Sans sa reconstruction, le Canadien serait encore dans le « no man's land » aujourd'hui
Crédit: Capture d'écran/Twitter

Ils sont plusieurs dans les médias à avoir (fortement) suggéré pendant les trois dernières années de mettre fin à la reconstruction montréalaise et d'y aller avec une stratégie claire et précise : tout faire pour gagner et faire les séries. Quitte à espérer une fois en playoffs, dixit Marc Bergevin…

Ces mêmes personnes-là – souvent issues d'une génération plus vieille que la mienne – sont satisfaites cette saison et ne se gênent pas pour dire qu'enfin, le club vise la victoire. On les entend ou on les lit un peu partout se réjouir des résultats actuels de l'équipe.

Sauf qu'ils ne comprennent pas – ou ils oublient volontairement – une chose ultra importante : sans les années de reconstruction, les ventes d'actifs, la place faite aux jeunes espoirs en apprentissage et les hautes sélections au repêchage, le Canadien ne serait pas 7-3-0 depuis le début de la campagne.

La preuve? Qui sont les meilleurs joueurs du club montréalais depuis le début du mois d'octobre ?

Nick Suzuki : acquis en échangeant le capitaine de l'équipe (Max Pacioretty).

Cole Caufield : acquis en osant prendre un risque au draft,

Ivan Demidov : sélectionné au cinquième rang overall après une saison de (grosse) misère. Et un gel au cerveau du côté des recruteurs de Columbus…

Juraj Slafkovsky : sélectionné au tout premier rang suite à une saison dans les bas-fonds.

Lane Hutson : sélectionné en deuxième ronde parce que le CH avait plusieurs choix lors des deux premiers tours et qu'il s'est donc permis de prendre un tel risque avec un petit défenseur.

Noah Dobson : acquis en retour de deux choix de premier tour et d'un jeune joueur (acquis dans la vente de Tyler Toffoli).

Il ne vient jamais à Montréal si le CH ne « tank » pas pendant quelques saisons.
(Crédit: Capture d'écran/Twitter)

Zack Bolduc : échangé contre un jeune défenseur droitier sélectionné en première ronde.

Jakub Dobes : sélectionné au repêchage avec l'un des nombreux choix de l'équipe en 2020.

On pourrait même étirer la sauce en parlant d'Alex Newhook (échangé contre des choix au repêchage, que le CH avait en masse), Mike Matheson (échangé contre un défenseur qui venait d'amener l'équipe en Finale de la Coupe Stanley), Alexandre Carrier (débarqué à Montréal en raison de Justin Barron, qui avait été acquis dans la vente d'Artturi Lehkonen) et Oliver Kapanen (sélectionné en deuxième ronde en 2021).

Bref, si le Canadien connaît des succès actuellement, c'est d'abord et avant tout parce que ses dirigeants ont attiré les meilleurs joueurs autonomes à Montréal à rabais été patients, qu'ils ont accepté de vider la maison avant de la reconstruire et que le club a aligné les saisons de misère. Sans ça, le CH croupirait fort probablement encore dans le dernier tiers de la ligue, à viser les séries avec une gang de vétérans désabusés. #NoMansLand

Que les gens qui savourent le rendement des Habs en 2025-26 se le rappellent constamment…

Bien sûr, il y a quelques exceptions / erreurs dans les gestes du duo Jeff Gorton – Kent Hughes.

Terminer dans les bas-fonds en 2022-23, puis sélectionner David Reinbacher avec le cinquième choix au total alors que Matvei Michkov, Ryan Leonard, Dalibor Dvorsky et Zachary Benson étaient encore disponibles pourrait hanter le CH pendant de nombreuses années. We'll see.

Avoir fait l'acquisition de Patrik Laine n'aura pas rapporté les dividendes escomptés. Quoi que sans lui, les jeunes du Canadien n'apprennent pas à jouer du hockey de séries le printemps dernier…

Filip Mesar, sélectionné en première ronde, risque d'être un flop.

Et Kirby Dach ne sera probablement jamais meilleur que Frank Nazar et Alexander Romanov.

Sauf que dans l'ensemble, la stratégie du CH été la bonne. Personne ne frappe pour 1.000 lorsqu'on prend des risques…

Prolongation

Le Canadien a annoncé la semaine dernière que Patrik Laine allait devoir s'absenter pour une période de trois à quatre mois en raison d'une réparation des muscles de la paroi abdominale (via chirurgie). En d'autres mots, Laine avait une hernie sportive au « milieu du corps »…

Sauf que le Canadien n'est pas encore rendu à parler de milieu du corps. Thank god.

Lorsque Laine a dû s'absenter (et demander une deuxième opinion médicale quelques jours plus tard), le Canadien parlait d'une blessure au bas du corps pour Laine.

Mais quand j'ai demandé à l'intelligence artificielle si la paroi abdominale, c'était dans le haut ou dans le bas du corps, l'I.A. m'a répondu : ni un ni l'autre ; c'est entre les deux, au milieu du corps.

Alors voilà : Patrik Laine est actuellement en rehab pour une blessure au milieu du corps. Personne n'a encore statué où le bas du corps commençait EXACTEMENT.

On devra attendre avant de voir si Laine disputera un autre match dans l'uniforme du Canadien. Ça devrait, mais on peut aussi penser que Laine n'aura aucun rythme lorsqu'il chaussera à nouveau les patins dans quelques semaines/mois. Déjà qu'il n'en a pas vraiment depuis son arrivée à Montréal…

À noter que pas mal tout le monde s'entend sur une chose ce matin : Laine ne signera pas de prolongation de contrat avec le CH. Je ne le vois pas fitter nulle part à Montréal l'an prochain.