La situation à la ligne bleue du CH est (très) préoccupante

Au cours de la dernière année, Shea Weber, Ben Chiarot, Jeff Petry, Brett Kulak et Alexander Romanov ont tous quitté le Canadien, laissant derrière eux un trou béant en défense. Évidemment, l’équipe est en reconstruction donc ce n’est pas la fin du monde et d’une certaine manière, c’est même un peu souhaitable.

Sauf qu’avec la blessure à Joel Edmundson et les performances décevantes de certains jeunes au camp d’entrainement, on commence de plus en plus à s’apercevoir que le problème est plus grave que prévu. Stéphane Waite l’a exprimé de manière plutôt claire à L’Antichambre.

À titre indicatif, Johnathan Kovacevic, le défenseur réclamé hier au ballottage pour « patcher » le trou, n’a joué que quatre matchs dans la LNH, mais 137 dans la Ligue américaine.

Bref, quand on a besoin de l’aide d’un défenseur qui est clairement plus apte à jouer en bas qu’en haut, c’est que l’heure est grave.

Kent Hughes pourrait en ajouter un autre via le ballottage ou une transaction dans les prochains jours, mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’un joueur de grand calibre soit acquis.

Oui, le club est en reconstruction, mais il y a une limite à la porosité que la défense peut avoir sans que ça affecte négativement l’équipe. 

D’abord, Martin-St-Louis a répété sans cesse qu’il veut être plus compétitif cette année, ce qui ne se fera pas si le club accorde quatre buts par match, surtout qu’offensivement, la relance des défenseurs sera beaucoup plus difficile.

Mais aussi, un manque de profondeur à la ligne bleue va finir par affecter le développement des jeunes défenseurs.

Oui, Kaiden Guhle est prêt pour la LNH, mais est-ce une bonne idée de le faire jouer 22 minutes par matchs, en plus de passer du temps en infériorité numérique?

Justin Barron et Jordan Harris ont montré en pré-saison qu’ils n’étaient tout simplement pas prêts pour jouer à Montréal. S’ils se retrouvaient forcés à le faire, leur développement serait précipité et ils ne seraient pas en mesure de travailler sur leur jeu comme s’ils évoluaient à Laval. 

Il est primordial pour Kent Hughes de ne pas répéter les erreurs qui ont été commises par Marc Bergevin en ce qui a trait au développement des jeunes défenseurs. Ce dernier a laissé partir trop de vétérans à la ligne bleue et il a été forcé de faire jouer des jeunes, comme Victor Mete, qui n’étaient tout simplement pas prêts pour la LNH.

Mete n’est finalement jamais devenu un grand joueur, mais il serait probablement devenu un meilleur défenseur s’il avait passé un an de plus à London et une saison ou deux à Laval, au lieu d’être avec le Tricolore à l’âge de seulement 19 ans sur un premier duo avec Shea Weber.

On pourrait dire la même chose de Jesperi Kotkaniemi. Si le Canadien n’avait pas une ligne de centre aussi faible en 2018, il n’aurait jamais fait l’équipe et aurait pu se développer en Finlande ou à Laval.

S’agit-il d’un premier faux pas de Kent Hughes depuis son arrivée à Montréal?

On aura la réponse dans les prochaines semaines, mais il faut espérer que la situation se redresse afin d’éviter de trop en mettre sur les épaules des jeunes arrières.

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