Juraj Slafkovsky : l'échangeriez-vous contre Leon Draisaitl?
Crédit: Capture d'écran | Twitter Habs on Reddit

Oh qu'il fait jaser ces jours-ci, le bon Slafer!

Ce matin, il a littéralement conduit sa Slovaquie natale au premier rang de son groupe en phase préliminaire.

Puis, voilà qu'on le retrouve en tête des marqueurs du très relevé tournoi olympique devant, disons, pas exactement devant des inconnus.

(Capture d'écran : IIHF.com)

En voilà un qui a de plus en plus l'air d'un excellent premier choix au total, finalement!

Ah, tiens, ça me rappelle vaguement un article de journal qui a un peu mal vieilli

Blague à part, à l'été 2024, après une campagne de 50 points à sa deuxième saison à seulement 19 ans, c'est Slafkovsky qui s'était mérité la première place de notre traditionnel classement estival des espoirs les plus importants du CH.

Déjà convaincu que leur joyau ne sera pas un feu de paille, ses patrons venaient de lui consentir un contrat de 8 ans à hauteur de 7,6 M$ par année.

À la lumière de cette nouvelle entente de 60,8 M$ qui se terminera en 2033, j'avais alors déclaré que « très peu de joueurs de hockey auraient clairement une plus grande valeur marchande que Slafkovsky sur la planète hockey ».

Même en considérant, l'âge, les contrats, la rareté et le talent des joueurs, certains avaient ri et d'autres avaient été piqués au vif lorsque j'avais osé comparer sa valeur sur le marché avec celle de plusieurs gros noms comme Marner, Matthews, Rantanen, les Tkachuk, Barkov, Draisaitl, Kucherov, Celebrini, etc.

Personne ne frappe pour 1.000, mais c'est sans doute une de mes prédictions qui risque de mieux vieillir.

Bien sûr, Celebrini n'avait pas encore donné un seul coup de patin dans la LNH et il a rapidement déjoué les pronostics des plus optimistes à son sujet. On peut maintenant dire qu'il est dans une classe à part.

Tout le monde échangerait Slafkovsky contre Celebrini tous les jours de la semaine et deux fois le dimanche. Celebrini est en train de devenir un joueur générationnel sous nos yeux.

Mais pour les autres, considérant leur âge, les bobos, les contrats, et tutti quanti, si vous imaginez ce que Slaf vous donnera et ce qu'il vous coûtera jusqu'en 2033, l'échangeriez-vous contre l'un deux?

Concentrons nous sur trois joueurs ayant des valeurs « comparables » particulièrement pertinents pour cet exercice.

Contre Kucherov?

Oui, à 32 ans, Kucherov lui est de loin supérieur et, dans le meilleur des mondes, pourrait être encore très bon pendant 5, voire 7 ans.

Mais à 21 ans et même à 22 ans, il n'était qu'un joueur de 65-66 points par année, exactement comme Slaf !

Il faut aussi considérer que Kucherov aura 34 ans en juillet 2027 lorsqu'il paraphera sa prochaine entente qui pourrait avoisiner le 14-15 M$ annuellement, soit le double du bon Juraj…

Donc, si vous voulez gagner maintenant et que vous avez beaucoup de dollars sous le plafond dans les prochaines années, c'est sûrement une transaction que plusieurs feraient.

Peut-être que, dans l'absolu, à travers toute la LNH, la valeur de Kucherov est supérieure à celle de Slafkovsky.

Peut-être aussi que Julien BriseBois exigerait plus que Slafkovsky en retour de Kucherov.

Mais peut-être pas non plus!

Surtout si, comme pour Stamkos, il se montrait frileux à l'idée d'offrir des gros dollars à un mi-trentenaire à l'aube du déclin…

Donc, pour moi c'est non!

Tout considéré, je n'échangerais pas Slafkovsky contre Kucherov, même si j'avais la garantie que ce dernier poursuivrait sa carrière à Montréal jusqu'en 2033.

Et pour le CH, dans son contexte, ce serait probablement non aussi…

Contre Rantanen?
J'avais parlé l'an dernier d'une comparaison entre Slafkovsky et Rantanen lorsque ce dernier a paraphé son entente de 8 ans/ 96 M$ avec Dallas.

À 29 ans, 12 M par année pour encore 7 saisons, Rantanen a enregistré 87 points en 74 matchs depuis qu'il a été acquis par les Stars. Et n'oublions pas ses 22 points en 18 matchs de séries l'an passé.

C'est très, très bien.

À 21 ans, au Colorado, il avait aussi connu sa première grosse saison : 84 points.

Mais, au même âge, combien de points Slafkovsky obtiendrait-il cette saison, s'il avait la chance de former un duo avec un jeune MacKinnon capable de faire 97 points en 74 matchs?

En tout cas, depuis qu'il forme la paire avec une future supervedette comme Demidov, il a récolté 30 points à ses 28 derniers partie.

Ça donne une idée!

Et ça ressemble étrangement au rythme du Rantanen de l'époque.

Donc, non, je n'échangerais pas Slaf à 7,6M$, déjà capable d'un point par match depuis sa plus récente explosion, pour un Rantanen de 12 M$, plus vieux et moins fringuant « dans les coins »…

Pour ce que ça vaut, sur la même patinoire, l'autre jour contre la Finlande, le jeune Slovaque a carrément mis le vétéran Rantanen dans sa petite poche. Ça avait aussi été le cas lors du match du 4 janvier à Dallas…

Contre Draisaitl? 

Leon Draisaitl est l'un de mes joueurs préférés.

À 30 ans, il en est à la première année d'un contrat de 8 ans qui l'enrichira de 14 M$ à chaque cycle complet de la Terre autour du Soleil.

À 21 ans, à sa deuxième saison complète dans la LNH, il enregistrait 77 points en 82 matchs.

À 22 ans, petite régression : il en a cumulé 70 en 78 parties.

Mais, faut-il vous rappeler le nom du gars avec qui il évoluait plus souvent qu'autrement?

Un certain Connor McDavid avait enregistré 100 et 108 lors de ces deux saisons…

C'est finalement à 23 ans que Draisaitl connaîtra sa première saison de 50 buts et de plus de 100 points (105), tandis que son bon ami McDieu en fera 116.

Et donc, c'est à sa quatrième saison complète – à 23 ans, rappelons-le – que Draisaitl est devenu Dr. Drai.

Un joueur absolument dominant.

Un des deux meilleurs marqueurs naturels de sa génération avec Auston Matthews.

Toutes proportion gardées – il ne jouera probablement jamais avec un joueur de la trempe de McDavid – je ne sais pas si Slafkovsky atteindra un jour le niveau de jeu d'un Draisaitl.

Peut-être que oui, peut-être que non.

Il possèdera le gabarit, la fougue, le patin, la force, probablement le talent de passeur, mais parviendra-t-il a avoir ce niveau de confiance avec la rondelle? Pourra-t-il améliorer son tir et sa dégaine au même niveau que l'Allemand?

Peut-être!

Pourra-t-il devenir un joueur aussi utile et complet que Dr. Drai?

Peut-être!

Mais, il lui faudra encore atteindre un autre niveau, connaître un genre d'explosion 3.0.

Donc, question philosophique de la semaine, considérant âge, contrat, talent, organigramme et jeunes espoirs du CH, fenêtre d'opportunités et tout et tout, est-ce que vous échangeriez Slaf contre Draisaitl, là-là?

Je vous laisse y réfléchir avant de vous lire sur Facebook, et peut-être Twitter/X (si je me rends là)!