Therrien se remet en question | En rafale

Mardi dernier, Philippe Cantin de La Presse nous proposait une entrevue (à lire ici) fort intéressante qu’il avait faite avec l’entraîneur-chef des Canadiens, Michel Therrien.

Dans cette entrevue, Therrien semble moins sur la défensive que lors de ses points de presse et prend le temps d’expliquer son point de vue sur les événements de la dernière saison, son attitude face aux médias, sa relation avec PK et aussi sur ce qu’il entrevoit pour la prochaine saison.

Je ne reviendrai pas sur les événements de la dernière saison. On a tous envie de tourner la page et d’alimenter l’espoir en vue de la prochaine saison. L’espoir d’avoir un bon spectacle et des séries à Montréal, question d’éviter que la moitié de la population québécoise ne sombre dans la déprime et que l’économie puisse rouler en faveur des restaurateurs et des médias sportifs.

Ce qui m’a particulièrement interpellé dans les propos de Therrien, c’est ce qu’il compte faire pour ne pas que les insuccès se répètent. Voici notamment ce qu’il a répondu à Cantin qui lui demandait si la blessure de Carey suffisait à elle seule pour expliquer les déboires :

« Fie-toi sur moi: je ne m’assoirai pas sur mon divan en disant simplement: « J’ai hâte que Carey revienne. » Tu me connais mal si tu penses ça. On a déjà commencé l’analyse, comme après chaque saison. C’est un gros travail, avec beaucoup de rencontres et des études de vidéos. Même quand tu as du succès, tu dois agir ainsi. C’est la façon de progresser. Il faut rester à la page, planifier l’enseignement… »

Il a aussi parlé du manque de leadership au sein de son groupe, du fait que Bergevin et lui avaient mal évalué les capacités des jeunes leaders à faire face aux défis d’une telle saison. Il est revenu sur l’absence des Malhotra, Gonchar et Weaver qui a fait mal.

Bref, cette entrevue nous donne de bons indicateurs des plans de la direction pour la prochaine saison. D’abord, on peut penser qu’Andrew Ladd ou David Backes seront des cibles prioritaires. Mais ça, ce sera le travail de Marc Bergevin.

De son côté Therrien démontre qu’il remet en question un paquet de choses qu’il fait et qu’il est surtout très lucide par rapport à ses joueurs. La plupart des fans devraient lire les propos de l’entraîneur avant de dire que Therrien est déconnecté et qu’il agit comme s’il avait des œillères, avec une seule idée en tête.

Malgré ça, je me demande si Therrien est l’homme de la situation. Vous savez lorsqu’il est arrivé à Montréal, son rôle était de mettre de l’ordre dans le vestiaire et de donner une structure à une équipe qui semblait perdue. Et ça a fonctionné. Durant trois saisons, les Canadiens ont offert à leurs fans des victoires et de l’espoir en séries éliminatoires. Nonobstant que Price ait été le grand responsable ou non de tous ces succès, Therrien a aussi eu son gros mot à dire. On peut ne pas aimer le style de jeu qu’il préconise, mais il fait avec les joueurs qu’il a sous la main.

Ceci dit, il est très fréquent qu’un entraîneur qui a servi à redresser un vestiaire ne soit plus l’homme qu’il faut pour mener l’équipe à bon port. Dans toutes les entreprises il arrive qu’un secteur fonctionne moins bien et qu’on fasse entrer un gestionnaire pour restructurer les opérations. Il arrive aussi très souvent que ce gestionnaire en question parte relever de nouveaux défis ailleurs une fois sa besogne accomplie.

Est-ce que Therrien a sa part de responsabilités dans le fait que l’équipe a manqué de solutions à partir du mois de décembre? Absolument. Il n’était pas suffisamment près de ses joueurs pour aider son capitaine à regrouper l’équipe. Sa gestion du cas P.K. Subban est déficiente. Ce n’est certes pas un cadeau chaque jour de travailler avec un tel individu, mais c’est son travail d’y arriver. Personnellement, je pense qu’un coach comme Jacques Demers aurait trouvé une manière de faire.

Michel Therrien est un entraîneur expérimenté dans cette ligue. Il en a vu d’autres et il serait difficile de le remplacer et de penser que tout serait réglé. Au contraire. Mais Therrien n’est pas un maître de la communication et ça ne va pas s’arranger dans les prochaines années. C’est sa personnalité. Et c’est reconnu de nos jours qu’il faut un entraîneur qui sait se faire comprendre de ses joueurs. Le bâton et la carotte ne sont plus des outils pédagogiques.

Oui, les Canadiens vont amorcer la prochaine saison avec la même équipe de direction et le même personnel d’entraîneur que lors des quatre saisons précédentes. Mais si Price n’est pas au sommet de son art pour amorcer le calendrier 2016-2017, est-ce que Therrien aura de nouvelles recettes à proposer à ses troupiers pour, malgré tout, espérer avoir du succès?

Je lui souhaite parce que les fans auront la mèche courte et le proprio probablement aussi. Si Therrien remet en question son approche pour la prochaine saison, il est clair que Bergevin en fait de même de son côté. Et si le DG a toujours protégé son entraîneur, il pourrait commencer à prendre en considération qu’un changement pourrait être bénéfique.

Si j’étais à la place de Bergevin, j’aurais probablement cherché un nouvel entraîneur à la fin de la dernière saison. Mais je sais que je ne sais pas tout alors comment savoir si ça aurait réellement été la bonne solution. Mais Bergevin devra être très vigilent s’il ne veut pas que son équipe en échappe une autre.

Enfin, laissons le printemps et l’été faire leur effet et attendons de voir ce que le Tricolore saura faire en temps et lieu. Car d’une manière ou d’une autre, c’est le nom de Michel Therrien que Michel Lacroix prononcera lors du match d’ouverture en octobre prochain, peu importe ce qu’on en pense.

En rafale

– La LNH aux Jeux olympiques de 2018, ça ne regarde pas bien selon René Fasel (25Stanley)

– Le temps de jeu de Tarasenko est très faible pour ce qu’il apporte.

– L’obsession de la taille pour les recruteurs de la LNH n’est pas une panacée.

– Enfin ça joue dehors.

– GSP n’est pas en train de se préparer pour un combat à court terme.

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