Trophées de la LNH : Le CH pourrait faire très belle figure…
Crédit: Getty Images

Les clubs de la LNH sont tous en congés jusqu'au 25 février.

L'heure est aux Jeux olympiques!

De son côté, l'esprit tranquille, le CH a terminé en force son dernier segment avant la pause avec une fiche de 4-0-1. En excellente posture pour se classer en séries, il ne pourra toutefois se permettre de lever le pied tellement ça chauffe dans l'Est!

Heureusement, à la reprise des hostilités, Martin St-Louis devrait pouvoir compter sur une équipe en grande forme avec le retour en santé de Newhook, Caufield et Hutson frais et dispos grâce à la stupidité générosité de M. Guerin, sans oublier un Kirby Dach et un Kaiden Guhle un peu plus « dérouillés ».

Quant à Patrik Laine, ce sera un dossier à suivre, mais ses jours semblent bel et bien comptés à Montréal…

Enfin, il restera à voir si Michael Hage sera le seul « gros ajout » du Tricolore en vue des séries ou si HuGo nous réservera une petite surprise à la date limite des transactions.

Bref, avec cette pause et envrion 25 matchs à jouer, ça m'apparait être un bon moment pour un article tentant d'établir les favoris en vue de quelques-uns des trophées les plus convoités remis par la LNH.

Combien de représentants du CH termineront parmi le top 5 des différentes catégories?

Prends-toi un autre café, on part!

Trophée Hart (Joueur le plus utile)

1. Nathan MacKinnon
2. Nikita Kucherov
3. Macklin Celebrini
4. Connor McDavid
5. Zach Werenski

On a là cinq TRÈS sérieux candidats. Cinq joueurs « élite » sans qui leur équipe respective serait méconnaissable. MacKinnon (93 pts, +48 !) était le favori par un mille il y a quelques semaines à peine. Mais l'explosion nucléaire de Kuchevov dans le dernier mois – en l'absence de Brayden Point, rappelons-le –  est venu tout remettre en question.

Or, si jamais Celebrini pouvait conduire ses Sharks en séries, c'est peut-être lui qui prendrait la tête!

Même chose pour Zach Werenski, qui n'obtient pas assez de crédit pour ses exploits à Columbus. Surveillons les Jackets (9-1-0 à leurs 10 derniers matchs) à seulement 4 points des Islanders avec 2 matchs en main…

Enfin, même si son club en arrache un brin jusqu'ici, avec ses 96 points en 58 parties, il ne faut jamais compter McDavid pour battu…

Trophée Calder (recrue de l'année)

1. Matthew Schaefer
2. Ivan Demidov
3. Beckett Sennecke
4. Oliver Kapanen
5. Jakub Dobes

À moins d'accéder à une autre stratosphère, Demidov (46 pts) ne fera probablement pas suffisamment de points pour devancer le défenseur Schaefer (39 pts) dans cette course au Calder. Ça lui prendrait au moins une saison de 70 à 75 points pour s'assurer de marquer les esprits sur le bulletin de vote. Une lourde tâche. MAIS il conserve tout de même des chances d'y parvenir, d'autant plus que Schaefer pratique un style de jeu pouvant l'exposer à des petits et gros bobos…

À quelques petits points derrière Demidov, le grand et très agile Sennecke (44 pts) n'a pas dit son dernier mot, lui qui semble progresser de semaine en semaine.

Ce sera donc un belle lutte à trois pour le dernier droit de la saison.

Enfin, Kapanen et Dobes n'ont aucune chance réelle de remporter ce trophée, mais ils risquent tout de même de se retrouver parmi les cinq premiers au scrutin final. Après tout, Kapanen est à égalité avec Sennecke pour les buts (18) et Dobes devance par une bonne marge tous les gardiens recrues avec ses 18 victoires en 27 parties. On croit aussi qu'il jouera davantage lors des 25 derniers matchs du Canadien…

Trophée Norris (meilleur défenseur)

1. Zach Werenski
2. Cale Makar
3. Lane Hutson
4. Quinn Hughes
5. Miro Heiskanen

Plusieurs joueurs ont des chances ou méritent de se classer dans le top 5 et on a dû trancher. Peut-être que McCavoy, Dahlin, Chychrun, Raddysh, Seider, voire même Bouchard, meneur pour les points (63), s'y retrouveront à la fin de la saison…

Un peu comme MacKinnon pour le Hart, Makar avait fait cavalier seul pendant un bon bout pour l'obtention du Norris. Mais, à mes yeux, Werenski, 1er pour les points (62) 2e pour le temps de jeu (26:22) et les buts (20), et surtout, véritable colonne vertébrale de son équipe, semble lui avoir ravi la pôle dans le dernier mois. Une lutte à finir entre ces deux extraordinaires défenseurs.

