Les derniers matchs du Canadien ont été tout simplement magiques, sans oublier la performance de Michael Hage au dernier CMJ.
Il y a tellement de points à commenter :
1. L'épiphanie d'Alexandre Texier, le « Français bionique ». Un autre qui ne voulait jouer qu'à Montréal, un endroit qui semble donner un nouvel élan, voire un sens nouveau à sa carrière. Et qui dit « sens », dit toujours « motivation ».
2. Le « grand débrouillage Super Écran » de Jaromir Juraj Slafkovsky. En rétrospective, j'avais très bien fait de toujours le considérer parmi les espoirs du club l'été dernier celui-là. Malgré les 200 matchs qu'il avait déjà au compteur, on sentait qu'il était encore loin d'avoir atteint son plafond :
Si la marque des 60 points était déjà atteignable la saison dernière comme on vient de le démontrer, celle des 70, voire des 80 points, est certainement possible dès 2025-2026 à seulement… 21 ans!
Si c'est le cas, on serait toujours dans les eaux des Tkachuk et Rantanen au même âge…
Mais, le pire, ou le mieux, c'est selon, c'est qu'on sent qu'il pourrait devenir encore plus confiant en tant que marqueur de buts… À suivre!
4. Puis, bien sûr, que dire de Lane « 1 point par match, + 17 » Hutson qui n'a pas été retenu par Bill Guerin et l'équipe américaine. Voici ce que j'en pense : « AhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAh. »
Il n'y a que deux défenseurs qui sont présentement meilleurs que Lane Hutson dans l'univers connu. DEUX. Cale Makar et Zack Werenski.
Si je sais compter jusqu'à deux, ça ferait de Lane Hutson le 2e meilleur défenseur des États-Unis.
WTF Bill?
Ah oui, c'est vrai, Guerin ne voulait pas mettre Hutson dans les pattes de son nouveau joujou, Quinn Hughes…
Qu'importe, il y a de bien pires choses qui se trament chez nos voisins du Sud et dans l'État du Minnesota ces temps-ci…
C'est évident que notre regard était tourné en direction de Michael Hage lors du dernier CMJ.
Mais c'est tout aussi vrai de dire que notre regard ne voulait pas se détourner de Hage lors de cette compétition qui l'a vu terminer au premier rang des marqueurs.
Au-delà des points, c'est surtout la manière avec laquelle Hage dominait les matchs qui était impressionnante.
Même s'il faut toujours demeurer prudent avec les conclusions qu'on peut tirer de ce tournoi où des joueurs de 19 ans en côtoient de 17 et 18 ans provenant de nations pas toujours à la hauteur, Hage nous est tout simplement apparu comme LE joueur le plus dominant de la compétition.
Pas de la manière un peu « beige » et sans grande saveur qui avait permis à Ryan Poehling de remporter le titre de MVP en 2019, avec ses 8 points en 7 matchs.
Non, Hage a fait ça comme un « boss ».
Avec un peu plus de chance en demi-finale – dont trois poteaux en moins – Hage aurait presque pu presque à lui seul conduire le Canada en match ultime contre la Suède. Donnons toutefois un peu (beaucoup) de crédit au gardien Tchèque, qui a partiellement réalisé l'arrêt sur deux de ces « poteaux ».
Hage avait carrément l'air d'un joueur de la LNH, souvent presque d'un homme parmi les enfants à la patinoire du coin.
Is Michael Hage the best 1v1 player in the World Juniors? He's pulled off this kind of move several times – this one at the end of a shift. Just hasn't been able to finish the highlight with a goal. pic.twitter.com/85uPolP8iQ
— Habs Draft Nut (@cvsportsguy) January 5, 2026
Impossible que Kent Hughes n'ait pas vu la même chose. C'est évident qu'il le voit à Montréal en fin de saison. C'est du moins ce qu'on comprend en lisant entre les lignes de ses propos…
Vous aurez compris que je serais TRÈS surpris que Hage ait à passer par Laval. Les partisans du Rocket sont donc mieux de se préparer mentalement à en faire leur deuil. Hage serait probablement déjà le meilleur attaquant lavallois sous plusieurs aspects…
Seule petite critique, sa prise de risque et ses choix de jeu ici et là. Au CMJ, en jouant avec McKenna, il pouvait se permettre des petites fantaisies qui ne fonctionneront probablement pas très souvent dans la LNH.
Par exemple, des petites passes à l'aveuglette en entrée de zone sur un tourniquet du revers, un petit trop de fantaisie en contrôle de rondelle, ou encore, à l'occasion, des passes fancy, des maybe, à faible pourcentage, au lieu de lancer…
Mais rien, absolument rien de majeur, que MSL et ses futurs coéquipiers ne pourront l'aider à corriger dans les prochaines années.
Ainsi, à ce point, seule une catastrophe, une blessure, un échange monstre l'impliquant ou une surprise majeure empêcherait Hage de terminer la saison à Montréal.
