La défensive gagne-t-elle vraiment les championnats au hockey? | Plutôt l’offensive…

Parce que l’enjeu est le plus grand et le moindre but peut avoir une influence sur le dénouement d’une série, on a longtemps pensé qu’au hockey comme dans tous les autres sports, c’était les défensives qui gagnaient des championnats.

En théorie, il est plus facile d’empêcher un but d’être marqué contre son camp que d’en inscrire un. Les bonnes défensives peuvent neutraliser les meilleures offensives. Les gardiens sont alors dans leur élément. L’autre équipe est frustrée. Le tour est joué. Voilà une formule gagnante.

Mais il semble que ce n’est pas tout à fait vrai. Un mathématicien sous le pseudonyme de « Ineffective Math » a découvert dans une de ses études que les équipes qui veillaient tard en séries éliminatoires sont souvent celles qui dominent en offensive, et pas toujours celles qui accordent le moins de tirs. En revanche, la tenue des gardiens a elle aussi une forte corrélation avec les succès durant le tournoi printanier.

On en a de bons exemples durant les séries de 2016, avec les Penguins de Pittsburgh, entre autres, qui donnent de la crédibilité à cette théorie. Ils ont un quart-arrière dynamique contribuant beaucoup en offensive (Letang), entouré de plusieurs défenseurs de soutien de « bon » à « décent » (Dumoulin, Daley, Lovejoy, Schultz). On ne vendait pas cher leur peau quand Maatta s’est blessé et Letang a manqué un match, mais ils ont réussi à défier la logique et empiler les victoires, en grande partie grâce à leurs quatre lignes d’attaque et leur jeune gardien fumant.

Et que dire du Lightning de Tampa Bay, qui a composé avec la perte de Stralman en employant parfois le vétéran Matthew Carle à la gauche de Victor Hedman. En l’absence de Stralman, Jon Cooper pouvait-il se targuer d’avoir un défenseur #2, voire un #3 digne de ce nom? Coburn a ralenti et n’est plus ce qu’il était. Idem pour Jason Garrisson. Andrej Sustr est bon, mais il n’en demeure pas moins un élément secondaire. Ce sont les attaquants Johnson, Kucherov et Drouin qui, avec Hedman, ont eu le plus grand impact.

Le hockey est essentiellement un jeu d’erreurs, et les équipes qui adopteront la mentalité de les limiter plutôt que de les provoquer se tireront dans le pied. Lors de la conquête du Lightning en 2004, Craig Ramsay et John Tortorella ont mis de l’avant la philosophie « Safe is death », signifiant que jouer pour ne pas se faire marquer était contre-productif, et qu’il fallait garder ouvertes les vannes même avec une avance d’un but.

Les équipes gagnantes n’aligneront pas forcément le meilleur groupe de défenseur, mais elles auront certainement:
– un quart-arrière dynamique (Shattenkirk/Pietrangelo, Burns, Keith, Letang)
– une attaque bien balancée (admirez la profondeur des Penguins)
– un excellent gardien

Une équipe au sommet de ses moyens écoulera beaucoup de temps dans la portion de glace adverse, et leurs défenseurs seront conséquemment moins impliqués, à moins qu’on leur demande d’appuyer l’attaque avec dynamisme. C’est là où entrent en jeu des défenseurs comme Letang qui peuvent agir comme quatrième attaquant, ou briller en avantage numérique. Si on ne laisse pas ce type de joueurs s’exprimer, on est condamné à donner la vulgaire fonction de coussin de sécurité à ceux qui campent la position d’arrière. Ainsi, un mauvais groupe de défenseurs ne peut que te faire perdre, alors que les attaquants en auront plein les bras pour procurer la victoire à leur équipe.

Ce que le Canadien doit en retirer, c’est qu’il vaut mieux laisser Subban agir en électron libre pour exploiter au mieux son talent. Un groupe de défenseurs articulé autour de lui devrait amplement faire le travail dans un système de jeu adapté à leurs forces et faiblesses. Toutefois, le Canadien devra ajouter deux ou trois attaquants talentueux à son top-9 s’il veut espérer bientôt prétendre à la Coupe Stanley. La progression de ses espoirs (Lehkonen, Reway, Andrighetto, Scherbak, Hudon, McCarron, Carr et cie) y jouera un grand rôle.

En rafale
– Les Canucks devront régler un problème semblable à celui du Canadien. (The Province)

– Jeremy Roenick croit que les Sharks seront de la grande finale, lui! (NHL.com)

– Que demandra Mark Scheifele? (Today’s Slapshot) #Contrat

– Le fardeau des Knights à la Coupe Memorial. (TVA Sports)

– L’espoir des Flyers de Philadelphie, Philippe Myers, domine dans les rangs juniors. (Philly.com)

– Elle fracasse un record du monde à 100 ans! (TVA Sports)

– L’Antichambre rejoint le débat!

Matthews est mon choix…

– La Russie enquête sur les soupçons de dopage de ses athlètes aux JO. (ICI Radio-Canada)

– Salut P.K. !

PLUS DE NOUVELLES