C'est rassurant de savoir que la direction d'une équipe pourtant épiée à la loupe comme le Canadien est souvent en avance sur les analyses de ses partisans et observateurs les plus allumés.
Mais comme on le verra en deuxième volet de l'article, certains dossiers demeurent encore en suspens!
Combien de choix au repêchage lors des cinq prochaines années?
Il y a deux semaines, on avait donné l'exemple de l'acquisition de Noah Dobson qui, en plus d'ajouter pertinemment un joueur de talent dans la mi-vingtaine au noyau de l'équipe, nous était apparue en bonne partie comme une mesure préventive au cas où Reinbacher ne devenait pas le joueur anticipé.
À partir des informations à leur disposition sur l'Autrichien, lorsque l'opportunité s'est présentée, HuGo n'a fait ni une ni deux, a rapidement conclu l'entente avec Mathieu Darche et accepté de verser 76 M$ sur 8 ans à Dobson.
Dans un autre contexte, cette décision aurait probablement été fort différente.
Pas sûr… Il se serait peut-être davantage tournés vers un joueur de centre ou aurait repêché deux autres jeunes, qui sait…
Ainsi, les choix #16 et #17 n'ont pas été vus comme de futur blocs sur lesquels asseoir le reste de l'édifice se joignant aux Suzuki, Caufield, Slafkovsky, Demidov et compagnie. Ils ont été vu comme une occasion de consolider les fondations au cas où Reinbacher ne devienne pas le défenseur top-2 ou top-4 qu'on espérait dans les délais prescrits.
On pourrait probablement en dire autant de la décision de prolonger le contrat de Mike Matheson.
Si, disons, Kaiden Guhle avait jusqu'ici réussi trois ou quatre saisons complètes de 30 points et plus, tout en offrant du jeu fiable et robuste à hauteur de 23-24 minutes par match, je ne pense pas que Hughes et Gorton auraient nécessairement eu à allonger 33 M$ pour retenir les services du vétéran Québécois pendant cinq autres saisons.
Encore ici, mieux vaut prévenir… que guérir.
Mais revenons au choix #16 et #17 de juin dernier.
Hughes et Gorton ont aussi lancé un autre message cette journée-là : le CH n'a plus absolument besoin de ses choix de première ronde ; cette phase-là de la reconstruction est déjà terminée.
Rappelons qu'une majorité d'observateurs (disons, 60-40?) croyaient pourtant que le CH allaient repêcher en première ronde.
Mais, pour HuGo l'heure était plutôt venue de penser en terme de « fenêtre d'opportunités », pour utiliser l'anglicisme.
Le fait que l'âge de Dobson se situe entre celui de Suzuki et Caufield a clairement plu aux dirigeants : son apogée entrait parfaitement dans les délais prescrits pour l'ouverture de la « fenêtre ».
Il ne faudrait donc pas se surprendre si un autre joueur dans cette tranche d'âge était ajouté à la formation dans les prochaines semaines, au plus tard à l'été. C'est du moins la porte qu'a laissé entre-ouverte Kent Hughes lors de son entrevue avec Basu et Godin.
Dans le même entretien, Hughes avoue lui-même que son club n'est pas encore au niveau des « Colorado de ce monde » (nonobstant le match de jeudi soir!), qu'il n'est donc pas encore au véritable début de sa fenêtre d'opportunités.
Mais celle-ci arrivera quand même bien assez tôt. Peut-être dès le printemps 2027, lorsque les 10 joueurs les plus talentueux et importants de l'organisation seront tous à Montréal.
Tous des joueurs d'impact en montant, rappelons-le…
Le printemps prochain, à l'aube des séries, messieurs Suzuki et Dobson auront déjà 27 ans. Caufield, 26.
À 23 ans, au début de son prime, Slafkovsky en sera déjà à sa 5e saison. Il sera peut-être le joueur le plus dominant du CH…
À 21 et 22 ans, capables de produire à hauteur d'un point par match, Demidov et Huston seront encore plus établis parmi les jeunes supervedettes de la LNH.
