Est-ce que ça vous arrive de vous booker d'importants meetings, puis de réaliser par la suite que vous les avez ajoutés à votre calendrier alors que vous aviez pourtant déjà quelque chose à l'horaire à cette heure précise-là ?
C'est ce qui m'est arrivé vendredi en début d'après-midi, alors que j'avais une entrevue de 30 minutes de prévue avec Luca Saputo, mais que le pointage du match olympique entre la Finlande et le Canada était 2 à 2 avec quelques minutes à écouler en troisième période.
Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que j'essaie d'annuler mon entretien avec le directeur principal, recrutement et méthodologie sportive du CF Montréal ? Est-ce que je tente de repousser le meeting ?
Non ! Show must going, disent les Anglais.
Mon rôle à moi, vendredi, c'était de jaser avec Luca Saputo afin d'en savoir le plus possible sur la mouture 2026 du CF Montréal, de même que sur l'avenir de la concession. Pas question donc de faire passer mon envie de regarder la fin du match entre le Canada et la Finlande avant celle de récolter le plus d'informations possible, question de mieux connaître les plans sportifs et stratégiques de l'organisation. De toute façon, j'avais prédit une victoire (compliquée) de 3 à 2 du Canada. J'avais la foi.
Il ne me restait qu'à m'assurer de ne pas rien mettre à mon horaire dimanche matin…
Ivan Jaime, sa santé, son prêt et son avenir
Il y a tellement d'informations qui se promènent sur les réseaux sociaux que parfois, on a de la difficulté à démêler le vrai du faux.
Est-ce que les infos qui circulent concernant l'obligation – et non pas seulement une option – d'achat sont véridiques en ce qui concerne Ivan Jaime ?
« Premièrement, sache que je compte vraiment sur Ivan Jaime. J'espère et je m'attends à une belle saison de sa part. Il est revenu avec de belles intentions dès le moment où il a rejoint le groupe. Les infos sorties au Portugal sont justes. L'option d'achat devient automatique si Ivan dispute au moins 45 minutes dans 60 % des matchs du CF Montréal durant son prêt. » – Luca Saputo
Luca Saputo ne l'a pas confirmé, mais on peut aussi penser que le montant de 5,5 millions d'euros est lui aussi fiable, puisqu'il provient de la même source au Portugal.
Calculons ensemble, si vous le voulez bien.
Le CF Montréal a disputé sept matchs avec Jaime dispo en 2025, puis il en a 15 à l'horaire d'ici le 30 juin. 14 en MLS, puis un en Championnat canadien.
Jaime a joué au moins 45 minutes dans trois des sept matchs où il était un membre du CF Montréal en 2025.
60 % de 22 matchs (7 + 15) = 13,2.
13,2 – 3 = 10,2.
Bref, selon mes calculs, Jaime peut jouer 45 minutes ou plus dans 10 des 15 matchs d'ici la pause de la Coupe du Monde sans que le CF Montréal ne soit obligé de l'acheter à 5,5 millions d'euros.
En prenant pour acquis qu'il ne commencera pas le match de ce soir à San Diego et qu'il n'aura pas à affronter le club semi-pro sur la route du CF Montréal en Championnat canadien, Marco Donadel n'aura qu'à gérer l'utilisation de Jaime lors de trois parties sur 13. Ça devrait aller…
« Le montant inscrit sur papier n'est pas non plus immuable. Tout se négocie et se renégocie. Après son prêt avec nous, il ne restera qu'une année de contrat à Jaime avec Porto, si on n'active pas automatiquement l'option. »
Christian Benteke à Montréal : une histoire d'option à Washington
J'ai d'abord lancé l'information sur X, quelques heures après l'un des trois entraînements tenus à Marie-Victorin, puis elle a été reprise par les collègues (et amis) du balado Couscous PiriPiri.
J'ai ensuite demandé à Luca Saputo de nous dire ce qu'il pouvait nous partager sur Benteke durant son point de presse d'il y a quelques semaines ; il a bien voulu nous confirmer que oui, il avait eu de sérieuses discussions avec l'attaquant belge, mais que des règles internes de la MLS avaient empêché ce mariage Benteke – Montréal.
Vendredi, j'ai demandé à Luca d'aller un peu plus loin, question de bien expliquer aux plus mordus d'entre-nous (salut Nilton) ce qui avait fait dérailler le plan Benteke.
