Dylan Larkin : Les Red Wings n'ont qu'eux à blâmer
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La semaine dernière, en parlant d'une éventuelle transaction incluant Michael Hage, on écrivait ceci :

La chasse au très gros gibier passe assurément par [Hage] comme tête d'affiche. Si le retour n'inclut pas un joueur de centre de la trempe de Connor McDavid, Leon Draisaitl, Sidney Crosby, Nico Hischier, Robert Thomas ou Quinton Byfield, Hughes et Gorton feraient probablement mieux de se montrer patients.

Évidemment, cette liste n'était pas exhaustive, mais en incluant Byfield, elle donnait une très bonne idée de la catégorie minimale de joueurs pour laquelle une transaction impliquant Hage aurait du sens pour le Canadien.

Est-ce que j'inclurais Dylan Larkin, 30 ans en juillet, dans cette catégorie?

Assurément. Mais il serait assez loin d'être l'option optimale.

D'ailleurs, j'avais déjà longuement discuté d'un scénario impliquant Larkin l'été dernier. On se rappelera de cet « échange » épique entre Larkin et son patron Steve Yzerman lors du bilan de l'équipe :

Passons pour le leadership, donc…

Mais côté hockey, Larkin est similaire à Nico Hischier à bien des égards. Et bien qu'il faille prendre en considération qu'il est de deux ans son aîné, le fait qu'il soit sous contrat pour encore 5 ans pour un digeste 8,7 M$ annuel rend l'idée encore raisonnable.

Mais que voudraient les Red Wings? Et seront-ils intéressés à transiger avec le Canadien, un club de leur division?

Disons que Steve Yzerman n'a pas souvent fait affaire avec le Tricolore, mais lorsqu'il l'a fait ç'avait été payant pour lui.

En 2017, à Tampa Bay, il avait obtenu Mikhail Sergachev et un choix conditionnel de 2e tour contre Jonathan Drouin!

Donc, il ne serait certainement pas fermé à l'idée. Mais il faudrait vraiment qu'il y trouve son compte : on discute de Hage bien sûr, mais aussi d'un joueur aguerri comme, par exemple, Kaiden Guhle et d'un choix de première ronde.

Et, à ce sujet, il faut d'abord établir la direction que doivent prendre les Red Wings, maintenant que Larkin a décidé qu'il en avait assez.

Et pourquoi en a-t-il eu assez?

Après avoir réalisé un coup de génie en 2014 avec Dylan Larkin (15e) – mais fendu l'air en 2015 (Evgeny Svechnikov, 19e) et 2016 (Dennis Cholowski, 20e), ils ont sélectionné dans le top 10 sept années de suite (!) entre 2017 et 2023.

Or, les cerveaux des Wings n'ont tout simplement pas assez souvent repêché le bon joueur durant cette période cruciale.

C'est là que ça s'est surtout joué.

Genèse d'un fiasco

Au 9e rang en 2017, on repêche le gros et grand centre canadien Michael Rasmussen. Les quatre choix qui ont suivi ont été dans l'ordre : Owen Tippett, Gabriel Vilardi, Martin Necas et un certain Nick Suzuki

En 2018, au 6e rang, on se tourne vers le Tchèque Filip Zadina, un flop monumental qui évolue à Davos depuis deux ans, plutôt que de repêcher le p'tit gars de la place : Quinn Hughes, évidemment choisi tout de suite après par les Canucks. Au pire, si on voulait à tout prix éviter de choisir un «petit défenseur », Evan Bouchard (10e) et Noah Dobson (12e), n'auraient pas trop mal fait…

On frappe enfin dans le mille en 2019 avec l'audacieux choix de Moritz Seider au 6e rang, et on réplique en 2020 au 4e rang avec Lucas Raymond.

Voilà au moins deux joueurs autour desquels on peut construire.

Mais ce sera beaucoup moins concluant lors des trois repêchage suivants.

