Avez-vous des enfants ? Si oui, vous avez certes déjà entendu l'un d'eux se plaindre du comportement de l'autre… après avoir lui-même amorcé le conflit.
« Papa, Médéric m'a frappé ! »
« OK, mais pourquoi lui as-tu pris son jouet juste avant ? »
Les propriétaires d'équipe de la LNH sont pareils :
« Gary, il faut absolument que tu trouves un moyen d'instaurer un plafond salarial fixe. »
Cependant, le plafond a été instauré parce qu'un gars comme Glen Sather à New York avait offert la lune à Bobby Holik. Bref, le plafond sert à protéger les DG et les proprios contre eux-mêmes.
Nous voilà 20 ans plus tard et le plafond salarial est encore là pour protéger les DG et les propriétaires contre eux-mêmes. La LNH a annoncé une hausse de 8,5 millions $ en vue de la saison 2026-27 – la première de plusieurs hausses substantielles – et plusieurs équipes ont offert des contrats qui n'ont aucun sens. Tout ça avant même l'ouverture du marché des joueurs autonomes le 1er juillet !
Pavel Dorofeyev touchera 11 millions $ par saison avec les Rangers…
Tony DeAngelo aura un salaire de 4,5 millions $ la saison prochaine avec les Islanders de Mathieu Darche…
Alex Tuch, qu'on n'a pratiquement pas vu de la série face aux Canadiens, gagnera 10,5 millions $ avec les Capitals…
Darren Raddysh a convaincu John Chayka et les Maple Leafs de lui offrir 8,5 millions $ par saison pendant huit ans…
Même Michael McCarron a signé un contrat lui assurant un total de 20 millions $ (sur six ans).
Tabarnak Tabarouette !
La loi de l'offre et de la demande est complètement déséquilibrée. Kent Hughes et Jeff Gorton, qui prennent constamment des décisions rationnelles et pesées, n'arrivent tout simplement pas à conclure quoi que ce soit depuis une dizaine de jours. Il y a toujours un autre DG complètement disjoncté pour venir court-circuiter les tentatives du CH.
Ces DG-là, ils savent qu'ils risquent de ne plus être à l'emploi de leur club actuel le jour où ces contrats-là deviendront handicapants.
L'autre problème en lien avec tout ça, c'est que les agents négocient les contrats de leurs clients en fonction d'un pourcentage du plafond salarial. Avec une hausse de 8,5 millions $, ils sont beaucoup plus exigeants en termes de dollars absolus. Kent Hughes aura de la difficulté à mettre Ivan Demidov et Jakub Dobes sous contrat pour sept ou huit ans sans briser l'échelle salariale de l'organisation.
Vous savez ce qui me dérange le plus avec tout ça ? Des marchés comme celui de Montréal pourraient faire encore plus de profits sans le plafond salarial et la répartition des revenus entre les 32 équipes de la LNH. Cependant, on se retrouve donc à regarder des clubs qui ne survivraient pas sans « nous »… nous empêcher de nous améliorer.
Et non, ça ne va pas changer quand Gary Bettman tirera sa révérence. Son remplaçant risque fort d'être Bill Daly, son bras droit actuel. #Continuité
Prolongation
John Chayka et les Maple Leafs ne sont pas seulement responsables de faire complètement dérailler l'équilibre salarial à travers la LNH ; ils ont également refusé d'honorer la transaction impliquant Matthew Knies et le Canadien, transaction complétée en mars dernier.Bref, si le Canadien n'a pas encore bougé depuis le début de l'été, c'est en partie à cause de John Chayka.