Le hockey, c'est souvent rempli de clichés. Des clichés qui s'avèrent vrais la plupart du temps…
Le Canadien a disputé l'un de ses pires matchs depuis belle lurette hier soir, devant ses partisans réunis au Centre Bell. Les Montréalais n'ont obtenu que 18 petits tirs et ont été 0-en-4 en avantage numérique : ils ne pouvaient pas vraiment s'attendre à aller chercher des points en jouant ainsi.
Je parlais de clichés il y a quelques secondes ; les voici, les clichés qui se sont avérés vrais :
1. Le premier match à domicile après un long voyage sur la route est toujours difficile à disputer. L'émotion et l'envie baissent involontairement d'un cran. Les gars sont un peu moins concentrés et ils échappent souvent ce premier match.
2. Le Canadien a appris en après-midi qu'il allait participer aux séries éliminatoires. Or, on peut comprendre les joueurs d'avoir involontairement levé le pied quelques heures plus tard, lors d'un match qui n'avait pas autant de signification que les précédents. Même si le capitaine nous a dit il y a deux jours à peine viser le premier rang dans l'Est…
3. Lors d'un deux-en-deux face à la même équipe, les deux formations parviennent généralement à chacune aller chercher une victoire. C'est arrivé ce week-end face aux Devils.
4. Il est statistiquement (très) improbable de voir une formation de la LNH remporter neuf parties consécutives. Après huit, les chances étaient VRAIMENT contre le CH.
Bref, il ne faut pas paniquer et chercher de midi à 14h00 des raisons pour expliquer la défaite d'hier. Les joueurs du CH en avaient une mauvaise dans les jambes et ils rebondiront fort probablement mardi ou jeudi (encore) au Centre Bell.
Le problème, cependant, je le vois plutôt avec les gens qui ont payé 600 $ pour un billet dans les hauteurs du Centre Bell hier. Ne me dites pas que le « spectacle » valait 600 $ ! Surtout pas pour quelqu'un assis dos au mur de béton qui sépare le partisan du ciel montréalais.
Je sais que c'est le prix à payer pour assister à un possible match qui entrera dans l'histoire, mais après coup, force est d'admettre que le prix d'un billet dans les 300 pour la partie d'hier ne valait pas plus de 50 $.
It felt like a FUNERAL inside the Bell Centre. GUYS. We were on an 8 game heater. Caufield is close to 50. Suzuki is close to 100. Slaf is close to 30. One bad game (and it was), and people leaving the Bell Centre forgot that WE MADE THE PLAYOFFS TODAY??? I REFUSE. I CELEBRATED… pic.twitter.com/OzS5ipj70r
— HFTV (@HFTVSports) April 6, 2026
Les partisans qui ont payé des centaines de dollars (sur le marché de la revente, mais c'est une autre discussion, ça) s'attendaient à cinq buts, des ailes, une victoire et le 50e de Cole Caufield ; au final, ils ont eu droit à un jeu blanc de Jacob Markstrom (un rare match de 0 but pour le Tricolore cette saison). Pas le même spectacle, vous en conviendrez…
Vous me direz que je suis habitué ; je vais à chaque partie du CF Montréal depuis une décennie.
Cole Caufield et son fameux 50e but
Je vous ai entendus ; vous êtes nombreux à avoir critiqué Félix Séguin pour avoir mis l'emphase sur Cole Caufield lors de sa description samedi soir.
Je peux comprendre que certains partisans préfèrent Pierre Houde à Félix Séguin et ça, je n'ai aucun problème avec ça. J'ai longtemps idolâtré Pierre Houde.
Cependant, je crois qu'il y a un peu d'hypocrisie dans cette critique précise du travail de Félix Séguin samedi. L'histoire du match, c'était la course au 50e but de Cole Caufield, un exploit que seuls six joueurs du CH sont parvenus à atteindre dans toute l'histoire de l'organisation.
Tout le monde avec qui j'ai jasé de hockey ce week-end ne me parlait que de ça.
Les cotes d'écoute ont été phénoménales à cause de ça, samedi soir.
Il est un peu normal que le descripteur accorde plus d'importance aux jeux de Caufield qu'aux replis défensifs de Brendan Gallagher, non ? C'est l'histoire du moment.
OK, peut-être que TVA Sports / TVA / LCN / Journal de Montréal ont beurré un peu trop épais durant toute la journée, mais ça reste qu'ils répondaient aux émotions et aux réactions des gens.
Hier, Pierre Houde a mis autant d'emphase sur la course au 50e but de Cole Caufield que sur les mises en échec d'Arber Xhekaj ou Zachary Bolduc. Je crois qu'il est passé à côté de l'histoire du jour, Pierre…
Pendant le match, j'avais souvent l'impression de regarder une partie hors-concours de septembre…
Il y avait certes un point d'équilibre à atteindre entre les deux descriptions. Oui, je me permets de dire que Félix Séguin en a peut-être un peu trop mis samedi soir, mais je me permets également de dire que Pierre Houde aurait dû davantage parler de Caufield, lui.
T'sais, quand même le coach confie après le match que la course au 50e but de son attaquant est en train de devenir une distraction…
Zachary Bolduc, l'agitateur
J'aime bien Zachary Bolduc. Je le préfère à Logan Mailloux.
Cette saison, Bolduc est en train de nous prouver que oui, il sait marquer des buts, mais il est également capable de distribuer des mises en échec. Seul Arber Xhekaj en a donné plus que Bolduc en 2025-26 chez les joueurs du Tricolore.
Hier, il a fait pogner les nerfs à plusieurs joueurs des Devils. Et il a été le meilleur joueur des siens selon HockeyStatCards.
NHL Game Score Impact Card for Montréal Canadiens on 2026-04-05: pic.twitter.com/ztBhx4RNN9
— HockeyStatCards (@hockeystatcards) April 6, 2026
Bien sûr, il pourrait un peu mieux défendre, mais vous comprenez mon point : Bolduc a su se rendre indispensable aux yeux du coach.
J'ai vu quelques partisans mentionner que Bolduc était en train de devenir un joueur à la Tom Wilson ce week-end, sur les réseaux sociaux.
La comparaison peut paraître loufoque à première vue, mais oui, je vois Tom Wilson comme étant un joueur sur lequel un gars comme Bolduc doit calquer et teinter son jeu.
On verra s'il y parviendra… parce que Tom Wilson a quelque chose que Bolduc n'a pas présentement : des talents de pugiliste.
Où est Patrik Laine ?
Voilà maintenant près de trois mois que Patrik Laine s'entraîne avec l'équipe (avec un chandail régulier), mais son nom est toujours inscrit sur la liste des blessés.
Si un journaliste sur le beat de l'équipe me lit – ou que vous en connaissez un -, j'aimerais bien qu'il demande à Martin St-Louis la simple question suivante : est-ce que Patrik Laine est encore blessé ?
Je pense que c'est une question légitime…