2021, 6e rang : Le gros défenseur Simon Edvinsson, un choix sécuritaire, vraiment pas mauvais, mais pas optimal. William Eklund et Dylan Gunther sont repêchés au 7e et 9e rang, sans oublier Wyatt Johnston au 23e rang…

2022, 8e rang : Le fougueux centre Marco Kasper. Encore ici, pas le pire choix, mais pas meilleur que Pavel Myntyukov (10e), Denton Mateychuk (12e), Frank Nazar (13e) et Jimmy Snuggerud (23e). Et non, je ne parlerai pas de Lane Hutson (62e)!

2023, 9e rang : un autre centre, Nate Danielson. Le jury n'a pas encore rendu son verdict final sur Danielson, mais le verdict provisoire est déjà sans appel : Zach Benson (13e) était le meilleur joueur disponible.

Ainsi, sans s'aventurer plus loin que le repêchage de 2021, les Wings auraient pu très réalistement compter sur un noyau dur composé de Dylan Larkin, Nick Suzuki, Quinn Hughes, Moritz Seider, Lucas Raymond et Wyatt Johnston.

Deux joueurs de centre 1A-1B de qualité.

Deux défenseurs 1A-1B de très grande qualité.

Et deux excellents ailiers de premier trio.

Voilà une superbe base pour un club champion!

Quand Dylan Larkin exprime aujourd'hui le désir de quitter Detroit, il le fait probablement, entre autres, à cause de toutes ces occasions ratées par ses patrons au repêchage…

Acquérir Alex Debrincat en 2023 pour une bouchée de pain et mettre sous contrat Patrick Kane à un prix d'ami n'aura malheureusement pas suffit pour boucher les trous…

Le Canadien, un modèle pour les Wings?

Pendant ce temps, entre 2018 et 2024, le Canadien, par voie de repêchage et de transactions, a mis la main sur Suzuki, Dobson, Caufield, Slafkovsky, Hutson et Demidov, 6 joueurs de 26 ans et moins qui figurent aujourd'hui dans toutes les discussions du top 5 de leur repêchage respectif.

Et on n'a pas parlé des Dach (2019), Newhook (2019), Guhle (2020), Dobes (2020), et Bolduc (2021) qui doivent tous être considérés dans le top 15 de leur année respective, sans oublier Hage et Zharovsky, toujours dans « l'oléoduc », eux aussi déjà anticipés par plusieurs experts comme dignes du top 15, voire top 10

Bref, les Wings doivent ou devraient à nouveau reconstruire.

Le feront-ils autour de Seider (25 ans) et Raymond (24 ans) avant qu'il ne soit trop tard?

Très bonne question…

Lorsque Hughes et Gorton ont décidé de conserver Suzuki et Caufield à l'été 2022, ces derniers avaient respectivement 23 et 21 ans… La question ne se posait pas vraiment.

Chose certaine, ils ne peuvent pas échanger Larkin, contre un autre Larkin!

Ils viseront principalement un bon jeune joueur de centre déjà établi (un genre de Matt Beniers à Seattle ou Michael Misa à San Jose?), soit un espoir avec le profil de Michael Hage, soit un choix top 5.

Car n'oublions pas que les Wings n'ont pas de choix de première ronde cette année! Ils l'ont échangé l'hiver dernier pour mettre la main sur Justin Faulk, 34 ans, joueur autonome à l'été 2027!

À cet égard, si les Rangers veulent faire un retour en séries dès l'an prochain, leur choix au 5e rang serait peut-être tentant pour les Wings si jamais ces derniers voulaient s'élancer pour la longue balle sur des Wyatt Cullen ou Viggo Björck de ce monde. Mais ne misons pas trop là-dessus…

En somme, si l'été s'annonce chaud et ensoleillé à Montréal avec toutes les possibilités de transactions pouvant faire progresser l'équipe, celui de Steve Yzerman à Detroit – s'il conserve son poste – s'annonce plutôt orageux avec possibilités d'éclaircis en fin de journée…