Money talks (again)

Certains se sont demandé hier si Marc Bergevin avait été trop rapide et pas assez patient en congédiant Claude Julien après seulement 18 matchs disputés dans la saison 2020-21.

Il faut comprendre que…

1. Si la COVID-19 ne s’était pas invitée dans nos vies, Julien aurait possiblement perdu son emploi le printemps dernier. Le fait d’inviter 12 équipes de chaque conférence en séries et l’élimination des Penguins aura simplement fait gagner du temps à Julien.

2. Marc Bergevin avait en mémoire les trois séries de défaites de la saison dernière en observant son équipe depuis deux, trois semaines. Il a donné une chance à son entraîneur-chef – semaine de break -, mais l’équipe affichait les mêmes problèmes au retour. Le DG du Canadien n’a pas voulu commettre la même erreur que l’an dernier, en ne réagissant pas assez vite à des performances inquiétantes.

3. Claude Julien aurait disputé la dernière année de son contrat l’an prochain. Généralement, on prolonge le contrat d’un entraîneur d’expérience avant sa dernière année de contrat. Bergevin n’avait clairement pas l’intention de prolonger le contrat de Julien durant l’été et il était donc plus apte à le congédier hier.

4. Certains vétérans de l’équipe auraient rencontré Marc Bergevin récemment afin de lui demander un changement d’entraîneur. Claude Julien avait perdu son vestiaire selon Georges Laraque et le DG n’avait pas le choix de réagir.

Mais on oublie souvent une cinquième raison : l’argent.

Oui, Geoff Molson et ses partenaires continueront de payer Claude Julien cinq millions $ la saison prochaine…

Mais ils ont surtout permis à Marc Bergevin d’offrir 102 millions $ durant l’entre-saison.

102 millions $, c’est le plus haut total d’argent versé par une équipe de la LNH (en contrat) durant cette saison morte pandémique où, dois-je le rappeler, les équipes doivent dealer avec d’importantes pertes de revenus?

Geoff Molson s’attend donc à ce que les moves de Marc Bergevin fassent gagner l’équipe et Marc Bergevin, il s’attend à ce que le coach utilise à bon escient les joueurs qu’il a sous la main et qu’il gagne des matchs. Ce n’était plus le cas.

Molson sait que la vente de billets risque d’être difficile le jour où des gens pourront à nouveau entrer dans le Centre Bell. Il doit garder les fans accrochés d’ici là. C’est du sport professionnel, et non du sport amateur!

Tout le monde chez le Canadien, des joueurs aux directeurs, en passant par l’entraîneur-chef, a énormément de pression pour gagner cette année. Marc Bergevin ne pouvait tout simplement plus se permettre d’attendre et de se montrer patient. Money always talks.

Reste maintenant à savoir si le problème était vraiment derrière le banc, si Carey Price pourra redevenir le gardien qu’il a déjà été, si Dom Ducharme osera davantage utiliser Jake Allen au besoin, si les joueurs offensifs produiront plus de points dans un système où la (bonne) prise de risques est encouragée et si les succès du CH en début de saison étaient attribuables à la portion calendrier préparatoire qui n’existe pas cette année.

Mentionnons que Dominique Ducharme est un bon entraîneur. Le point, c’est de mentionner que la décision a été prise pour des raisons monétaires.

Good luck Dom… qui, puisqu’il est question d’argent dans cette chronique, ne touchera qu’une fraction du salaire qu’un entraîneur-chef d’expérience aurait touché (durant plusieurs années) en s’amenant à Montréal à la place d’une nomination par intérim. Money talks again…

En rafale

– Claude Julien peut partir la tête haute.

– Le début du nouveau (et dernier?) chapitre de Marc Bergevin.

Vrai!

– Il n’y a pas que Carey Price qui devra élever son jeu d’un cran.

– Longue absence à prévoir pour Derek Stepan (UFA cet été) chez les Sens. J’espère que l’équipe le laissera aller rejoindre sa famille aux États-Unis durant sa rehab.

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