Lane Hutson, 9e l'an dernier et peut-être le plus célèbre non-olympien de l'histoire moderne, a des chances d'être sur le podium en vertu de sa production (3e rang, 58 pts), de son différentiel (+22) et de son esprit de compétition de plus en plus reconnu. Mais son temps de jeu (23:42) se classe seulement au 24e rang et indique qu'il ne joue vraiment pas très souvent en désavantage numérique en plus de ne toujours pas être un abonné aux confrontations contre les meilleurs patineurs adverses.

Enfin, le bon Quinn Hughes, gagnant dudit trophée il y a deux ans, occupe de loin la première place au chapitre du temps de jeu (1:30 de plus que Heiskanen au 2e rang!), mais, comme on l'a vu la semaine dernière, son jeu et son niveau d'engagement laisse parfois à désirer dans sa zone…

Trophée Maurice « Rocket » Richard (meilleur buteur)

1. Nathan MacKinnon
2. Connor McDavid
3. Kiril Kaprizov
4. Matt Boldy
5. Cole Caufield

Il n'y a pas de débat possible ici. Le meilleur gagne, c'est tout. MacKinnon (40 buts) qui n'a jamais remporté ce trophée, a quand même 6 buts d'avance sur son plus proche poursuivant, McDavid, lauréat en 2023.

Kaprizov, Boldy, Caufield, Geekie et Robertson sont présentement tous à égalité avec 32 buts. Je pense qu'au moins un des deux joueurs du Minnesota devancera Caufield au fil d'arrivée… Mais Ti-Cole pourrait nous faire mentir et a même des chances de terminer 2e!

Trophée Selke (meilleur attaquant « défensif »)

1. Nick Suzuki
2.
Anthony Cirelli
3. Jack Eichel
4. Leon Draisaitl
5. Anze Kopitar

S'il y a un trophée qui se gagne très souvent en se basant sur la réputation des joueurs, c'est bien le Selke! À preuve, après une campagne très ordinaire selon ses propres standards, c'est Aleksander Barkov (71 pts en 67 matchs, +1) qui l'avait remporté par une grande marge et pour une deuxième année de suite en 2025…

De son côté, Nick Suzuki, pourtant fort d'une saison de 89 points et d'un différentiel de +19, avait dû se contenter du… 13e rang!

(Crédit: MEDIA.NHL.COM)

Quelqu'un a dû recevoir le mémo, puisque cette année ce même Suzuki est LE grand favori. En fait, il n'y aurait pas vraiment de course dans l'esprit de plusieurs.

Anthony Cirelli, s'il se remet bien de sa blessure l'empêchant de participer aux J.O., sera peut-être le seul qui pourrait apercevoir, au loin, le capitaine du Canadien en récoltant quelques votes de premières places ici et là…

En 5e position l'an dernier, et encore quelque peu sous-estimé dans ce domaine, Eichel récoltera une fois de plus sa part de votes, tout comme Draisaitl.

À son dernier tour de piste, Anze Kopitar, double vainqueur du Selke en 2016 et 2018, recevra sans doute quelques « salutations » soulignant son excellence défensive au fil des ans.

Et ne vous surprenez pas si ce même Kopitar se voyait décerner, pour une deuxième année de suite, le fameux Trophée Lady Byng remis au joueur le plus « gentilhomme », présentant le meilleur esprit sportif tout en affichant de solides performances. Ce serait son 4e en carrière!

Le Lady Byng (qu'on pourrait peut-être renommer « Trophée Marcel Dionne », double vainqueur dans les années 1970?) est un autre trophée qui pourrait bientôt tomber dans les bras de Nick Suzuki. On notera qu'au fil des ans, la liste des gagnants est plutôt impressionnante.

Jack Adams (meilleur entraîneur)

1. Martin St-Louis
2. Dan Muse
3. Lindy Ruff
4. John Cooper
5. Jared Bednar

Après avoir été parmi les trois finalistes l'an dernier, est-ce que ce sera l'heure de la consécration pour Martin St-Louis? En 24-25, le CH avait enregistré une progression de 15 points par rapport à 23-24. On l'avait remarqué au quatre coins de la LNH…

Or, le Tricolore montre déjà 15 points d'avance sur sa production de l'an dernier à pareille date! En terme de points, il est le 4e meilleur club de toute la LNH depuis le tournoi des 4 nations…

Ainsi, si le Canadien se maintient dans le top 8 du classement général et affiche des progrès défensifs dans le dernier droit, St-Louis pourrait se hisser au sommet du scrutin pour le Jack Adams. Du moins, il aurait mon vote, ne serait-ce que pour souligner son excellence auprès d'un si jeune groupe et la progression constante de son club depuis qu'il est en poste.

