Rien de bien compliqué cette semaine.
On vous offre six points d'analyse sur des sujets chauds, chauds, chauds!
Ça part!
1. Lane Hutson : un patineur encore sous-estimé
Vous rappelez-vous du temps où plusieurs analystes des espoirs estimaient que Hutson était un patineur bizarre? Encore aujourd'hui, ils sont encore nombreux à sous-estimer la vitesse et les qualités de patineur du #48. Pourtant, même s'il ne sera jamais le plus fluide ni le plus élégant au sens classique, Hutson est régulièrement le plus rapide et le plus agile patineur sur la glace!
Dernièrement, en plus des montées à l'emporte-pièce et ses feintes dont lui seul a le secret, on l'a vu à plusieurs reprises réaliser des replis défensifs absolument hallucinants.
C'est sans doute dans ces fameux replis qu'il enregistre très souvent ces nombreuses poussées entre 29 et 35 km/h. À cet égard, il est intéressant de comparer Hutson (dans la colonne de gauche) avec celui que l'on cite toujours comme le meilleur patineur de l'équipe, Mike Matheson (dans la colonne de droite). Hutson compte 758 explosions entre 29 et 35 km/h contre « seulement » 386 pour Matheson.

Je voulais juste le souligner.
2. La blessure de Michael Hage pourrait le diriger vers Laval
La majorité des lecteurs se rappellent sans doute de l'entrée en matière de Cole Caufield, à 20 ans, juste avant les séries en 2021 et les quelques petits bijoux réalisés lors de son premier parcours éliminatoire.
Tout le monde se rappelle aussi de l'arrivée à 19 ans de Demidov à pareille date l'an dernier, dont son fameux premier match où il avait inscrit un but et une passe en première période.
À 20 ans ce mardi, après une deuxième saison plus que convaincante à Michigan, on pensait bien que Michael Hage allait pouvoir connaître le même genre de succès que ces deux illustres prédécesseurs à son arrivée à Montréal. Mais, le match de demi-finale perdu par Michigan nous a encore fait voir qu'il demeurait incommodé par une blessure et, au moment d'écrire ces lignes, on ne sait trop quelle sera l'approche du Canadien dans ce cas-ci.
En santé, il serait un ajout de taille. Sans dire qu'il sera du même niveau que le quintette de rêve déjà en place, Hage demeure un joueur de grand talent.
Mais s'il ne se remet complètement de sa blessure à une jambe que dans deux semaines ou plus, pourquoi ne pas lui offrir un contrat d'essai à Laval? S'il est toujours en séries, le Canadien pourra toujours réajuster le tir et lui faire parapher son contrat d'entrée au moment opportun.
3. Jakub Dobes mérite-t-il d'être un finaliste au Calder?
On dit souvent que la statistique la plus importante pour les gardiens, c'est le nombre de victoires. À cet effet, c'est quand même fou de penser que dans cette nouvelle ère d'abondance offensive en ville, on ne fait pas grand cas de la fiche éblouissante de Jakub Dobes – un gardien recrue, rappelons-le – devant le filet cette saison.
Le CH a un pourcentage de points accumulés de .658 cette saison. Mais en allant chercher 62 points de classement sur une possibilité de 80 en 40 départs, le % de points avec Dobes dans les buts s'élève à .775!
Imaginez où serait le Canadien au classement si Dobes avait joué 10 matchs de plus!
En comparaison, avec 66 points obtenus sur une possibilité de 106 en 53 sorties, le pourcentage de points de Dustin Wolf s'élevait à .623 avec les Flames l'an dernier, ce qui lui a tout de même permis une deuxième place pour le Trophée Calder, devant Macklin Celebrini!
Tout ça pour dire qu'en cette autre saison sensationnelle pour les recrues (Schaefer, Demidov, Sennecke…), Dobes mérite certainement une mention dans le top 5, voire même d'être un des trois finalistes. D'autant plus qu'il excelle en cette fin de saison, lui qui se classe dans le top 3 des meilleurs gardiens de la ligue depuis janvier au niveau des statistiques, notamment le % d'arrêt.
Mais la question qui sera bientôt sur toutes les lèvres sera de savoir de quel bois il se chauffe en séries en tant que gardien partant…
4. Adam Engstrom : le « gars gêné » pas gêné
À première vue, au niveau de sa personnalité un peu effacé, Adam Engstrom semble être dans le même moule que quelques Européens des pays nordiques choisis un peu plus tardivement au repêchage qu'on a vu défiler au cours des dernières années. On pense entre autres aux Jesse Ylonen, Magnus Nygren et Lukas Vejdemo.
Mais contrairement aux autres, le nouveau #42 du Canadien ne semble pas du tout gêné sur la glace. On le voit régulièrement faire des jeux complexes en possession du disque avec la même confiance qu'il affichait à Laval.
Aucun doute : Engstrom est un défenseur de la LNH dans une majorité de formations. Reste encore à voir si la direction décidera qu'il a plus de valeur à Montréal ou ailleurs…
Une très belle police d'assurance en attendant.
5. Canadien c. Lightning : une rivalité grandissante
Depuis l'étrange finale de la Coupe Stanley de 2021 – et les propos méprisants de Nikita « Bud Light » Kucherov à l'endroit des fans montréalais – les affrontements contre le Lightning se sont mis à revêtir un petit quelque chose de plus. Après des rendez-vous en 2014 et 2015, on notera qu'il s'agissait alors d'une troisième confrontation en séries contre Tampa Bay en 8 ans…
Mais là, on sent vraiment qu'on aurait droit à une véritable guerre si ces deux clubs en venaient à s'affronter une quatrième fois en l'espace de 13 ans… Qui aurait pu dire ça lors de l'arrivée des « Bolts » en 1991? C'est fou la vie.
Et quel match jeudi soir!
6. Combien de saisons de 50 buts pour Cole Caufield?
Je suis malheureusement juste un peu trop jeune pour avoir connu les grandes saisons de Guy Lafleur. Je n'ai que quelques vagues souvenirs de son front dégarni et d'un joueur qui n'était déjà plus le meilleur de son équipe. Mais le vrai « Flower » avait déjà réussi six campagnes de 50 buts de 1974 à 1980!
Six! Imaginez!
Avec ses deux saisons de 50 buts, Stéphane Richer arrive au deuxième rang de la riche histoire du Tricolore.
À 25 ans, bien installé sur la première unité d'une puissante équipe encore en pleine ascension, on aime les chances de Caufield de devancer Richer.
Lafleur? Ouf! Pas sûr!
Apprécions quand même l'exploit de Caufield, ça faisait 36 ans qu'on n'avait pas vu ça à Montréal.
Il y aurait eu encore bien des choses à dire sur les fins de saison sensationnelles de Juraj Slafkovsky et de Nick Suzuki, entre autres, mais on va s'en garder pour la semaine prochaine alors que les séries se mettront en branle!