Champions!

Qui l’eut cru?

Après avoir traversé toutes les difficultés imaginables en 2019, de la signature ratée de Novillo au renvoi de Rémi Garde en passant par les multiples défaites à domicile, la blessure à Piatti ou encore les ratées défensives, l’Impact de Montréal s’est vu couronné champion canadien hier soir à Toronto. Vous avez bien lu : Champion. Un terme qu’on n’aurait pas cru pouvoir associer à cette édition de l’Impact. L’espoir fait vivre, et les dernières semaines nous l’ont bien démontré.

Bien que très imparfaite, cette équipe nous aura finalement procuré les émotions tant attendues. Remporter le championnat canadien se devait d’être un objectif en 2019, mais le faire directement sur le terrain du Toronto FC a quelque chose d’autant plus satisfaisant. Sans faire oublier complètement la déconfiture de l’équipe en championnat, ce trophée sera tout de même un baume bien mérité, surtout pour les partisans qui ont choisi de continuer à croire en leur équipe, envers et contre tous.

Qui sait, d’ailleurs, ce que cette qualification finira par permettre. Nul besoin de vous rappeler qu’en 2014, alors que l’Impact vivait sa pire saison en MLS, c’est la qualification en championnat canadien qui a permis l’épopée magique de 2015. Comme quoi quelque chose de magnifique peut même émerger de ce qui semble horrible, et comme quoi on ne perd jamais à continuer de supporter son équipe. Dans la victoire comme dans la défaite.

La défaite n’était pas très loin, d’ailleurs. L’Impact a bien débuté le match, cherchant dès les premiers instants à casser le rythme des Torontois, les empêchant de prendre possession du ballon et de s’installer trop confortablement dans le territoire montréalais. On sentait toutefois plus le match avançait que la talentueuse attaque des hommes de Greg Vanney commençait à prendre ses aises et à peser sur la défense montréalaise.

Toutefois, cette défense pourtant si fragile récemment a finalement tenue, au moment le plus opportun, et des joueurs comme Rudy Camacho et Victor Cabrera ont joué un grand rôle dans cette victoire. Souvent mal-aimés des partisans montréalais, ils ont réalisé bon nombre de jeux importants et ont bien tenu tête aux Altidore et Pozuelo de ce monde.

D’ailleurs, si le but de Tsubasa Endoh à la 70e minute a fait peur à bon nombre de partisans de l’Impact, le trophée aurait pratiquement déjà dû être acquis pour les Montréalais. Tout juste quelques minutes plus tôt, un superbe centre de Nacho Piatti vers un Clément Bahiya esseulé a été dévié de la main par Auro, défenseur torontois, sans que l’arbitre appelle quoi que ce soit. Un penalty clair comme on en voit peu, une chance en or volatilisée par une main claire dans la surface. Malgré tout, silence radio de l’arbitre, et sans possibilité d’utiliser la vidéo. Une véritable injustice, voir un scandale tant c’en est clair.

Imaginez un instant si l’Impact avait finalement perdu le match? Inimaginable de croire que ce genre d’erreur puisse avoir lieu, en 2019, dans un match de finale avec autant d’implications. Au-delà de l’arbitre au centre, comment le juge de ligne a-t-il pu rater pareille faute? Ça en est honnêtement ridicule, d’autant lorsqu’on prend en compte le but des Torontois 5 minutes plus tard. Comme quoi même au Canada, l’Impact peut se faire ‘CONCACAF’.

En ce sens, il faut encore plus souligner la résilience des joueurs montréalais qui ont gardé leur concentration à un moment où on aurait compris une réaction face à cette énorme injustice. Nacho Piatti a même passé bien près de sauver tout le monde en toute fin de match lorsqu’il a touché la barre transversale. Celui qui n’avait encore jamais soulevé de trophée dans l’uniforme bleu-blanc-noir semblait en mission hier, et on aurait été bien heureux de le voir marquer ce but salvateur. Mais comme rien n’est jamais simple, il fallait plutôt attendre les fameux penaltys…

Une erreur grossière de Jozy Altidore, deux superbes arrêts de Clément Diop, des tirs parfaitement placés de Bojan, Lovitz et Camacho, la délivrance, la victoire, le trophée. Que d’émotions dans cette séance de penalty, qui aura surtout permis de souligner toute l’importance du gardien Clément Diop dans cette finale. On pensait que la chance en or ratée par Lappalainen au premier match pourrait coûter la finale aux Montréalais, mais ce fut ultimement l’arrêt incroyable de Diop sur Shaffelburg à Montréal qui aura donné la latitude nécessaire aux Montréalais pour ramener le trophée dans leurs bagages. Toronto qui perd une finale aux penaltys avec un de leur meilleur joueur qui rate son tir? Comme une impression de déjà-vu… #Bradley

Clément Diop aura surtout utilisé ce championnat canadien pour souligner l’étendue de son talent. Les partisans le réclament, et je vois mal pourquoi l’Impact ne l’utiliserait pas pour les deux matchs restants en MLS. Bush a encore coûté de précieux points à Los Angeles la semaine dernière, et Diop a définitivement mérité plus de temps de jeu.

Surtout, on dit que le gardien américain serait malheureux à Montréal. Peu de temps de jeu et des difficultés d’adaptation à Hochelaga (où il réside) en seraient notamment la cause. Est-ce que tout l’amour que ses coéquipiers et les partisans lui offriront après cette performance pourra faire pencher la balance et lui donner envie de rester? À voir. Tout dépendra d’ailleurs de ce que l’Impact sera en mesure de faire avec Bush. Un gardien dans la trentaine ayant connu une saison difficile et sous contrat pour encore 2 ans à un salaire de près de 350K serait assez difficile à échanger, et je vois mal Diop encore se contenter du poste de #2 la saison prochaine.

En attendant, profitons encore un peu des célébrations. Les joueurs l’ont mérité, tout comme les partisans, d’autant les plus courageux ayant fait le voyage jusqu’à Toronto, une expérience qu’ils ne sont pas prêts d’oublier et que les joueurs ont généreusement accepté de partager avec eux. Des moments magiques comme il s’en fait (trop) peu.

Une pensée toute spéciale notamment pour des joueurs comme Nacho Piatti et Samuel Piette. Le premier pour tout ce qu’il aura accompli avec l’Impact et à quel point il aura mérité ce trophée. Le second pour son lien intime et unique avec Montréal, et pour tout ce qu’il représente déjà pour l’Impact malgré son jeune âge.

https://twitter.com/CanadaSoccerFR/status/1177068474016948224?s=20

Frissons. Tu es champion, Montréal. Lève la tête et profites-en autant que tu peux. Tu l’as mérité. Grandement.

https://twitter.com/100_Soccer/status/1177046146990186497?s=20

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