Est-ce qu’on aurait songé à échanger Guy Lafleur? | Et de 25 pour les Wings | En rafale

À quelques heures de la fin de cette interminable et exécrable saison des Canadiens, j’allais commencer ce texte en écrivant qu’on parle beaucoup de P.K. depuis quelques jours. Puis je me suis ravisé. On parle sans arrêt de P.K. depuis cinq ans.

Au fil du temps, on est passé par toutes les gammes d’émotions en commentant les gestes, les attitudes, les buts, les feintes, les célébrations, les revirements, les chicanes, les rires, les habillements, etc. de l’être le plus flamboyant de toute la LNH.

P.K. ne laisse absolument personne indifférent. Et si j’ai entendu des observateurs et analystes le comparer à Chris Chelios, j’irai encore plus loin en risquant de commettre un crime de lèse-majesté.

À mon avis, en ce moment, les gens qui veulent que P.K. soit échangé auraient voulu qu’on échange Guy Lafleur. Oui, oui, P.K. Subban n’est pas du moule de Chris Chelios. Il est de la trempe du Démon blond.

Oh, il était bon Chelios, mais ce n’était pas une idole.

Subban, comme Lafleur, est un artiste sur la patinoire. Il fait des choses que personne d’autre ne peut réussir. Il touche à la rondelle et la foule se lève. P.K. est le premier joueur des Canadiens depuis Guy Lafleur à attirer des fans par sa seule présence. On ne se déplace pas pour voir un gardien de buts réaliser des arrêts, si bons aient été Roy, Theodore et Price. Et si j’ai adoré Naslund, Richer, Damphousse ou Recchi, ils n’ont rien à voir avec P.K. Subban quand vient le temps de donner un spectacle.

Lafleur est aimé de tous les fans parce qu’il n’a jamais peur de se mêler à eux et les traite avec gentillesse, un sourire et une poignée de main franche. Si vous avez eu la chance de croiser Guy Lafleur dans votre vie, vous aurez remarqué à quel point cet homme aime le public et qu’il sait à quel point il lui est redevable. Subban est comme ça lui aussi.

Subban dérange beaucoup ses coéquipiers et ses patrons. Lafleur aussi dérangeait ses coéquipiers et ses patrons. Et il continue de le faire occasionnellement par ses commentaires. Si le premier a un mode de vie excentrique, le deuxième a commis des bêtises hors glace. Dans les deux cas, ça attire les projecteurs sur la superstar pour des raisons qui n’aident absolument pas une équipe à se serrer les coudes. Les deux se sont permis de dire à des coéquipiers des choses qu’on qualifiera de non politically correct.

Guy Lafleur était fort comme un cheval. P.K. Subban est exactement pareil. Personne ne pourra jamais mettre en doute le désir de gagner et les efforts pour y arriver déployés par ces deux joueurs.

Guy Lafleur était le meilleur joueur de son équipe. P.K Subban est le meilleur joueur de son équipe (Je n’inclus pas les gardiens dans mon analyse). Pourtant, Guy Lafleur n’est jamais nommé lorsqu’on parle des leaders du CH de la grande époque des années 1970. P.K. Subban ne devrait jamais être nommé lorsqu’on parle des grands leaders de l’équipe actuelle.

P.K. n’est pas le gars qui rassemble ses coéquipiers. Il est le gars qui peut relever son niveau quand l’enjeu est au plus haut. Il va permettre à son équipe de gagner quand le match sera important. Rappelez-vous la série face aux Bruins en 2014. Lafleur n’était pas le gars qui rassemblait ses coéquipiers. Il était le gars sur qui les autres comptaient pour faire le grand jeu au grand moment. Rappelez-vous un certain but face aux Bruins en 1979.

J’aurai l’occasion de revenir sur le travail de chacun des personnages clés des Canadiens cette saison. Toutefois, mon point aujourd’hui est le suivant :

Si les Canadiens avaient un leadership assez fort, il contrebalancerait aisément le dérangement que cause P.K. et permettrait à l’équipe de se concentrer sur son objectif, la victoire. Tout comme le leadership des Savard, Cournoyer, Lapointe, Robinson, Gainey, Dryden et bien sûr Scotty Bowman faisait en sorte qu’on pouvait laisser Lafleur être Lafleur, si particulier était-il, sans que ça détruise l’équilibre mental de l’équipe.

Cette saison, Price n’était pas présent dans le vestiaire. Markov et Plekanec qui représentent la vieille garde, ceux qui ont toujours joué à Montréal, ont eu des problèmes personnels qui les empêchaient de se concentrer sur leur travail. Gallagher, le dynamo, a aussi beaucoup manqué. Pacioretty ne pouvait remplacer tout ce beau monde à lui seul et il n’a assurément pas la prestance de Price – que Subban est le seul à ne pas pouvoir regarder de haut – pour rassembler tout le monde. C’est d’ailleurs devenu très frustrant pour lui et ça a paru.

En bref, l’équilibre de la chambre a été complètement détruit. Et avec un vestiaire trop faible pour contenir la locomotive P.K. Subban, le train a complètement déraillé.

Si on remplaçait aujourd’hui P.K. Subban par Guy Lafleur, des observateurs, des fans et des membres de l’équipe souhaiteraient que celui-ci soit échangé. Faisons attention avant de commettre l’irréparable.

Pour terminer, je veux mettre tout de suite une chose au clair. Toute comparaison est boiteuse. Alors ne me dites pas que Lafleur était un attaquant, que Lafleur a gagné des coupes Stanley ou qu’il portait le numéro 10 pour m’expliquer qu’on ne peut pas les comparer. C’est impertinent à la discussion.

Guy Lafleur a permis à son équipe de gagner parce que le reste de son équipe était forte sur la glace et entre les deux oreilles. P.K. fera ASSURÉMENT gagner cette équipe lorsqu’elle misera sur d’autres grands joueurs/leaders.

Une équipe qui ne sait pas quoi faire avec un des joueurs les plus talentueux de son époque, qui a du cœur au ventre et une mentalité de winner ne gagnera jamais la coupe Stanley. Pensez vous que tout le monde dans la chambre aimait Guy Lafleur, Maurice Richard, son frère Henri?

En tout cas, P.K. nous aime, lui.

En rafale

– Gallagher (l’autre capitaine ??) est toujours derrière son coach.

– Grosse journée de hockey. #pourceuxquinesavaientpas

– Finalement, la décision de garder Loui Eriksson pour les séries éliminatoires risque fort de ne pas être la plus judicieuse de Don Sweeney. Avec leur défaite face aux Sens et deux matchs à jouer pour les Flyers (ont besoin de 2 points), les Bruins vont peut-être rater les séries pour la 2e saison consécutive.

Il faut dire que l’absence de Tuukka Rask pour le match ultime parce qu’il était malade n’a pas aidé leur cause.

– Le capitaine des Oursons n’entendait pas à rire après le match.

– Au moment d’écrire ces lignes, c’est chose faite.

– Et pour donner un peu de perspective à la nouvelle.

– Un mariage de raison ou à long terme pour Jonathan Drouin ? (JDM)

– Plusieurs matchs n’ont aucune incidence sur le classement en cette dernière fin de semaine de la saison régulière. Pour cette raison, de nombreux joueurs clés auront droit à une journée/soirée de repos.

– Un des conseillers de Bergevin à la tête des Gamblers de Las Vegas ? La rumeur lancée par Elliott Frideman a des échos.

– Eric Staal s’est blessé d’une manière qui ressemble étrangement à celle de Subban. Une affaire de 2 matchs ou d’un mois ?

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