À la place de Kent Hughes, vous cibleriez Kreider ou Marchenko?
Crédit: Capture d'écran/Twitter

Ainsi donc, le bon Chris Kreider, un « favori de la foule » à Montréal depuis 2014 – et LE joueur que Trevor Timmins aurait repêché en 2009 à la place de Louis Leblanc n'eut été de cette même foule – serait sur le point de revenir dans l'Est.

On dit – « on » étant principalement Renaud Lavoie – que le CH pourrait grandement l'intéresser, lui qui, lors de son long séjour à New York et qui a établi des liens très étroits avec des messieurs assez importants du Tricolore : Martin St-Louis, Jeff Gorton et le directeur de la médecine et de la performance ainsi que thérapeute en chef du sport, Jim Ramsay.

À 35 ans, Kreider vaut encore son pesant d'or comme ne font foi ses 22 buts et 50 points l'an dernier avec les Ducks. Sa fiche de -4 était pour sa part dans la moyenne des attaquants de son équipe et il paraît encore assez bien dans le reste des statistiques avancées, quoi qu'il était plutôt « protégé » en débutant plus de 62% de ses présences en territoire offensif.

À ce stade-ci de sa carrière, Kreider est un ailier de 2e trio statistiquement « correct » et il est encore rapide, robuste, très solide sur patins et prend de l'espace devant le but où il demeure un marqueur efficace de 6'3, 232 lbs.

À défaut d'être le joueur qu'il était au début de la trentaine, il apporterait quand même une autre dimension au deuxième trio du Canadien.

Et surtout, il ne coûterait à l'organisation que les dollars de M. Molson.

Bref, pour un an, ou deux, ou trois au non prix et dans la bonne chaise, Kreider pourrait donner de fiers services aux Canadiens, un peu comme Corey Perry, un autre spécialiste des abords du filet adverse a été capable de le faire ces dernières années avec différentes équipes.

L'autre animal… 

Bien qu'il mesure lui aussi 6'3 et pèse plus de 200 lbs, à tout juste 26 ans et au sommet de carrière, Kirill « The Thrill »  Marchenko est bien évidemment un autre type d'animal… et coûterait pas mal plus cher.

Marchenko est de loin supérieur à Kreider en fait de création de chances de marquer et son WAR (win above average) s'élève à un très appréciable 2.53 selon hockeystats. com alors qu'à 1.08, Kreider ne casse pas trop la baraque.  

Mais, l'an dernier, lorsque Kreider était sur la patinoire, les Ducks généraient un peu plus de tirs que lorsque Marchenko foulait la glace pour les Jackets, même si ce dernier était encore plus favorisé que l'ex Ducks au niveau du déploiement offensif, avec 66,5% de ses présences qui débutaient en territoire offensif, comparativement à environ 62% pour Kreider.

Sans être atroce, Marchenko n'a pas été un tireur particulièrement efficace l'an dernier alors qu'il n'a converti que 27 des 45 buts qu'il aurait dû marquer (expected goals). Tout le contraire pour Kreider qui, en tirant généralement de plus proche, a converti 15,8% de ses tirs en buts, alors que le Russe a dû se contenter d'un plus modeste 12,4%. Mais il a aussi tiré 79 fois de plus que l'Américain, une moyenne de plus d'un tir par match…

Bref, si le CH a ce qu'il faut pour satisfaire Don Waddell et est prêt à offrir un « pont d'or raisonnable » pour retenir les services de Marchenko en juillet prochain, il serait loin d'être un mauvais joueur de hockey.

À quoi ressemblerait une offre acceptable pour Waddell?

Le patron des Jackets est conscient de la perte de production qu'engendrerait le départ de son joueur vedette. On parle d'environ 30-35 buts et entre 65 à 75 points par saison, et rien ne dit que dans un contexte plus favorable le Russe ne serait pas capable de mieux.

En plus d'un espoir de qualité, on se doute bien qu'il veut des joueurs capables de produire maintenant.

Mathias Brunet a avancé cette semaine que le CH « serait sans doute prêt à sacrifier son meilleur espoir, Michael Hage, ou Alexander Zharovsky, avec un choix de premier tour et un autre espoir » pour les services de la vedette des Jackets.

Même si ça ne semble pas correspondre aux exigences de Waddell, du côté du CH, on serait fou de ne pas céder Zharovsky, un choix de premier tour et un autre espoir.

Mais laisserait-on partir Hage à la place de Zharovsky?

Beaucoup, beaucoup, beaucoup moins certain…

Au même âge, Hage qui n'aura 21 ans qu'au printemps prochain, semble légèrement en avance sur Marchenko. Le 21e choix au total en 2024, joue également au centre, une position plus difficile et cruciale qu'à l'aile.

Rappelons aussi que Marchenko était à l'origine un plus modeste 49e choix au total pour Columbus en 2018 et n'a réussi que 25 points en 59 à son arrivée dans la LNH à 22 ans. Puis, pour ce que ça vaut, il n'avait clairement pas été le meilleur attaquant du CMJ en 2020 comme ce fut le cas pour Hage l'hiver passé…

Bref, en plus de Zharovsky, je ne sais trop qui pourrait être l'« autre espoir » dans une telle transaction, mais je serais prêt à en donner un autre bon, tant qu'il ne s'appelle pas Hage, Fowler ou Reinbacher.

Zharovsky, Bolduc et un choix de première ronde, le feriez-vous?

Bolduc peut jouer maintenant et enfiler une vingtaine de buts et il est encore en progression. Un marché avec moins de pression pourrait aussi lui être favorable.

À terme, Zharovsky pourrait devenir le joueur clé de la transaction, mais il faudra être patient.

Quant au choix de première ronde, il faut le considérer comme une « formalité administrative », comme dirait Caïus Pupus.

Mais si Waddell – un peu mal pris et il le sait – tient mordicus à obtenir des joueurs capables de jouer et produire maintenant, en plus du choix de première ronde, il pourrait aussi piger, disons deux, trois joueurs dans un panier composé de Kirby Dach, Bolduc, Kapanen, Struble, Xhekaj et Engstrom.

Obtiendra-t-il plus que ça ailleurs?

Et le contrat?

Marchenko, on le sait, est un client de Dan Milstein qui entretient d'excellents rapports avec Kent Hughes depuis déjà quelques années.

Milstein, entre autres, l'agent de Demidov, Texier, Zharovsky et Pugachyov, est bien au fait de la philosophie derrière la structure salariale du Tricolore : la victoire avant tout. Les joueurs qui veulent s'entendre à long terme avec le Canadien doivent s'attendre à laisser quelques dollars sur la table.

Dans un cas comme celui de Marchenko, qui sera à un an de son autonomie complète en juillet prochain, à quoi pourrait ressembler un contrat « montréalais » acceptable?

S'il recherche une entente qui lui rapporterait plus de 14 M$ par année, le CH ferait probablement mieux de passer son tour. Même dans le marché d'aujourd'hui, Marchenko ne vaut pas ça.

Ce serait environ le même salaire que Connor Bedard et plus d'argent que Leon Draisaitl !

Wô les moteurs!

Mais si Marchenko veut s'établir à Montréal avec un contrat à long terme qui lui rapporterait autour de 10-12 M$ par saison, ce serait un bon deal pour tout le monde.