En passant, Marco D'Amico, que j'aime bien, n'est pas le premier à avoir comparé le style de Hage à celui de Jack Eichel. Shayne Gaumond l'avait déjà fait à l'automne 2024 et j'avais endossé ses propos dans cet article.
On rajouterait aujourd'hui qu'avec les livres de muscle qu'il a ajouté depuis 2024, Hage ressemble encore plus à Eichel : un excellent fabricant de jeu doté d'un coup de patin fluide, d'une grande portée, de mains souples et d'un tir dévastateur.
Plus modestement, on pourrait aussi parler d'un genre de Kirby Dach en plus talentueux, créatif et confiant.
Bref, Hage sera bientôt une autre arme offensive pour le Tricolore. S'il ne trouve pas rapidement une place sur les deux premiers trios au centre ou à l'aile, il pourrait devenir le futur meneur offensif d'un troisième trio pas piqué des vers…
Les départs probables de Laine et Dach dans les prochains mois devraient lui permettre d'intégrer la formation à son rythme (soutenu).
Et, pour ceux qui connaissent son histoire, en voilà un autre pour qui jouer à Montréal sera une GRANDE source de motivation.
Parlant de fabricant de jeu, Gavin McKenna a lui aussi très, très bien paru dans ce rôle lors du CMJ. Surtout en avantage numérique. Le Britanno-Colombien repérait ses options avant même que la rondelle n'arrive sur sa palette.
Superbe chimie avec Hage et Martin sur plusieurs buts.
14 points, au deuxième rang des marqueurs, dernière ce même Hage.
Sur le plan des statistiques, à tout juste 18 ans (20 décembre), vraiment pas de quoi rougir pour McKenna.
Mais.
C'est davantage Hage qu'on a vu transporter la rondelle, préparer et réaliser de gros jeux à cinq contre cinq et défiant les défenses adverses. McKenna était plutôt celui qui demeurait en périphérie. J'aurais été curieux de le voir sur un trio sans Hage.
Comme le collègue Max Truman, on n'a aussi pas du tout apprécié son jeu lors de la demi-finale contre les Tchèques. Manque cruel de jugement sur sa punition (coup au visage) alors qu'il ne restait que quelques minutes au match avec un retard de 4-3…
Gavin McKenna receives a two-minute minor for cross-checking with six minutes left in the final frame. Canada down 4-3 to Czechia. #WorldJuniors pic.twitter.com/NO8FLwg1b0
— TSN (@TSN_Sports) January 5, 2026
Pas fort.
Attitude douteuse?
Enfant roi?
Pendant ce temps, Ivar Stenberg, 7 points en 6 matchs, plus fort physiquement que McKenna, m'a beaucoup impressionné par sa fougue, son coup de patin explosif, son contrôle de rondelle, ses instincts, son courage et sa créativité.
Ce jeu-là réalisé lors de la finale est absolument sensationnel :
Ivar Stenberg with a dominant sequence to record his second assist of the game. Wow pic.twitter.com/j18x03oJeE
— BHF (@BlackhawksFocus) January 6, 2026
Stenberg semblait davantage être la catalyseur sur son trio que ne l'était McKenna qui, rappelons-le, a BEAUCOUP bénéficié de Hage.
Le #15 de la Tre Konor domine en SHL, la meilleure ligue de Suède – une ligue professionnelle nettement supérieure à la NCAA de McKenna – avec ses 24 points en 25 matchs.
Pour ce que ça vaut, on notera que Stenberg était à 15 jours d'être disponible au dernier repêchage, lui qui est né le 30 septembre.
Mais bon, ce n'est que trois mois plus vieux que McKenna, donc pas vraiment facteur pour les recruteurs.
Dans les prochains mois, McKenna devra revirer la NCAA à l'envers et Stenberg frapper un mur dans la SHL pour que je change d'idée à leur sujet.
Le Suédois est pour moi devant McKenna en ce 10 janvier 2026.
Keaton Verhoeff n'a pas mal fait pour un jeune défenseur de 17 ans au CMJ. Il aurait même dû jouer davantage, si vous voulez mon avis.
On a notamment pu voir ses talents de passeur en quelques occasions. Mais on a aussi vu, un petit manque de maturité dans sa prise de décision ici et là, particulièrement dans sa zone.
Rien d'anormal.
Ce n'est pas ce tournoi qui lui aura fait perdre des points aux yeux des recruteurs, particulièrement pour ceux dont le choix organisationnel optimal sera à la défense en juin prochain.
Et que dire de Tomas Galvas?
Nommé sur l'équipe d'étoile de la compétition, Galvas, le « Lane Hutson » tchèque, en a sûrement assez fait pour être finalement repêché en 2026 après avoir passé son tour à ses deux premières années d'admissibilité.
Il n'a qu'à continuer de s'inspirer du maître!