La priorité de Marc Bergevin cet été

Quand tu n’es qu’à deux points des séries, tu te dis que chaque petit moment de la saison régulière aurait pu faire la différence.

Un hors-jeu, une pénalité ou un but douteux accordé par un arbitre.

Un mauvais rebond.

Une cage béante ratée avec quelques secondes à écouler au cadran.

Marc Bergevin a bien souligné que sa jeune équipe, avec une année d’expérience supplémentaire derrière la cravate, sera bien meilleure. Cela ne signifie tout de même pas qu’elle se qualifiera en séries l’année prochaine.

Juste dans la division Atlantique, les Bruins, Leafs, et Lightning ne se détérioreront pas. Du moins, pas de manière significative. Également jeunes, les Sabres risquent d’être un peu plus redoutables. Que dire des Panthers, qui seront agressifs sur le marché des agents libres…

Sans oublier que chez les Canadiens, tout a semblé bien se dérouler. Outre la blessure de Weber en début de campagne, l’équipe a évité les bobos.

En offensive, tous les joueurs ou presque ont connu leur meilleure campagne en carrière. Rien n’indique que les résultats seront au rendez-vous de la même manière l’an prochain.

Tout ça pour dire qu’une saison satisfaisante ne peut justifier le statuquo.

Surtout lorsqu’on se penche sur le travail désastreux d’Antti Niemi. Il a déjà été annoncé que celui-ci ne serait pas de retour, puis plusieurs articles ont été publiés sur la nécessité d’embaucher un deuxième gardien.

J’en ressors tout de même avec l’impression qu’on ne réalise pas à quel point Antti Niemi a été médiocre l’an dernier.

Si on observe l’écart entre le pourcentage d’arrêt puis la moyenne du nombre de buts alloués par match entre un gardien partant et son substitut, les Canadiens se sont classés au pire rang du circuit lors de la dernière campagne.

Étant donné qu’à Montréal, on mise grandement sur les acrobaties de la superstar entre les poteaux pour gagner, c’est inacceptable.

L’an dernier, Carey Price a disputé 66 matchs. Bon pour le deuxième rang de la LNH, à ex aequo avec son deuxième plus grand nombre de départs en carrière.

Idéalement, à l’instar de ses homologues, il laisserait sa place pour le quart des parties à son substitut, question d’être frais et dispo lorsqu’on fait appel à ses services, puis une fois arrivé en séries éliminatoires.

Mais impossible de laisser un gardien de second ordre décider du sort des Canadiens pour 25% de la saison. D’où la nécessité de miser sur un auxiliaire de première classe.

Utiliser son atout principal

Et en dénicher un ne sera pas nécessairement une tâche de tout repos.

Certes, plusieurs gardiens d’exception seront disponibles sur le marché des agents libres, mais peu d’entre eux risquent d’être emballés à l’idée d’aller réchauffer le banc du gardien le mieux rémunéré du circuit.

Dans cette optique-là, on oublie tout de suite l’obtention d’un Robin Lehner, qui risque de quitter les Islanders. Un nommé au Vézina préfèrera tenter sa chance en tant que partant que de jouer les rôles de second violon, on en convient…

Ne pensez pas non plus à Petr Mrazek, exceptionnel en séries. On lui offrira probablement un beau contrat à Raleigh afin de le conserver comme partant. De toute manière, son attitude auparavant considérée comme problématique n’est peut-être pas souhaitée à Montréal…

Pour être convaincant, Marc Bergevin n’aura pas le choix: il devra sortir le chéquier.

Peut-être pourrait-il appeler les Jets de Winnipeg, afin de conclure une autre transaction à la Armia, en expédiant Dmitry Kulikov à Montréal en compagnie de Laurent Brossoit, qui a été fumant l’an dernier?

Possible, mais peu probable.

Sa meilleure alternative semble être de mettre le paquet pour s’entendre avec l’un de ces trois vétérans gardiens : Brian Elliott, Curtis McElhinney ou Ryan Miller.

On en conviendra, les trois ne sont plus dans la fleur de l’âge. Mais pour les Canadiens, ça peut constituer un avantage.

Cayden Primeau, Michael McNiven et Charlie Lindgren – qui ne sera peut-être plus dans le giron de l’équipe l’an prochain – risquent de cogner à la porte plus tôt que tard. Dans ce contexte, il est peut-être préférable de trouver un portier qui ne s’avèrera qu’une solution pour un ou deux ans, période lors de laquelle le CH jouira d’un espace sous le plafond salarial assez important pour se permettre de soumettre de belles offres à ces joueurs.

Du trio, McElhinney semble la meilleure option.


(Crédit: Sean Tierney)

 

Incroyable lors de la dernière saison, il connait bien le rôle d’auxiliaire, et ne risque pas de se plaindre de son sort. Il risque toutefois d’être convoité cet été…

Même si Ryan Miller a affiché de meilleures statistiques que Brian Elliott cette saison, le gardien des Flyers constituerait probablement une meilleure alternative, compte tenu du fait qu’il est de quatre ans son cadet.

On ne peut nier que dans un rôle de partant, Elliott a connu des ratés au cours des dernières années. Par contre, il a toujours excellé en tant que substitut, et à ce point-ci de sa carrière, l’idée d’évoluer derrière l’un des meilleurs gardiens du circuit pourrait lui plaire.

Embaucher Keith Kinkaid risque d’être une idée soulevée par quelques chroniqueurs au cours des prochaines semaines.

Marc Bergevin devra être prudent dans ce dossier: tout comme Mike Smith et Cam Talbot, également agents libres,  Kinkaid a connu de grandes difficultés au cours de la dernière saison.

Si Curtis McElhinney, Brian Elliott et Ryan Miller refusaient de se joindre aux Canadiens, vaudrait mieux soumettre une offre à Anders Nilsson, qui couterait probablement moins cher. Le gardien a connu une fin de campagne épatante à Ottawa…

Enfin, les alternatives risquent de ne pas manquer pour Marc Bergevin, lorsque le temps d’embaucher un auxiliaire sera venu. Idem pour un défenseur gaucher.

Deux embauches, un avantage numérique revampé, et les Canadiens risquent d’être en voiture.

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