Les États-Unis éliminés de la Coupe du Monde

« J’aimerais bien voir les équipes hot shot européennes tenter de se qualifier en CONCACAF »

Ce sont les paroles de Bruce Arena, ex-entraîneur du LA Galaxy récemment nommé à la tête de la sélection nationale des États-Unis. Arena mentionnait ces mots après la victoire décisive de 4-0 de son équipe sur le Panama la semaine dernière à Orlando. Alors à la veille du dernier match de qualification à l’étranger face au Trinidad-et-Tobago, les Américains demeuraient relativement confiants, peut-être même un peu trop d’après cette déclaration de Bruce Arena.

Rappelons qu’en CONCACAF, la dernière étape des qualifications est l’Hexagone, où se regroupent les 6 meilleures équipes de la région d’Amérique du Nord et d’Amérique Centrale. Les 3 premiers sont automatiquement qualifiés pour la Coupe du Monde alors que le 4ème doit jouer un match de barrage face à une équipe de l’Océanie.

Depuis 1986, soit la dernière qualification canadienne en Coupe du Monde, les États-Unis n’ont jamais raté un de ces rendez-vous mondiaux. Une longue lignée de réussites de quelques 32 ans a abruptement pris fin hier soir sur un terrain détrempé et devant des estrades pratiquement vides, quelque part au Trinidad-et-Tobago.

Les États-Unis se sont inclinés 2 à 1 et ont vu l’Honduras (victoire de 3-2 sur le Mexique) et le Panama (victoire de 2-1 sur le Costa RIca) les coiffer au passage. Dur, dur coup pour nos voisins du sud.

Malgré quelques victoires éclatantes, les États-Unis n’ont qu’eux à blâmer pour ce triste résultat. Non seulement ils avaient leur destinée bien en main s’ils remportaient le match d’hier, mais ils ont échappé des points prenables pour rien plus tôt en qualification.

Le renvoi de Jurgen Klinsmann au profit de Bruce Arena n’aura pas fait la différence. Si, au moment du changement d’entraîneur, les États-Unis avaient plutôt choisi de jeter un regard critique et profond sur leur structure de développement, et même sur les joueurs choisis en sélection, les choses auraient peut-être été différentes. Les Clint Dempsey, Jozy Altidore et même Michael Bradley n’ont pas su faire la différence, mais que dire de Tim Howard? Celui qui a joué pratiquement 10 ans en Premier League n’est plus l’ombre de lui-même depuis son retour en MLS, et il n’a pas su faire les arrêts clés pour son pays.

C’est malheureux, mais peut-être que cet échec en qualification forcera les États-Unis à faire la rétroaction nécessaire. Aujourd’hui, les Américains sont tristes, fâchés, avec raison.

De multiples raisons peuvent expliquer cet échec, mais plusieurs semblent vouloir diriger le blâme vers la MLS et son concept de «ligue fermée», sans relégation, qui encourage le statu-quo et ne pousse pas les équipes (et leurs joueurs) à chercher constamment l’amélioration en jouant sous une pression constante.

Il y a du vrai là-dedans, mais le lien avec l’élimination de l’équipe américaine ne me semble pas si clair. Au contraire même, un certain Albert Elis du Dynamo de Houston a marqué pour le Honduras hier, pendant que le défenseur central des Sounders de Seattle Roman Torres marquait le but gagnant du Panama pour définitivement éliminer les Américains. La MLS, au contraire, me semble avoir considérablement amélioré la CONCACAF, offrant des opportunités à des joueurs de jouer dans un championnat relevé, différent, professionnel, sous les yeux de toute l’Amérique.

Est-ce que la sélection américaine encourage trop ses joueurs à revenir ou demeurer en Amérique, ce qui les empêche de s’améliorer et de joueur à leur plein potentiel? C’est possible, peut-être même probable, mais ce n’est pas un problème MLS.

Les Américains ont un pur joyau en leur rang en Christian Pulisic, et il ne sera malheureusement pas de la prochaine Coupe du Monde. À eux de mieux l’entourer, de sélectionner des joueurs qui sauront soit le servir, soit bien compléter ses actions. À eux de sélectionner une équipe-type, sélections après sélections, plutôt que revamper constamment leur défense centrale et se prendre, dans le match le plus important pour leur qualification, un terrible but contre son camp…

La MLS doit s’améliorer, et doit éventuellement instaurer le principe de la relégation, mais blâmer les non-succès de la sélection américaine sur une ligue qui ne fait que s’améliorer depuis 20 ans et qui contribue définitivement à l’amélioration des nations de la CONCACAF? Ça me semble incohérent.

