçant honnête, il ne peut être partant semaine après semaine pour une équipe qui veut faire les séries, et il nous fait de plus en plus regretter la blessure à Ambroise Oyongo. Au moins, Shaun Francis devrait être en mesure de faire ses débuts, et de démontrer s’il peut être aussi utile et décisif qu’il l’a été avec la Jamaïque face au Canada.

Oduro ou Salazar sur la droite? J’ai l’intuition que Biello continuera d’y aller avec Salazar, mais j’aimerais bien voir Dominic Oduro (Oui, vous avez bien lu). Il est en punition depuis longtemps, et il a historiquement bien réagi suite à de telles léthargies. Pourquoi ne pas prendre une chance avec lui? Ou le «montrer» aux autres équipes qui chercheraient de la profondeur?

Finalement, est-ce que Maxime Crépeau obtiendra un deuxième départ de suite et un premier à domicile? Espérons-le. Il mérite un autre match après la déconfiture de l’équipe devant lui au Red Bull Arena. De plus, si Mauro Biello a décidé qu’Evan Bush a perdu son filet, il doit donner toutes les chances à Crépeau de démontrer qu’il est un premier gardien, ou pas.

XI PARTANT

Piatti, Mancosu, Oduro
Dzemaili, Donadel, Bernier
Francis, Ciman, Cabrera, Duvall
Crépeau

Orlando a connu quelques difficultés après un bon début de saison, mais à l’inverse de l’Impact, leur staff semble vouloir y aller all-in pour les séries, probablement pendant que Kàkà est encore dominant. En plus de l’ajout de Dom Dwyer via transaction, un troisième joueur désigné vient tout juste d’être annoncé. Il ne sera pas disponible ce soir, mais fera probablement indirectement très mal aux Montréalais d’ici la fin de saison…

Orlando n’est pas le seul compétiteur direct de l’Impact à s’améliorer, alors que Colombus vient d’annoncer le transfert d’un joueur désigné pour plus de 2 millions d’euros. Un petit marché Colombus, et pourtant…

https://twitter.com/ZoneSCBraga/status/893799400472023040

L’Impact s’est pour le moment contenté de Samuel Piette… C’est une excellente nouvelle, mais pas assez pour rivaliser avec les autres. Nonobstant les fameux matchs en main…

Commentez, partagez, et suivez-moi sur Twitter et Facebook.

ALLONS!

PLUS DE NOUVELLES