Cet homme peut ramener une 25e Coupe Stanley à Montréal

La vie fait parfois bien les choses. Vraisemblablement, le Canadien est à trouver du remplacement à Michel Therrien, qui n’a jamais su appuyer sur les bons boutons, lorsque privé des miracles d’un gardien surhumain.  Au même moment, un candidat solide, un innovateur avec la tête bourrée d’astuces se trouve à être disponible.

Qui plus est, cet homme maîtrise parfaitement le français et l’anglais.

On croirait presque au destin. Guy Boucher a passé à deux doigts d’être le grand entraîneur des Leafs de Toronto avant que Mike Babcock ne s’immisce dans le portrait l’été dernier. Les Devils, notamment, auraient ensuite convoité ses services, sans arriver à trouver un terrain d’entente.

Puis, le club de Berne, en Suisse, lui a montré la po

rte en novembre, le rendant disponible auprès de toute équipe du circuit Bettman qui aurait un poste d’entraîneur-chef à combler.  Boucher est liiiiibre, comme le chantait Michele Richard.

Un concours de circonstances improbable a fait en sorte qu’un tacticien de renommée ayant déjà fait ses classes dans le circuit soit sans emploi alors que les chances de faire les séries du CH meurent à petit feu.

Mais Marc Bergevin réalise-t-il sa chance? Où ira-t-il encore piger dans l’Antichambre?

Cet homme pour mener le CH à une 25e 

Ce que le passé nous aura appris à propos de Guy Boucher est qu’il possède une habileté innée d’adapter ses méthodes aux forces et faiblesses de son alignement. Ainsi, il a brillamment maximisé le potentiel modeste d’un Lightning de Tampa Bay alors doté d’une profondeur défensive minable et d’un gardien numéro ayant dépassé sa date de péremption en Dwayne Roloson.

Ignorons l’année 2012-2013 du Lightning puisque Boucher a été licencié à mi-chemin au cours de la saison. On peut difficilement évaluer son travail individuellement en utilisant les données entières de celle-ci, à moins de les filtrer afin d’exclure tous les matchs après le 23 mars 2013 (date exacte de son congédiement), ce qui est un exercice long, délicat et anecdotique compte tenu de la taille de cet échantillon.

De 2010-2011 à 2011-2012 donc, on observe que le Lightning a fait mouche sur 18,2% de ses avantages numériques, le 8e meilleur taux d’efficacité du circuit durant cette période. Il a également revendiqué la septième meilleure offensive en vertu d’une moyenne 2,88 buts par match.

La première saison de Boucher à la barre de l’équipe a été de loin sa meilleure. L’ancien des Bulldogs d’Hamilton a soulevé le club des bas fonds dans lequel il sombrait, et ce, de façon spectaculaire. Au terme de la saison 2010-2011, le Lightning affichait le meilleur différentiel des chances de marquer du circuit selon War-On-Ice, un beau +424. Non seulement l’équipe floridienne a terminé au 2e rang de la division Sud-Est, elle a fait son chemin en séries jusqu’en finale de conférence, avant de s’incliner face aux Bruins de Boston.

Ce qui rend les accomplissements de Boucher si impressionnants est que son équipe, lorsqu’elle a connu ses plus grands succès, traînait des faiblesses flagrantes qu’on ne retrouve pratiquement jamais chez les formations atteignant le carré d’as des séries. Durant son règne à Tampa Bay, Boucher a tiré le meilleur d’une brigade défensive archimoyenne, menée par un jeune Victor Hedman n’étant pas arrivé à maturité. Constatez par vous-même, voici tous les arrières qu’il a eus sous la main à Tampa Bay: Victor Hedman, Brett Clark, Marc-André Bergeron, Eric Brewer, Pavel Kubina, Matthew Carle, Sami Salo, Matt Gilroy, Randy Jones, Bruno Gervais, Mike Lundin, Keith Aulie, Brian Lee, Radko Gudas, Mattias Ohlund, Brendan Mikkelson, Mike Vernace, Matt Taormina, Mark Barberio, Mike Commodore, Andrej Sustr, Evan Oberg, Mathieu Roy et Matt Smaby. La plupart ne jouent même plus dans la LNH et étaient au mieux, des défenseurs marginaux pouvant dépanner sur le top-4 d’une équipe moyenne.

