Des ligues sportives pourraient déclarer faillite en Amérique du Nord

Ils commencent à être nombreux à nous dire que la crise sera longue et que la reprise le sera encore plus, surtout pour le secteur du tourisme, de l’hôtellerie, du divertissement, du voyage et du sport. Hier, des spécialistes ont même confié que ça pourrait prendre deux ans avant de voir des gens franchir les tourniquets du Centre Bell à nouveau.

Jeff Fillion a quant à lui reçu Pierre Couture hier matin dans le cadre de son podcast Free Talk pour une chronique économique.

Couture, un journaliste qui se spécialise dans le monde des affaires, l’économie, de la finance et la consommation, a notamment discuté d’une rumeur qui court présentement : les différentes ligues sportives et leurs équipes pourraient devoir déclarer faillite. Dans les faits, les équipes pourraient ne plus parvenir à payer les gros salaires de leurs athlètes et éventuellement devoir chercher à s’arranger avec ses créanciers. Elles ne disparaîtraient pas, elles se métamorphoseraient… elles ressusciteraient.

Si la crise perdure et que les spectateurs ne peuvent/veulent plus se masser massivement dans les stades/arénas, les dirigeants des différentes ligues sportives devront jeter leur plan optimiste aux poubelles afin de le remplacer par un plan d’urgence.

Les organisations pourraient donc décider de se libérer des contrats qui les lient aux athlètes, étant incapables d’être solvables tout en les payant à rien faire.

Bien évidemment, ces mêmes personnes seraient celles qui géreraient une nouvelle ligue formée pour mieux répondre aux contraintes actuelles.

L’ère post-COVID-19 pourrait empêcher les équipes de payer autant de millions $ à des joueurs qui ne jouent (et ne rapportent donc) pas.

Est-ce que le CH et la LNH, qui misent beaucoup sur les revenus aux guichets et leurs contrats de télévision (qui pourraient être brisés/annulés en des pertes de revenus en publicité), vont devoir déclarer faillite? J’en serais surpris. TRÈS surpris!

Pourquoi? Parce que le système en place dans la LNH assure un partage 50-50 des revenus liés au hockey entre les joueurs et la ligue. S’il y a moins d’argent qui entrent, il y en a tout simplement moins qui se rend aux joueurs en bout de ligne (via l’escrow et son non-remboursement en cas de pertes).

D’autant plus que les conventions collectives contiennent des dispositions en cas de force majeure.

Mais il est clair que LE modèle d’affaires devra être modifié.

Pierre LeBrun a confié que le hockey professionnel allait souffrir durant plusieurs années et que c’était justement le temps de créer une réelle paix à long terme en matière de relations de travail.

Les revenus aux guichets sont nuls. Les revenus en publicité en ont pris (et continueront d’en prendre) un sérieux coup.

La LNH et l’Association des joueurs ont su éviter un lock-out ou une grève il y a quelques mois. Ils doivent maintenant faire preuve d’ouverture pour plancher sur les bases d’un nouveau système où chacun acceptera possiblement de faire moins d’argent qu’avant.

La convention collective viendra à échéance dans deux ans. La LNH et ses joueurs doivent profiter de la situation actuelle pour marcher main dans la main (virtuellement) et assurer la pérennité du hockey professionnel en Amérique du Nord. Les joueurs devront accepter de voir la ligue se «refaire» suite aux nombreuses pertes (un milliard $?) subies présentement…

Pourquoi ne pas baisser le salaire de tous les joueurs d’un certain pourcentage? On verra…

L’important, c’est de s’assurer que des équipes ne feront pas faillite alors que d’autres, non. Ça créerait tout un bordel dans la ligue…

Le sport aidera la société à guérir après cette crise. Il y aura du sport à nouveau et les matchs reprendront. Reste juste à savoir quand et sous quelle forme…

En attendant, prenez soin de vous et de votre famille. C’est ça l’important présentement.

PLUS DE NOUVELLES