Michel Therrien ne pense pas comme un fan… et il a raison | En rafale

Le coach Michel Therrien connaît encore un excellent début de saison à la tête de sa formation. Rien de surprenant et je vous en avais d’ailleurs glissé un mot à la veille de la présente campagne (Michel Therrien parmi les meilleurs en début de saison). Par contre, il faut aussi reconnaître que Therrien a le don de prendre des décisions sorties du champ gauche qui lui réussissent plus souvent qu’à son tour. Mais qu’est-ce qui explique sa réussite? Therrien est-il un sorcier? A-t-il signé un pacte avec un personnage de l’au-delà?

On en lit et on en entend des commentaires sur Michel Therrien. C’est même assez phénoménal de constater la quantité de gens qui savent mieux que le coach ce qui est bon pour les Canadiens. Mais c’est correct, ça alimente les lignes ouvertes et ça permet à des gens de bien gagner leur vie. Par contre, bien que le folklore du gérant d’estrade a ses bons côtés, ça ne signifie pas que ce soit vrai ou même intelligent pour autant. En fait, si Therrien (et son boss Marc Bergevin) pensait comme un fan, pas sûr que la fiche serait aussi reluisante.

Certains diront que si Price était absent, pas sûr que la fiche serait aussi reluisante, mais même s’il y a du vrai là-dedans, c’est simpliste comme argument et ça n’explique pas l’impact d’une série de décisions qui se sont avérées judicieuses au fil du temps. En fait, la présence ce Price sert aux non initiés à expliquer ce qu’ils ne savent et ne comprennent pas.

La grande majorité des fans, des observateurs et des experts ne savent pas tout et ne voient pas tout ce qui se passe avec les Canadiens. Et non, 24CH ce n’est pas suffisant pour faire de vous un initié. Bergevin, Therrien et leur garde rapprochée, eux, savent, voient et ressentent ce qui se passe au sein de leur équipe. Et s’ils prennent certaines décisions qui déplaisent a priori aux amateurs, ils ont des informations et des compétences que nous n’avons pas pour prendre ces décisions. En bref, ils savent ce qu’ils font et les faits tendent à prouver qu’ils ont généralement raison. En voici quelques exemples.

Les statistiques avancées

Si les statistiques avancées sont l’équivalent de paroles d’Évangile pour certains, il est clair que le CH est l’antéchrist. Les Canadiens gagnent avec des indices de possession qui ne vont pas à leur avantage et se sont effondrés l’an dernier alors que les statistiques avancées laissaient croire qu’ils jouaient bien. Et je vous épargne les élucubrations que l’on a pu lire (et qu’on peut parfois lire encore) sur certains fils Twitter concernant deux défenseurs étoiles. Même Lars Eller était supposé être un joueur indispensable pour avoir du succès.

Comment font les Canadiens pour gagner avec régularité malgré ces indices? Michel Therrien ne sait pas mettre en place un bon système de jeu? Faux, les chiffres étaient bons l’an passé. Il était pourtant le coach.

Paul Byron sur le premier trio

Celui que l’on surnomme affectueusement Ti-Paul représente à lui seul une série de décisions qui ont fait tiquer les amateurs, mais qui se sont avérées justes à l’usage. Sa réclamation au ballottage avait choqué plusieurs observateurs qui voyaient en lui un joueur qui empêchait des jeunes de l’organisation de s’émanciper. La prolongation de contrat de trois saisons que lui a octroyé Bergevin en février dernier, alors que la saison battait son plein, n’était certainement pas perçue comme un coup de génie par tout le monde.

Et que dire de son utilisation à la gauche de Galchenyuk et Radulov? Un match ou deux ça peut faire l’affaire, disait la majorité. Ça fait 10 matchs que ce trio évolue ensemble. Byron a amassée 6 points avec eux sans jouer en supériorité numérique.

Toutes ces décisions ont dérangé de très nombreux fans qui auraient à peu près tous agi autrement dans ces situations si on leur avait demandé leur avis. Et ça aurait été une erreur à chaque fois.