Soulignons au passage le travail que Boucher a accompli auprès d’Hedman, en n’hésitant pas à lui confier de grandes responsabilités (près de 22 minutes par match) à un très jeune âge, et ce, avant même son éclosion. Le grand suédois a beaucoup appris de ces années et s’il est aujourd’hui le défenseur d’élite qu’on le connaît, il le doit en partie à Boucher, qui en a rapidement fait un pilier de sa ligne bleue.

C’est également sous sa férule que Steven Stamos a joué son meilleur hockey et a inscrit un total effarant de 60 buts en 2011-2012.

Bref, pour l’identité défensive du système de Boucher, on repassera. S’il a voulu imposer une structure étanche, c’est d’abord, car il s’est adapté au talon d’Achille de sa formation, son groupe de défenseurs. Parions qu’il s’amuserait comme larron en foire avec des arrières de la trempe de Subban, Beaulieu et Markov. N’oublions pas le sous-estimé Mark Barberio, qui commence tranquillement à prouver qu’il peut évoluer sur une deuxième paire (son retrait de la formation est inexplicable). Et il ne demanderait que de pouvoir miser sur Carey Price après avoir dû composer avec le cadavre de Dwayne Roloson, qui aura éventuellement causé sa perte.

En fait, il appert que le système 1-3-1 est plutôt incompris. Je m’étais d’ailleurs fendu d’une analyse à ce sujet l’été dernier.

Le système de Boucher ne se limite pas au 1-3-1. Il est accompagné d’une variante 1-2-2 en échec avant. Lorsqu’il y a une possibilité de s’emparer de la rondelle, le Lightning envoie un chasseur profondément dans le territoire offensif et demande aux ailiers de couvrir les flancs. Il applique alors une pression étouffante, incisive, pour bricoler un revirement. Quand la tactique échoue et l’autre équipe réussit la sortie de zone, les joueurs du Lightning se repositionnent rapidement en formation 1-3-1, qui consiste à inonder un côté de la patinoire afin de forcer un rejet en zone offensive. LIEN

Malgré toutes ses bonnes intentions, Bergevin devra déroger de sa mentalité de « old boys club ». Recycler un autre ancien entraîneur du CH alors que l’homme avec les meilleures connaissances des systèmes de jeu sur le marché ne demande qu’une chance de se refaire valoir serait une horrible décision qui reviendrait le hanter.

À ce stade, cette équipe a besoin d’un électrochoc. D’un penseur outside the box qui la redynamisera et exploitera au maximum le talent de ses joueurs. D’autant plus que Boucher a de bonnes affinités avec David Desharnais et P.K. Subban, qu’il a dirigés à Hamilton.

Qui sait, c’est peut-être ce dont Galchenyuk, Andrighetto et Beaulieu ont besoin pour décoller.

Bergevin devra regarder bien loin de son cercle d’amis. Il doit confier cet emploi au meilleur candidat disponible, même si sa vision unique du hockey est particulièrement différente de la sienne.

Parce que l’ouverture est une forme d’intelligence et un grand savant du nom d’Einstein a affirmé que répéter sans cesse les mêmes expériences, comme le fait Therrien, se veut la définition même de la folie.

Par-dessus tout, parce que Guy Boucher a le pedigree pour mener le Tricolore à une 25e Coupe Stanley.

En rafale
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Ça frappe moins fort que le premier…

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De retour au centre, et ça presse!

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Oui, on est rendu là. Faudra s’y faire.

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– Andrew Ladd intéresserait les Panthers… au bon prix!

– Les Coyotes ont discuté avec Boedker. Mais rien n’est imminent.

– Therrien peut remercier mille fois Marc Bergevin. Aucun coach n’a survécu à une séquence aussi médiocre jusqu’à maintenant.

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– Le clin d’oeil de Stéphane Laporte.

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