Christian Benteke, contrairement à Cristian Espinoza (de San Jose vers Nashville ensuite), avait vu D.C. lui signifier son intérêt d'activer son option (environ 4,5 millions $).
« Si D.C. avait simplement dit : « on ne prend pas l'option et on te laisse partir, Christian », on n'aurait pas été contraints par cette règle interne précise qu'a la MLS. Il faut comprendre qu'ultimement, les joueurs signent avec la MLS, lorsqu'ils viennent en Amérique du Nord. » – Luca Saputo
Puisque DC voulait garder Benteke, mais que lui ne voulait pas rester, aucune autre équipe de la MLS ne pouvait lui offrir un contrat D.P. (joueur désigné). Il fallait s'en tenir au montant maximum pouvant être offert à un joueur TAM, soit environ 1,8 million $.
Il était donc impossible de faire de Benteke le deuxième joueur désigné du CF Montréal. Et ce dernier s'est fait offrir beaucoup plus que 1,8 million $ par saison en Arabie saoudite. Dommage !
Est-ce que la MLS aurait agi différemment si c'était l'Inter Miami qui avait eu Benteke dans sa mire ? Est-ce que la MLS aurait dit « oui », si Montréal avait complété une transaction pour obtenir les droits de Benteke avant ? On ne le saura malheureusement jamais…
Il faut toutefois retenir deux choses : Benteke voulait venir à Montréal et Montréal était prêt à dépenser plusieurs millions de dollars pour mettre la main sur un joueur de la trempe (et de l'âge) de Benteke.
Relisez ces deux dernières phrases-là doucement. Ça empêchera certains d'y aller avec de folles théories sur les réseaux sociaux…
Comment va Luca Petrasso ?
Le camp du CF Montréal s'est ouvert à la mi-janvier, mais Luca Petrasso n'a pu rejoindre le groupe qu'en février, en Floride. Pourquoi ?
« Luca a dû passer des deuxièmes puis des troisièmes tests, en raison d'un résultat médical cardiaque qui n'était pas à l'intérieur des standards de la ligue. Puisque c'est la ligue qui signe les contrats au final, ils sont exigeants et je les comprends. »
Luca Petrasso a depuis reçu le feu vert de la ligue (et de ses médecins). Il est en pleine santé et disponible pour Marco Donadel.
Une fausse rumeur sur Olger Escobar
Durant le mercato d'hiver d'il y a un an, le CF Montréal a procédé à l'acquisition du joueur désigné Giacomo Vrioni, que New England ne voulait plus dans son effectif.
Vrioni à Montréal, ça aura été un flop. Un grand flop !
L'attaquant albanais est arrivé à Montréal blessé, il a mis plus de temps que prévu à guérir, et il s'est blessé à plusieurs reprises durant la saison. Rappelez-vous du match à New England où il s'était blessé durant l'échauffement…
Trois mois plus tard, le CF Montréal a fait l'acquisition (pour moins de 200 000 $ de GAM) d'Olger Escobar, qui était avec New England justement.
Plusieurs personnes murmuraient que la direction du CF Montréal était fâchée contre les Revs pour l'état de santé de Giacomo Vrioni (damage good)… et que l'acquisition d'Escobar était un peu comme un cadeau pour apaiser le CF Montréal.
« Ces deux transferts-là n'ont aucun rapport entre eux. Il n'y a aucun lien entre les deux situations. On a vu Escobar dans un match de MLS Next Pro et on a ensuite fait nos devoirs. Il ne jouait pas beaucoup et on savait qu'à Montréal, il allait être en mesure d'obtenir des minutes. »
Bref, rangeons cette fausse rumeur-là dans le même compartiment que celle qui liait Louis Munteanu au CF Montréal.
À noter que cet article est le premier d'une série de trois que j'écrirai suite à mon entretien avec Luca Saputo. Il sera question dans les prochains jours de la reconstruction de l'effectif, du rôle de Marco Donadel dans le recrutement, de Mahala Opoku et de Sunusi Ibrahim, d'Ivan Losenko, d'Alessandro Biello, d'Owen Graham-Roache, du Centre Nutrilait et de l'avenir de la concession à Montréal. Stay tuned.