Alexei Emelin à gauche de Weber

Le 31 octobre 2013, l’organisation des Canadiens annonçait qu’elle accordait un contrat de quatre ans pour quatre millions de dollars par saison au défenseur Alexei Emelin. Certains y ont vu un bon coup, d’autres non et trois ans plus tard, on peut certainement dire que ce contrat n’a pas été le coup le plus lumineux du DG. Mais malgré tout le négatif qu’on pourrait dire concernant la locomotive de Togliatti, il n’en demeure pas moins qu’il fait un boulot plus qu’honnête aux côtés de Shea Weber, au lieu de Nathan Beaulieu.

Levez la main ceux qui avaient comme plan de réunir Emelin et Weber sur la première paire.

Kirk Muller comme bras droit

Les analystes ont été nombreux à voir dans l’embauche de Captain Kirk une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Therrien. Pourtant, on sait tous maintenant que l’arrivée de Muller a été initiée par Therrien lui-même. Pour répondre à quel besoin? Améliorer la communication avec les joueurs, certes, mais quoi d’autre?

Muller a des qualités et des connaissances différentes du reste des membres de l’équipe d’entraîneurs. Est-ce qu’il ferait un très bon entraîneur-chef si Therrien devait quitter? Je suis loin d’en être convaincu. Mais peu importe. Cette décision n’a pas été prise pour servir de soupape de sûreté, mais pour renforcer l’équipe. On ne colmate pas les brèches quand on a l’intention de mettre le mur à terre.

Max Pacioretty doit s’impliquer

Therrien a récemment appelé son capitaine à s’impliquer davantage dans le jeu et à faire sa job s’il voulait s’en sortir. Que ça ne pouvait pas être toujours la faute de ses coéquipiers s’il ne marquait pas avec régularité. Oui, il a aussi dit qu’il avait mal choisi ses mots et que ce n’est pas ce qu’il voulait dire. Mais Max Pacioretty a répliqué en inscrivant le but gagnant en fonçant au filet face aux Hurricanes. Il est clairement plus visible sur la patinoire.

Qui ne se rappelle pas de l’épisode du pire capitaine de l’histoire? Selon beaucoup de monde, Michel Therrien aurait bel et bien prononcé ces mots. Mais quel est le vrai contexte? Comment ça s’est passé? Et comment Pacioretty et Therrien ont-ils enterré cette affaire?

Les joueurs aiment ou détestent Therrien?

Georges Laraque, dont je respecte fort les informations privilégiées qu’il sort, nous avait déclaré au printemps dernier que les joueurs détestaient leur coach. Il allait même jusqu’à parler d’unanimité. Est-ce que Therrien a changé? Est-ce que Muller joue bien son rôle de tampon? Est-ce que les joueurs le détestent encore?

Que l’information de Big George ait été parfaitement exacte ou pas, que les fans aiment Therrien ou pas, que les médias soient têteux avec lui ou pas, ça ne change absolument rien. Il mène ses troupes à la victoire. Et à ce que je sache, c’est encore ce qu’on demande à tous les coachs d’équipes sportives professionnelles.

Les joueurs qui quittent Montréal ne sont pas meilleurs

Une vieille théorie veut que les joueurs qui quittent la marmite de Montréal peuvent enfin éclore une fois qu’ils ont quitté la monde suffocant de la métropole québécoise. Ces joueurs enfin libérés du stress que leur causent les médias, mais aussi du système éteignoir de Michel Therrien réussissent ailleurs. C’est parfaitement faux.

Les cas d’Eller et de Subban sont trop récents pour en tirer des conclusions. Mais d’autres cas sont intéressants à analyser. À noter qu’il ne s’agit que des points en saison régulière.

