La saison est un long marathon et il faut éviter la glace noire
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Je ne suis pas un marathonien. Ne serai jamais un marathonien. N'ai aucune envie de devenir marathonien.

Juste l'idée de courir pendant 3h45 me fait mal au dos, aux hanches, aux genoux, aux chevilles et aux pieds.

Parlez avec un marathonien pendant 15 minutes et c'est à peu près certain qu'il vous racontera une ou des histoires de blessures, de mauvais temps, de « mur » au 25e, 35e, 40e km, etc.

Si vous voulez mon avis, tout ça est bien trop cher payé pour une dose d'endorphine…

Mais les hockeyeurs professionnels de la LNH, eux, sont justement très chers payés pour passer à travers le long marathon qu'est la saison régulière.

Ça ne veut toutefois pas dire que c'est plus facile sur le corps et le moral…

De l'adversité et des séquences irrésistibles

La saison dernière avait commencé sous le thème de l'adversité pour le Canadien. Dès le camp d'entraînement, les blessures à Laine et Reinbacher avaient rapidement fait planer un gros nuage noir au-dessus de l'équipe.

Ce n'est qu'au retour de Laine au début décembre que le ciel bleu est enfin revenu. L'arrivée de Carrier et Dobes ont aussi donné un autre élan qui a profité à l'équipe jusqu'à la mi-janvier.

Puis, fin janvier, l'équipe a « frappé » un mur au 25e km, grappillant seulement quelques petits points avant la pause des 4 nations.

Au retour de ce tournoi, Suzuki, peut-être piqué dans son orgueil et engagé auprès de son directeur à conduire son club en séries, a placé le club sur son dos pour les difficiles kilomètres 30 à 40.

C'est finalement à bout de souffle et en titubant un brin que le CH a coiffé les Blue Jackets au fil d'arrivée.

2024-2025 fut donc un marathon en montagnes russes.

Est-ce que 2025-2026 sera bien différent?

Probablement pas tant que ça.

Il ne faut pas se laisser tromper par le début de saison. C'est comme si le CH était parti en sprint au départ. Mais tôt ou tard, personne ne peut conserver cette cadence et ce taux de conversion spectaculaire au niveau des tirs au buts.

Le CH est le plus jeune club de la LNH, et tôt ou tard, malgré une jolie dose de talent, ça allait finir par paraître, la constance étant le principal défi de la jeunesse.

Surtout si en cours de route cette belle jeunesse perd Laine, Guhle et Newhook pour de longues périodes.

Surtout si en cours de route le mental des gardiens de but venait à flancher un brin.

Surtout si le pied de la locomotive nommé Suzuki l'empêche d'y aller à pleine vapeur.

Mais le soleil va revenir…

Est-ce que ce sera contre Boston?

Pas si sûr… On verra!

Qui deviendras-tu, Juraj Slafkovsky?

Bien qu'il n'ait que 21 ans, il est tout à fait normal de s'attendre à d'assez grandes choses de la part de Juraj Slafkovsky à sa quatrième saison dans la LNH.

Le principal intéressé s'attend lui-même à de grandes choses de sa part.

En général, Slaf a plutôt bien joué depuis le début de la saison. Il est une des principales raisons expliquant les statistiques impressionnantes de ses deux compagnons de trio.

Avoir été un peu plus chanceux ici et là, il pourrait lui-même avoir quelques buts de plus et surtout quelques passes de plus au compteur.

Mais comme je dis toujours à mon fiston de 9 ans lorsqu'on joue au Monopoly :  « Qu'est-ce qu'elle fait la chance, mon bonhomme? C'est ça, elle tourne! »

Ainsi, à part quelques sorties moins convaincantes, Slaf joue généralement assez bien et profitera tôt ou tard de bonds plus favorables. Il n'a qu'à se tenir régulièrement aux bons endroits.

Ainsi, la saison est encore jeune, mais on n'a toujours pas assisté à la grande éclosion du côté du grand Slovaque, comme, disons, ce fut ke cas à Anaheim avec Leo Carlsson et Cutter Gauthier.

À ce sujet, Simon « Snake » Boisvert serait même prêt à échanger Gauthier contre Slaf ces jours-ci

Vrai que Gauthier, le 5e choix au total en  2022, quatre rangs derrière Slafkovsky, semble avoir une touche de marqueur que le gros #20 ne nous a pas encore montré sur une base régulière…

On verra aussi si Slaf, meilleur que Tage Thompson au même âge, saura continuer à se développer assez offensivement pour connaître un jour des saisons de plus de 40 buts et près de 90 pts…

Mais tout le monde prendrait un Slaf de 65-70 points, constant dans son effort et « dur à jouer contre ».

Ça me semble une cible réaliste.

Une opportunité pour Dach? Une raison de bouger rapidement?

La blessure de Newhook va sans doute occasionner un remaniement des pions à l'attaque.

Du lot, le « Kirby Dach nouveau », plus léger, plus rapide et regagnant peu à peu sa confiance, pourrait obtenir une belle opportunité aux côtés de Demidov, peut-être en remplacement de Newhook.

Mais d'une façon ou d'une autre, il fait partie de ceux qui auront plus de temps de jeu, lui qui se situe présentement à 14 minutes en moyenne par partie.

Nick Suzuki pourrait aussi profiter d'un peu plus de support de la part de l'Albertain. Il ne pourra pas jouer beaucoup plus longtemps 22 minutes par partie avec un pied amoché…

Mais la grande question est bien sûr : est-ce que Dach pourra courir un marathon en entier pour la première fois de sa carrière ou va-t-il encore casser vers la mi-course?

Miser sur Kirby Dach n'est pas le pari le plus sûr en ville…

À bien y penser, suite la blessure de Newhook, si jamais les solutions à l'interne s'avéraient inefficaces (Dach, Kapanen, Veleno, F. Xhekaj, Davidson, etc.) Hughes n'aura peut-être pas d'autres choix que de passer un coup de fil à ses homologues de Nashville, Calgary et Saint-Louis afin d'éviter une dangereuse glissade au classement avant les Fêtes…en cette saison de glace noire honnie des marathoniens.