Tournoi olympique : une note de 75 % pour Nick Suzuki
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Ça y est, les Jeux olympiques de Milano-Cortina sont maintenant derrière nous. Le Canada quitte l'Italie avec 21 médailles en banque, dont cinq d'or. Merci aux Québécois et aux Québécoises, soit dit en passant.

Est-ce suffisant pour parler de réussite canadienne ? La réponse est clairement non. Pas pour une édition hivernale des Jeux olympiques !

Il s'agit de la pire récolte canadienne depuis les Jeux de Salt Lake City en 2002.

(Crédit: Wikipedia)

Même lors des Jeux d'été de 2024, 2020 et 2016, le Canada a fait mieux au chapitre des médailles totales remportées. Quand on voit un pays comme la Norvège, qui a sept fois moins de citoyens que le Canada, faire des Jeux olympiques « sa » spécialité, il y a des questions à se poser au pays de Justin Trudeau Mark Carney. #PaysNordique

Avant, on pouvait se consoler en se disant qu'on était LA nation du hockey, mais cette année, on a échappé l'or aux mains des États-Unis, autant au hockey féminin qu'au hockey masculin. Quelques semaines à peine après avoir encore échappé l'or aux championnats mondiaux junior…

Est-ce que le Canada est encore le meilleur pays au hockey sur glace ? La question se pose (et la réponse se révélera par elle-même au cours des prochaines années).

J'ai lu plusieurs analystes – payés pour analyser le hockey, soit dit en passant – blâmer la prolongation à trois contre trois pour expliquer/excuser les deux défaites canadiennes en finale. #Hommes #Femmes


First, non, je ne suis pas fan de la prolongation à trois contre trois lors de matchs aussi importants que ceux pour l'or et oui, j'aurais préféré que ces matchs se décident à cinq contre cinq…

Mais je n'ai pas entendu ces mêmes analystes-là chialer quand le Canada est parvenu à éviter l'humiliation d'une défaite en quart de finale face à la Tchéquie… en prolongation à trois contre trois.

Je ne me souviens pas non plus les avoir entendus chialer en 2010, quand Sidney Crosby a inscrit son fameux golden goal en prolongation à quatre contre quatre.

Et cessez de diminuer l'importance d'une victoire lors d'un match à élimination directe, prétextant que le « vrai » hockey, ça se joue en quatre-de-sept. Chialer contre les règles quand tu perds, ça fait « loser ».

Hier, le Canada a perdu à cause de l'argent et des votes ethniques des filets déserts ratés par Nathan MacKinnon et Devon Toews, de son incapacité à marquer à cinq contre trois, des jeux individuels de Connor McDavid et Nathan MacKinnon – qui voulaient voler la vedette – en prolongation, d'un back check on ne peut plus mou de Cale Makar (qui a laissé Jack Hughes seul dans l'enclave), d'une gestion de banc discutable de Jon Cooper et de certaines sélections douteuses.

Martin St-Louis répète souvent qu'en prolongation (à trois contre trois), tu ne dois tirer que si tu as une chance de marquer de grande qualité. McDavid et MacKinnon n'ont pas attendu d'en avoir une, hier, avant de tirer…

Dites-moi sans rire que Matthew Schaefer, Connor Bedard, Mark Scheifele, Mike Matheson, Noah Dobson et Wyatt Johnston n'auraient pas pu offrir plus au Canada que Brad Marchand, Sam Bennett, Seth Jarvis, Drew Doughty, Sam Reinhart, Colton Parayko, Brandon Hagel et Travis Sanheim. Hockey Canada n'a pas invité les meilleurs joueurs canadiens et Jon Cooper n'a pas assez coupé son banc en finale. Il y a toujours eu des décisions politiques basées sur le passé d'un joueur ou sur la réputation d'un autre ; ce n'est malheureusement pas près de changer.

Et cessez SVP de trop encenser Connor Hellebuyck : si Nathan MacKinnon parvient à cadrer son tir alors que le filet est désert, on serait en train de répéter que Hellebuyck n'est pas capable de gagner quand l'importance d'un match est élevée. #Chokeux

Oui, le Canada a dominé le match pour la médaille d'or, mais dominer ne compte pas, Nate. Il fallait concrétiser une fois de plus, that's it.

À la place, les joueurs canadiens ont donné raison à Bill Guerin pour ses non-sélections de Lane Hutson et Cole Caufield. Si MacKinnon l'avait mise dedans, on répéterait l'inverse sur toutes les tribunes.

À Hockey Canada de bien digérer la médaille d'argent (qui a failli être une cinquième place) et les toutous remis à chacun des joueurs, puis à retourner travailler sur la planche à dessin en vue de la prochaine Coupe du monde. Ça viendra vite, 2028.

Souvenez-vous : on ne gagne pas l'argent, on perd l'or. En 2028, puis en 2030 en France, il faudra trouver le moyen de retrouver l'or.

D'ici là, j'espère que Hockey Québec fera également sa petite introspection…


Le tournoi de Nick Suzuki
Le capitaine des Canadiens n'a pas connu un mauvais tournoi. De plus, on peut espérer qu'il sera encore meilleur qu'avant, à son retour à Montréal, ayant appris des meilleurs au monde et ayant fait le plein de confiance en Italie.

Suzuki a récolté deux buts (dont un énorme en quart de finale) en six parties, affichant un différentiel de plus-2 et ayant passé 13:23 par match sur la patinoire, en moyenne. Il a notamment rempli de grosses chaussures une fois le tournoi de Sidney Crosby terminé.

Par contre, il me semble qu'il aurait pu en donner un petit peu plus par moments.

Une mention d'aide, une mise au jeu importante remportée, une accélération qui fait la différence, un but lors des deux dernières rencontres…

Quelle note accordez-vous à Nick Suzuki, pour l'ensemble de son tournoi ?

Moi ? 75 %.

Selon les attentes qu'on avait, c'est très bien… mais Suzuki aurait été capable d'en donner un peu plus. Je suis convaincu qu'il serait le premier à l'admettre.