Sur un autre ordre d’idée, la CONCACAF a encore du chemin à faire au niveau du «sérieux» de sa compétition. Si les États-Unis ont dû s’entraîner sur un terrain presque inondé à la veille de leur match ultime, voyez le premier but du Panama face au Costa Rica qui aura contribué à l’élimination des Américains. Un but fantôme qui hantera l’Amérique durant au moins 4 ans…

Le ballon n’est simplement jamais rentré. Difficile de ne pas être cynique et de se demander combien cet arbitre a pu être payé… On peut dire sans se tromper que les États-Unis se sont fait CONCACAF’ed, pendant que le Panama utilisait chaque petit truc pour sortir vainqueur face au Costa Rica.

https://twitter.com/TheAwayFansVids/status/918030345638961152

Espérons que cet échec ne coulera pas trop les chances des Américains pour l’obtention de la Coupe du Monde 2026, et disons que Fox Sports doit se mordre les doigts actuellement d’avoir payer un montant énorme pour les droits de diffusion d’une Coupe du Monde sans États-Unis…

Ailleurs dans le monde, l’Argentine a finalement réussi à se qualifier in extremis sur une victoire de 3 à 1 signée… Lionel Messi. Le meilleur joueur au monde a réussi un tour du chapeau pour sauver son pays, et il est actuellement le SEUL joueur de sa nation à avoir marqué pour l’équipe nationale dans les onze derniers mois. Devons-nous rappeler que l’Argentine aligne également Dybala, Aguero, Higuain, Di Maria et j’en passe…

Du même coup, les doubles champions de la Copa Americà, le Chili, s’en trouvent éliminé de la Coupe du Monde, tout comme le Pays-Bas en Europe. L’Italie, de son côté, devra passer par les barrages pour espérer se qualifier.

La longue route vers la Russie 2018 est presque terminée, et elle n’aura pas été sans embûche. J’espère que le nouveau format à 48 équipes ne rendra pas les qualifications sans enjeux, il faut plus de soirées pleines d’émotions comme hier.

DANS L’ABRI
– C’était l’annonce de la signature de Nacho Piatti jusqu’en 2019 avec une option pour 2020, hier au Stade Saputo. Comme prévu, le salaire annuel de Nacho n’a pas été dévoilé, et le principal intéressé à très mal réagi à une question de Jeremy Filosa sur le sujet.

Évidemment, le grand Drogba n’allait pas rater cette occasion de rire un peu, surtout qu’on se souvient de sa relation «compliquée» avec Filosa… #Princesse

J’avoue avoir de la difficulté à comprendre pourquoi Nacho ne dévoile pas son salaire, même si c’est son droit. Les Giovinco, Kàkà, Villa et autres dévoilent pourtant tous leur salaire précis, sans problème. Joey Saputo a parlé d’un salaire Top 5 MLS, ce qui indiquerait un minimum de 5 millions… J’ai un peu de la difficulté à y croire et j’ai plutôt l’impression qu’on parle de quelque part entre 3,5 et 4,5 annuellement, mais bon, qui le sait vraiment?

Au final, on aura surtout appris de la bouche de Joey Saputo que le rôle d’Adam Braz est d’abord et avant tout comptable dans le staff de l’Impact de Montréal, et que Mauro Biello a un rôle à jouer au niveau de la sélection et du recrutement des joueurs. De Santis, sans surprise, s’occupe du recrutement à l’international (lire ici en Argentine et à Bologne).

– Un texte magnifique, à lire absolument, du capitaine Patrice Bernier. Si ce n’est déjà fait, procurez-vous des billets pour le 22 octobre. Le Stade doit être plein pour le Capitaine.

Bon texte de Pascal Milano sur la dernière année de l’espoir Thomas Meilleur-Giguère, qui affirme ne pas avoir perdu son temps en 2017 à Ottawa même s’il n’y a joué que… 15 minutes. Il faut ramener le FC Montréal.

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