Poursuite contre la NHL: hypocrite et opportuniste ou justifiée? | Desharnais au ballotage? | 22 millions pour Barrie

Un nombre d’anciens joueurs de la NHL ont imité leurs collègues de la NFL et intenté une poursuite contre leur ancien employeur. Les plaignants soutiennent que la NHL « n’a pas averti ses joueurs des effets à court long termes de coups à la tête et commotions cérébrales à répétition, ne leur a pas fourni les soins adéquats suite aux commotions subies et a promu et glorifié la violence déraisonnable et non-nécessaire qui entraîne les coups à la tête. »

En d’autres mots, les plaignants reprochent à la NHL de ne les avoir pas avertis des risques inhérents au sport de contact qu’est le hockey et d’avoir glorifié lesdits contacts, qui représentent une raison majeure pour laquelle le hockey est si populaire et ces anciens joueurs ont toujours aimé pratiquer ce sport.

Foutaise.

Ne me méprenez pas: je compatis grandement avec les joueurs dont la santé a été hypothéquée à jamais par les commotions. Cela dit, il est plutôt hypocrite de jeter le blâme sur la NHL alors que tout le monde sait que le hockey est un sport de contact, et opportuniste de tenter de profiter de la situation.

L’ancien des Blues et Devils et nouvel attaquant des 3L de Rivière-du-Loup dans la LNAH, Mike Danton, qui, pratiquant un style robuste a lui-même encaissé sa part de coups à la tête, abonde dans le même sens, mais avec un bémol:

Personnellement, je crois qu’il s’agit d’une façon pour plusieurs qui ne jouent plus (et donc font possiblement maintenant peu d’argent, ou pas du tout) d’essayer d’obtenir une compensation pour une chose pour laquelle ils ont déjà été compensés.

 

Cependant, si la NHL détenait vraiment de l’information sur les risques des coups à la tête et l’a cachée aux joueurs comme l’a fait la NFL, dans ce cas, elle mérite sa part de blâme. Un bagarreur, par exemple, ne se serait peut-être pas battu s’il avait eu toutes les informations disponibles. Il revient à la ligue de divulguer toute donnée en sa possession concernant leur santé et leur métier.

 

Je ne dis pas que les joueurs DEVRAIENT poursuivre, par contre. Moi, je ne joindrais jamais une poursuite pareille, car lorsque je me bats et encaisse des coups à la tête, je sais forcément qu’il y a un risque et n’exigerais jamais une compensation pour mes blessures venant des coups que j’ai accepté de recevoir. De plus, en signant un contrat avec une équipe de la NHL, j’acceptais la responsabilité de mes choix et ai été grandement compensé pour les services rendus à ces équipes.

On pourrait ajouter que comme un mineur ou un monteur d’acier, par exemple, les joueurs de hockey touchent des salaires élevés en bonne partie en guise de compensation pour les risques associés à leur métier…

Choix de 4e ronde des Capitals de Washington en 1995 et bagarreur légendaire depuis plusieurs années dans la LNAH et autres circuits mineurs, Joël « The Animal » Thériault a livré de nombreux combats au cours de sa longue carrière mais ne blâme pas les plaignants de vouloir leur part du gâteau, même s’il admet lui-même que lui non plus ne se joindrait pas à un recours collectif semblable:

Je connaissais les risques il y a 20 ans et je les connais toujours aujourd’hui mais j’accepte de me battre malgré tout, même si je sais que les équipes professionnelles n’ont pas toujours pris au sérieux les commotions. Lorsque je jouais dans la ECHL il y a une quinzaine d’années, je m’étais battu, un soir, et avais eu du mal à retrouver le chemin pour me rendre chez moi. Le match suivant, j’étais en uniforme et me battais deux fois… comme le « tough guy » #1 de l’équipe était blessé, l’équipe n’avait rien fait pour me dissuader de m’habiller, même si c’était évident que j’avais été ébranlé. Malgré tout, ça demeurait ma décision.

 

 

Cela dit, les joueurs des années 80 ne touchaient pas les salaires d’aujourd’hui et la NHL fait maintenant plus de profits que jamais. Les Rick Vaive de ce monde ont aidé la ligue à se rendre où elle est maintenant, alors je ne les blâme pas de vouloir profiter d’une partie des bénéfices.

