Ce matin, j'ai écrit un texte dont le titre était « Jakub Dobes : deux fois meilleur depuis l'arrivée de Marco Marciano ». On est en train de voir un véritable gardien de but #1 naître sous nos yeux et éclore derrière la jeune équipe du CH.
Dobes, que l'on disait plus erratique que le plan du troisième lien de la CAQ il y a quelques mois à peine, est devenu depuis quelques matchs un gardien de but calme, réconfortant et rassurant.
Par contre, en dehors de la patinoire, c'est plus difficile pour le jeune gardien tchèque. Non, je ne parle pas de party, de vie privée et de soirées bien arrosées…
Hier soir, après la rencontre, les journalistes sur le beat de l'équipe ont voulu parler à LA grande vedette de la soirée… à celui qui a bloqué plus de 40 lancers et qui a livré une superbe entrevue à Marc Denis au centre de la glace du Centre Bell.
Cependant, le principal intéressé n'était pas disponible, a-t-on répondu aux médias. À noter que « on », c'est le département des communications des Canadiens de Montréal.
Pourquoi ? Officiellement, on a fait savoir aux médias que Dobes allait être en pause médiatique jusqu'à nouvel ordre. C'est ce que Guillaume Lefrançois a écrit dans son texte d'après-match la nuit dernière.
« On aurait bien aimé savoir comment se sentait le principal intéressé, mais le Tricolore a fait savoir après le match qu'il serait en pause médiatique jusqu'à nouvel ordre. » – Guillaume Lefrançois
Cet après-midi, Jean-Nicolas Blanchet (Journal de Montréal) a publié un texte dans lequel il rapporte que Dobes est toujours nerveux à l'idée de parler aux médias.
« Personne ne lui demande de se calmer. C'est dans sa nature. C'est plutôt que ça le rend très nerveux, Dobes, de parler aux médias. Pas qu'il déteste ça. Et on ne peut pas dire qu'il semble mal à l'aise […] c'est un combat pour lui et il prend une pause. J'en ai eu la confirmation. » – Jean-Nicolas Blanchet
« Si certains peuvent y voir un signe de faiblesse ou d'immaturité, je le vois plutôt comme un signe de courage et de maturité. La santé mentale demeure assez taboue dans la LNH. De voir un jeune joueur qui reconnaît ses limites et qui décide d'agir en conséquence, je trouve ça rassurant. »
Est-ce la véritable raison de sa pause médiatique ? Si oui, il faut espérer qu'il saura gérer ça rapidement et que ses performances sur la patinoire n'en seront jamais affectées. Quelqu'un qui vit trop d'angoisse ne performe généralement pas à 100 % dans sa job. Et Dobes est le gardien désormais désigné pour amener l'équipe – et ses partisans – le plus loin possible ce printemps. S'il fallait qu'il en vienne à développer autant d'anxiété que Jonathan Drouin et Patrik Laine…
Sauf qu'en parlant avec des journalistes sur le beat aujourd'hui, plusieurs m'ont mentionné se questionner sur la véritable raison derrière la non-disponibilité du gardien hier soir après le match.
Dobes allait super bien pendant et après le match, avec Marc Denis, dans le vestiaire (devant les caméras des réseaux sociaux du CH)…
Plusieurs croient que le CH souhaite simplement protéger Dobes contre lui-même. Parfois, il en dit trop, Jakub. Du moins, trop aux yeux de certains…
Certains ont le feeling que le département des comms montréalais est tanné des sorties de Dobes… et quelqu'un m'a même dit qu'hier soir, le Canadien a dit aux journalistes : « on n'autorise plus Dobes à rencontrer les médias. On aimerait qu'il se comporte mieux. Il a mis l'équipe dans le trouble à plusieurs reprises cette saison. »
Ce collègue-là m'a aussi avoué avoir vu des employés des communications faire des signes à Dobes pour qu'il ne réponde pas à plusieurs questions cette saison.
Ça se peut, d'autant plus que personnellement, je n'achète pas l'histoire de l'anxiété et de la santé mentale.
Au final, j'espère surtout que Dobes va bien et qu'il pourra continuer de remplir son rôle de gardien de but #1 de l'équipe.
À vouloir tout contrôler, on se retrouve souvent à ne plus rien contrôler du tout… à provoquer des conséquences pires qu'en étant tout simplement honnête et transparent.
Plus j'y pense et plus je me dis que :
1. Dobes n'aime pas donner d'entrevues ;
2. Le département des communications souhaite protéger le joueur et l'équipe ;
3. Ça fait l'affaire de tout le monde, cette petite pause-là.
Un peu comme l'éternelle présence de Patrik Laine sur la IR fait l'affaire de tout le monde…
Au final, je suis pas mal certain qu'on reverra Dobes devant les caméras plus vite que Laine sur la glace du Centre Bell.