À 21 ans, Michael Hage, viendra de terminer sa première saison complète dans le « show ». On s'attend à une solide contribution de sa part, lui qui pourrait s'avérer la « grosse acquisition » de cette année en vue des séries…
À 20 ans, comme l'avait fait Demidov à 19 ans, Alexander Zharovsky arrivera en ville au plus tard à la fin de la saison.
Et on n'a pas parlé de l'increvable Mike Matheson, qui sera un jeune homme de 33 ans.
Quel sera l'âge moyen de ces individus formant le noyau dur de l'équipe au printemps 2027, « début officiel de la fenêtre d'opportunitésTM »?
23,4 ans!
Si on est généreux et optimiste et qu'on inclut Guhle (25 ans ) et Reinbacher (23 ans) dans le noyau dur, on monte à 23,7 ans!
Avec une telle moyenne d'âge pour l'ensemble de son NOYAU DUR au printemps 2027, « quand ça va commencer à compter pour vrai », de combien de choix de première et deuxième ronde le Canadien aura-t-il absolument besoin lors des cinq prochaines années?
Je ne dis pas qu'ils les échangeront tous, loin de là. Mais la réponse est : pas beaucoup.
J'imagine que c'est très exactement ce que Kent Hughes veut dire lorsqu'il affirme être en excellente position pour « surpayer » dans le cadre d'une transaction.
Ne reste plus qu'à imaginer la profondeur hallucinante que pourrait avoir la formation du Canadien durant cette fenêtre d'opportunité qui durera au moins cinq ans…
Je vous parle de la possibilité de muter Slafkovsky au centre depuis avant même son repêchage.
J'avais d'ailleurs fait réagir en argumentant fortement en ce sens à l'automne 2024 et je dois avoué être aujourd'hui un peu surpris que ça n'ait pas encore été essayé.
Le fait que le CH s'est finalement engagé dans une course pour les séries l'an dernier y a peut-être été pour quelque chose.
La performance générale de Kapanen au centre du deuxième trio cette saison est sans doute un autre facteur.
Pourtant, on lit encore fréquemment que le principal intéressé serait ouvert à l'idée…
J'avoue qu'à l'automne 2024, voire l'hiver dernier, il aurait probablement été prématuré de se lancer dans pareille aventure.
Mais maintenant qu'on a permis à Slaf de déployer ses ailes sur le flanc gauche du deuxième trio où il assume de facto le rôle de meneur de jeu, il n'y a plus beaucoup d'obstacles ou de facteurs contraignants empêchant le CH de faire un essai.
Le Slaf que l'on voit depuis la fin novembre s'est grandement approché du produit fini. Il n'est plus ce tout jeune homme en plein développement et en quête de repères.
C'est pourquoi, avant de penser à une transaction pour l'acquisition d'un joueur de centre (gaucher) à fort prix (Kadri, O'Reilly, Schenn, etc.), il serait toujours fort à propos d'essayer le Slovaque à cette position.
Et, si on ne l'échange pas avant, pourquoi pas donner une audition à Patrik Laine à ses côtés avec Demidov?
Et tant qu'à avoir un pur-sang débordant d'énergie, pourquoi ne pas songer à lui donner des répétions et des responsabilités sur le désavantage numérique? Ça aussi, ce n'est pas la première fois que j'en parle…
Slaf est probablement déjà l'attaquant le plus volontaire et le plus habile de l'équipe pour bloquer des tirs. Il arrive au deuxième rang chez les attaquants à ce chapitre et n'évolue même pas à court d'un homme!

(Crédit: StatMuse)
Et des tirs bloqués par les attaquants, il me semble que ça manque un brin comme dimension dans cette phase de jeu où le Tricolore se classe au 27e rang de la LNH à 77,1 %, non?
Je comprends qu'on ne veut pas lui en donner trop, trop vite et qu'il faut trouver des responsabilités pour des joueurs comme Josh Anderson.
Mais Slaf sur le désavantage numérique, ça viendra sûrement un jour.
Il le faut!