Vendredi sombre à Foxborough

Ouf.

Les matchs du vendredi soir sont une exception pour l’Impact de Montréal, et espérons que ça le demeure. Plusieurs mauvaises surprises attendaient à la fois l’équipe et les partisans à l’entame de ce match, dont l’absence du magicien Nacho Piatti encore une fois incommodé par une blessure à la hanche ou à l’aine.

Il faudra s’y habituer. Avec les débuts de saison sur la route, les terrains synthétiques durs sur les jambes et l’âge de Nacho qui ne va pas en reculant, l’Argentin ratera chaque saison de plus en plus de matchs par prévention ou pour soigner de petits bobos. L’Impact devra apprendre à jouer, et éventuellement à gagner, sans Nacho Piatti. Ce qu’il est loin d’avoir réussi à faire hier.

Nacho a encore une fois prouvé par son absence hier qu’il était la pièce maîtresse de l’Impact de Montréal.

Perdre 4-0 face à ce qui est techniquement l’une des pires équipes de la ligue, voilà qui n’aide pas pour la confiance. Le Revolution a fait ce qu’il avait à faire et il a surtout fait ce que l’Impact n’a jamais fait à Seattle la semaine dernière lorsqu’il était à 11 contre 10, soit mettre la pression en continu et pousser sur les brèches offertes par l’autre équipe. Reste qu’il n’y a pas de miracle, jouer avec un homme en moins à partir de la 15e minute, c’est du suicide contre toute équipe professionnelle.

On peut choisir d’en vouloir aux arbitres, mais je vois mal comment ses décisions auraient pu aller autrement. Saphir Taïder a fait preuve d’énorme maladresse sur la faute qui l’a mené au carton rouge. En essayant un geste technique pas tellement nécessaire, c’est un crampon dangereux qu’il porte au tibia du défenseur adverse, un geste qui vaut un carton rouge dans n’importe quelle ligue, qu’on le veuille ou pas.

Bon joueur, Taïder a reconnu son erreur après le match et s’est surtout assuré que l’adversaire allait bien. À ce niveau, pas lieu de s’inquiéter, il courait comme un bon quelques secondes après le tacle…

L’Impact a vraiment mal réagi à l’expulsion alors qu’il a immédiatement concédé la totalité de la possession et a surtout arrêté de contrôler le ballon, de créer des espaces et de se porter vers l’avant. Dans ces conditions, difficile de croire à un potentiel miracle pour revenir dans le match, surtout quand ton magicien en chef est absent…

Chassez le naturel et il revient au galop, c’est ce qu’on a vu de certains joueurs qui ont retrouvé leurs mauvaises habitudes après un début de saison pourtant prometteur. On a toujours dit que Victor Cabrera était capable du meilleur comme du pire, mais on semblait espérer qu’il soit surtout en mesure d’offrir le meilleur sous Rémi Garde avec les performances dignes d’un all-star qu’il offrait en début de saison.

Mais voilà qu’hier, c’était le Cabrera imprécis, sans confiance et qui prend constamment de mauvaises décisions. Grand nombre de revirements, de mauvaises passes, et surtout le responsable direct du penalty concédé par l’Impact, du premier but accordé par l’Impact et j’en passe… Un match à oublier pour le Victor.

On pourrait dire la même chose d’Evan Bush qui, s’il a encore une fois démontré son grand talent de sauveur de penalty, a retrouvé ses mauvaises habitudes en redonnant le ballon à l’adversaire toute la soirée avec ses pieds et en calculant très mal sa sortie sur le dernier but des locaux.

Chassez le naturel et il revient au galop, que je disais.

L’Impact devra oublier ce match le plus rapidement possible et, surtout, se remettre au travail. Le nouveau venu Alejandro Silva n’a pas réellement pu se faire valoir dans ce match, lui qui n’a pratiquement pas touché de ballons avant l’expulsion et qui était ensuite complètement esseulé du côté droit. Même s’il a déjà joué comme latéral, on a senti tout de suite que ce n’est pas sa position de prédilection et qu’il sera plus utile lorsqu’il aura plus de latitude offensive. Reste que tous ceux qui se moquaient du Toronto FC qui donnent le #9 à un latéral droit en Gregory Van Der Wiel avaient l’air bien fin, hier soir… Je suis de ceux-là!

En l’absence de Nacho, c’est le bon Samuel Piette qui portait le brassard de capitaine. Il a fait ce qu’il a pu, mais il s’est rapidement retrouvé surchargé en milieu de terrain et a redonné un peu trop souvent le ballon aux adversaires. Il est plein de coeur, Samuel, mais il ne peut tout faire seul et il a définitivement besoin d’un meilleur support, autant de ses défenseurs que du reste du milieu. Ken Krolicki était en jambes hier, et il n’a pas mal fait à mon avis, mais il n’est pas non plus le genre de joueur qui est en mesure de faire basculer un match.

L’Impact était constamment en retard sur ce match | Crédit photo : New-England Revolution

La physionomie du match était difficile pour un Jackson qui obtenait son premier départ de la saison. Rapidement esseulé en pointe, il n’arrivait pas à toucher de ballon et se retrouvait surtout complètement seul les rares fois où le ballon se retrouvait à ses pieds. Il a bousillé du pied gauche sa seule bonne occasion en fin de première mi-temps, et on a vraiment l’impression qu’il n’est pas le type d’attaquant dont Rémi Garde raffole, au grand damn du Québécois. Il obtiendra d’autres occasions, mais il devra en profiter, et surtout travailler sur son pied gauche.

Un dur retour à la réalité donc, qui prend la forme d’une grosse claque au visage gracieuseté de la franchise la plus moribonde de la MLS. La suite ne s’annonce pas plus simple puisqu’un voyage au Red Bull Arena attend l’Impact la semaine prochaine, suivi du retour de Laurent Ciman et de la visite du LAFC au Stade Saputo le week-end suivant.

Taïder suspendu, il sera intéressant de voir si Nacho pourra réintégrer l’alignement. On risque finalement de voir Silva un peu plus haut sur le terrain, et j’ai bien l’impression que finalement le 3-5-2 sera délaissé au profit du 4-3-3 du début de saison.

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