Mais c'est LOIN d'être dans le sac!

Dan Muse a fait des miracles à Pittsburgh et les coachs « miraculeux» gagnent souvent ce Trophée. Lindy Ruff, gagnant en 2006 à… Buffalo (!), est un autre grands favoris parmi les « miraculeux ». Mais dans ces cas-là, ça annonce souvent et bizarrement de très mauvaises choses pour la saison suivante.

Parlez-en à une majorité de vainqueurs des 12 dernières années!

(Crédit: Capture d'écran NHL.com)

Je suis peut-être quelque peu biaisé, mais je préfère la candidature de St-Louis, tout en misant sur un certain dégonflement de la « balloune » à Pittsburgh et Buffalo, alors que le CH, de son côté, comptera enfin sur un effectif complet et des gardiens revigorés…

Trophée Jim Gregory (meilleur directeur général)

1. Kent Hughes (MTL)
2. Julien BriseBois (Tampa Bay)
3. Jim Nill (Dallas)
4. Chris MacFarland (Colorado)
5. Bill Guerin (Minnesota)

Ah! Voici un autre trophée qui accorde ÉNORMÉMENT d'importance à la réputation à l'intérieur des grands cercles (hockey et médiatiques) de la LNH! À preuve, le gentil, charmant et excellent – il est vrai – Jim Nill  l'a remporté pour une troisième année consécutive en juin dernier. Cela dit, le bon Jim, n'a pourtant toujours rien gagné à Dallas…

Or, croyez-le ou non, mais Julien BriseBois n'a encore jamais remporté ce trophée! Est-ce que ses petites manigances avec les bobos de Kucherov et le plafond salarial ont terni sa réputation auprès de ses pairs et des médias? Celui qui semble toujours trouver le moyen de maintenir son club parmi les aspirants verra-t-il enfin le fruit de ces efforts être récompensé par autre chose que de« vulgaires » (peut-être une troisième en juin) Coupe Stanley?

Et Kent Hughes, lui? Le brillant « jeune » DG semble être en train de se bâtir une très solide réputation à travers la LNH. Jusqu'ici, dans l'année d'opérations qui a débuté avec le repêchage, Kent Hughes a mis la main sur un défenseur vedette en Noah Dobson, a fait une transaction au 2e tour pour sélectionner (apparemment) un autre joyau en Zharovsky, apparaît bien avec l'échange pour Bolduc, a déniché Texier gratuitement et rapatrié Danault, un solide centre, à très bon prix.

Au-delà de tout ça, Hughes a su maintenir le cap par rapport au plan qu'il s'était donné et, aujourd'hui, la ligue entière voit très bien que le plus jeune club de la LNH deviendra, en toute logique, une équipe aspirante lors des 5 à 8 prochaines années.

Si le CH termine en force et qu'en plus de Michael Hage, Hughes sort un autre petit lapin de son chapeau, on aime ses chances…

Conclusion

En somme, si nos estimations sont à peu près exactes, et qu'on ajoute une possible nomination à Suzuki pour le Lady Byng, le CH pourrait être représenté pas moins de 9 fois parmi les 5 favoris pour les différents honneurs remis en juin. Et non les moindres:

-Meilleur recrue
-Meilleur défenseur
-Meilleur buteur
-Meilleur attaquant défensif
-Meilleur entraîneur
-Meilleur DG

Bien sûr, à part peut-être pour Suzuki et le Selke, rien n'est gagné pour les autres.

Au mieux, Demidov a environ 30% à 40 % de probabilités de succéder à Lane Hutson pour le Calder.

Martin St-Louis et le Jack Adams, c'est un choix personnel. Je ne sais pas à quel point les anglophones hors Montréal l'apprécient et se rendent compte de l'excellence de son travail…

Un peu la même chose peut être dite de pour Kent Hughes et le Trophée Jim Gregory. Ce sont des honneurs extrêmement « matière à débat » pour lesquels, en plus des résultats, la réputation en mène souvent très large…

Peut-être St-Louis et Hughes auront-ils besoin d'une autre grosse saison avant d'être consacrés…

Mais avec autant de représentants et d'honneurs théoriquement possibles, voilà quelques signaux supplémentaires d'un club qui s'en va vers les plus hauts sommets.