Brian Gionta
Avec Therrien: 0,51 pts par match  –  Après : 0,45

Michael Ryder
Avec Therrien : 0,78  –  Après : 0,41

Brandon Prust
Avec Therrien : 0,26  –  Après : 0,2

Rene Bourque
Avec Therrien: 0,29  –  Après : 0,28

Josh Gorges
Avec Therrien: 0,2  –  Après : 0,13

Erik Cole
Avec Therrien: 0,32  –  Après : 0,44

Travis Moen
Avec Therrien: 0,15  –  Après : 0,19

Daniel Brière
Avec Therrien: 0,36  –  Après : 0,21

Thomas Vanek
Avec Therrien: 0,83  –  Après : 0,62

Ryan White
Avec Therrien: 0,09  –  Après : 0,25

Dale Weise
Avec Therrien: 0,39  –  Après : 0,15

P.A. Parenteau
Avec Therrien: 0,39 pts par match  –  Après : 0,5

Jiri Sekac
Avec Therrien: 0,32  –  Après : 0,22

Alex Semin
Avec Therrien: 0,27 –  Après : KHL

Devante Smith-Pelly
Avec Therrien: 0,26 –  Après : 0,51

Tomas Fleischmann
Avec Therrien: 0,35 –  Après : 0,26

Christian Thomas
Avec Therrien: 0,12  –  Après : 0

D’autres décisions

Greg Pateryn n’a clairement pas beaucoup de corde. Une erreur et il en paie le prix.

Charles Hudon a eu très peu de temps de jeu l’an passé lorsque l’équipe avait des blessés à la tonne et qu’il était au sommet des pointeurs des Ice Caps.

On se borne à former Michael McCarron pour en faire un joueur de centre alors qu’il pourrait très bien utiliser sa robustesse en tant qu’ailier.

Et que dire du temps d’utilisation d’Alex Galchenyuk (et Radulov par le fait même)? On entend toute sorte d’explications et de critiques concernant les meilleurs attaquants offensifs du Tricolore depuis le début de l’année. Ils jouent régulièrement moins que des coéquipiers qui n’en donnent clairement pas autant. Les fans feraient quoi à la place du coach? Ils enverraient Galchenyuk sur la patinoire 18 ou 19 minutes par match, au moins. Mais auraient-ils raison?

La fiche de 16-4-2 m’oblige à vous annoncer que NON.

Je ne veux pas revenir sur les statistiques de Michel Therrien depuis son retour avec les Canadiens pour la saison 2012-2013. Vous les connaissez. Je n’ai pas besoin de résumer l’ensemble des raisons qui font que beaucoup d’amateurs ne l’aiment pas. Toutefois, il faut en venir aux faits, Therrien sait faire gagner son équipe.

Michel Therrien et Marc Bergevin ne pensent pas comme des fans. Le DG nous l’a dit lors d’un point de presse. Si certains s’en sont offusqués, ça demeure vrai et une bonne chose. Ces gars-là ont des informations complètes et justes concernant leurs joueurs. Pas nous.

De plus, Marc Bergevin et Michel Therrien ont des compétences et de l’expérience dans les tâches qu’ils accomplissent. Pas nous.

Alors continuons de nous amuser à tenter de deviner ce qui serait bon pour notre équipe, que ce soit les Canadiens de Montréal, les Cubs de Chicago, les Cowboys de Dallas ou les Squiddlydiddly de Delson. Critiquons, argumentons, mais acceptons surtout le fait que nous n’avons jamais toute l’information nécessaire et que même si nous l’avions, il serait fort possible que nous prendrions de mauvaises décisions malgré tout, simplement par incompétence.

En conclusion, quand tu sais que tu ne sais pas entièrement de quoi tu parles, tu ne te prends pas au sérieux avec tes théories.

En rafale
– On est souvent critique envers des gars comme Andrew Berkshire, mais son texte sur les revirements est très intéressant.

– Le Rouge et Noir s’est inscrit le premier à la marque. Ça vous intéresse ou non? #CoupeGrey

– Au revoir Brandon!

– Brady rejoint Manning au sommet.

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