Bien que ce ne soit pas l’intention derrière la dernière phrase de Thériault, ça illustre le côté opportuniste de cette poursuite: bien que plusieurs joueurs aient sans aucun doute de bons motifs pour réclamer compensation, il est facile de croire qu’un grand nombre d’entre eux le font par opportunisme, ayant vu une occasion d’encaisser quelques dollars sur le dos de leur ancien employeur.

Mordre la main qui t’a nourri dès qu’elle cesse de le faire…

Vouloir le beurre, l’argent du beurre, la vache et la fermière, comme me disait un ami…

Sans compter que de nombreux joueurs cachent leur commotion dans le but de ne pas perdre leur poste…

Pour conclure, ces paroles de Martin Lariviere, bagarreur de 5’6 hautement respecté dans la LNAH évoluant maintenant pour les River Kings de Cornwall, qui n’a jamais eu sa chance aux niveaux supérieurs, entre autres en raison de sa petite taille:

Ils connaissent les risques. S’il ne veulent pas en assumer les conséquences pour vivre le rêve de jouer dans la NHL, je le ferai avec grand plaisir!!!

Parions que Larry n’est pas le seul qui accepterait volontiers les risques associés à son métier de rêve…

Desharnais au ballotage?
Le linguistiquement ambivalent Marc Dumont dressait il y a quelques jours un excellent portrait des contrats one-way et des joueurs admissibles au ballotage chez le CH.

(Mon jeune et brillant collègue Nicolas Cloutier en a également parlé plus tôt aujourd’hui)

Bien que je sois en accord avec cette analyse, je ne suis pas aussi prompt à écarter la possibilité que David Desharnais soit soumis au ballotage.

Selon General Fanager, le CH a en ce moment 1,4 million$ d’espace sous le plafond salarial. Ce montant ne devrait pas varier beaucoup selon le scénario de Marc, hormis un potentiel de $950 000 supplémentaires si Brian Flynn est soumis et réclamé au ballotage ou rétrogradé dans les mineures.

Et si Desharnais connaissait un camp ordinaire à la suite de sa saison de misère, Bergevin serait-il tenté de le soumettre au ballotage?

Shaw, Danault, Mitchell, Byron, Andrighetto et McCarron pourraient tous possiblement occuper le poste de troisième centre et certaines équipes, comme les Coyotes, ont une ligne de centre plutôt mince. Le fait que Desharnais n’ait qu’une saison restante à son contrat de 3,5 millions le rend plus attrayant aux yeux des équipes rivales et Bergevin ne détesterait sans doute pas entamer la prochaine saison avec une plus grande marge de manoeuvre. Avec l’échange de Subban, il s’est condamné à y aller all-in et voudra sans doute améliorer son équipe en cours de route. Ce n’est pas avec 1,4 millions à dépenser qu’il parviendra à obtenir un joueur d’impact.

Voici donc mes trios en vue de la prochaine saison, dans l’éventualité où Desharnais serait réclamé:

Pacioretty-Galchenyuk-Gallagher
Lehkonen-Plekanec-Radulov
Carr-Shaw-Andrighetto
Byron-Danault-Mitchell

Libre à vous d’inverser Andrighetto et Lehkonen.

En rafale
– Tyson Barrie et l’Avalanche se sont entendus sur les modalités d’un contrat de 4 ans et 22 millions tout juste avant de laisser la décision entre les mains d’un arbitre:

– Les Coyotes ont fait de gros efforts pour attirer des agents libres, offrant même un chandail personnalisé pour leurs épouses, avant même qu’ils signent:

– Oscar Klefbom patine « clarifie » ses propos sur son ancien coéquipier Taylor Hall:

– Les Canucks intéressés à David Krejci? LIEN

– Novak Djokovic remporte sa quatrième Coupe Rogers: #Kumbaya

– Les Panthers sont-ils des aspirants à la Coupe Stanley? LIEN

– Le focus de Jamie Benn: la Coupe du Monde:

– D’autre mouvement à prévoir pour les Islanders? LIEN

– Rumeurs du jour sur les Canucks, les Sabres et les Predators

– Lyle Richardson départage les « faits » et la « fiction » en ce qui a trait aux rumeurs d’échanges de cette saison morte: LIEN

Hockeyment vôtre,

Serge Côté

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