Un joueur qui brouille bien des cartes… Comment est-ce possible?

Nous aimons greffer des collaborateurs à notre équipe, lorsque l’occasion se présente. Voici donc un texte de NathanMB, un chroniqueur au sens de l’analyse aiguisé. Voici donc son premier papier : Une décortication du « retour » de Max Pacioretty. Bonne lecture!

En cette semaine précédant la date limite des transactions, un nom m’apparait comme celui-ci qui fait brouiller le plus les cartes chez le Canadien. Non, ce n’est pas le fait que Carey Price ne fasse plus autant les arrêts clés en fin de match, et ce n’est pas non plus le manque de maturité de PK Subban qui refait surface cette saison. Je parle de celui qui, contre toute attente, est en voie de connaitre sa première saison de 30 buts en carrière. Ce jeune homme, qui fut obtenu (choix de première ronde reçu des Sharks de San Jose) dans l’échange impliquant Josh Gorges ainsi que Craig Rivet, revient d’une grave blessure qui aurait pu lui être mortelle. Il est également celui qui stagnait à son arrivée chez le Tricolore, et c’est aussi lui que plusieurs voulaient transiger (de par son manque de production offensif). Si vous ne savez pas qui est cette personne, c’est que vous n’avez pas suivi le Canadien l’année dernière. Il s’agit de Max Pacioretty, âgé de 23 ans…

En effet, qui aurait prédit que le joueur issu des États-Unis saurait bondir à ce point après une mise en échec violente commise par le géant Zdeno Chara? Moi le premier, je croyais qu’il ne serait plus le même. Pourtant, son développement avait connu un essor incroyable lors de la saison 2010, 2011. En date du 8 mars 2011, il comptait 24 points en 37 matchs dont 14 buts. Cette année? En date du 22 février, il compte 46 points en 58 matchs, dont 25 buts, surpassant largement ses productions précédentes dans l’organisation. D’ailleurs, l’on peut se souvenir de la maturité qu’il a acquise avant l’année dernière, où il spécifiait qu’il serait préférable pour son développement de demeurer avec les Bulldogs d’Hamilton (discours judicieux). Lors de son retour, il jouait avec aplomb et enthousiasme, marquant plusieurs fois contre les équipes adverses. Tout ça, grâce à deux facteurs primordiaux…

David Desharnais lui a-t-il pavé la voie au succès?
Si vous ne le saviez pas, il est temps de le réaliser. Ces deux joueurs ont joué la majeure partie de leur temps ensembles à Hamilton, formant et créant une chimie profitable aux réussites de l’équipe menée alors par Guy Boucher (et plus tard par Randy Cunneyworth). David Desharnais comptait 45 points l’année dernière avec le club-école et voyagea souvent entre les deux ligues. Quand il obtena un poste “permanent” avec le grand club, le jeu de Pacioretty fut rehaussé de nouveau. Une chimie, ça ne se perd pas en quelques semaines. Il est cependant bien malheureux que ces artifices que les accomplissements de ce duo eurent tôt fait de s’estomper, avec le contact désormais célèbre pour son scandale dans l’antre du Centre-Bell…

Desharnais, alors âgé de 24 ans, a roulé sa bosse pendant longtemps avant d’obtenir une réelle chance de se faire valoir. Une personne qui, maintenant, forme le meilleur trio d’une équipe qui stagne des les bas fonds du classement. Est-ce que ses conseils, donnés à son coéquipier et ami, ont permis à l’Américain de développer une confiance réelle?

Un deuxième facteur non négligeable
Justement, est-ce que le séjour rallongé dans les mineurs ont contribué au développement favorable au joueur que l’on connait aujourd’hui? Je crois bien que oui, surtout quand l’on regarde les autres organisations qui se montrent très patientes envers leurs protégés (pensons aux Red-Wings de Détroit). Il est clair dans mon esprit que cela n’est pas un mal pour un jeune joueur qui connait depuis peu les feux de la rampe (Carey Price, PK Subban, entre-autres). Le léger cris du coeur émis par Pacioretty lui aura probablement tracé un chemin à suivre pour le mener à une belle carrière… Si ce n’eut été de sa blessure.

Tomas Kaberle ne semble pas dérangé
outre mesure par cette mise en échec…


C’est là que ça se gâte

Mon titre prend tout son sens ici. Comment se fait-il qu’un joueur ayant subit une telle blessure est en position de force en ce moment dans une ligue physique et rapide telle que la LNH? Avant la fin de la saison régulière, certains avançaient que celui-ci pourrait faire un retour et contribuer à aider l’équipe à éliminer les futurs champions de la coupe Stanley. Avec du recul, il est évident que ceci aurait été impardonnable. La question mérite donc d’être posée et réfléchie longuement. Quels sont les facteurs qui permettent à “Pacman” d’être l’un des joueurs de l’heure présentement?

Une signature enrichissante

Voilà une idée intéressante et probablement le coup le plus approprié du directeur général Pierre Gauthier. Celui-ci, lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes, à fait appel aux services de l’ancien attaquant des Hurricanes, Érik Cole, pour aider l’équipe à remporter des victoires. Avec l’âge vénérable de 33 ans (un vétéran), et ayant subit également une fracture d’une vertèbre cervicale, l’on aurait cru qu’il aurait ralenti le tempo. Une raison et une affirmation totalement justifiable. Par contre, le véritable fait est que, Cole, a toujours eu le malin plaisir de faire mal au CH, qu’il est un leader incontesté, et qu’il est un vrai guerrier. Un joueur qui, par le plus grand des hasards, pratique un style de jeu similaire à celui de Pacio et qui joue sur le même trio cette année. Oh, et il faut faire mention aussi que Max prend Cole pour modèle… Dois-je en dire davantage?

Une équipe de médecins déficiante?

Je ne crois pas que, malgré le roman-savon concernant le quart-arrière de la formation Andreï Markov, que l’équipe ne soit pas entourée de médecins fort qualifiés. Nous n’avons qu’à penser à Josh Gorges qui sort lui aussi d’une blessure au genou et qui en ce moment bloque les tirs adverses comme auparavant (et même mieux). Ce n’est qu’une coïncidence si je l’inclus dans ce texte, même si c’est bien drôle de constater avec le temps que l’échange fut largement remporté par Bob Gainey (à l’époque). Avec les conseils d’experts, Pacioretty a probablement utilisé les outils offerts à sa disposition pour sa remise en forme.

Photo : La Presse Canadienne


La rage de vaincre, dernier aspect

Un point bref, puisque je l’ai abordé plus tôt, rappelant combien il est mature et qu’il désire gagner. C’est celui-là même qui s’entraine régulièrement en gymnase de manière intense, celui-là même qui nous donna des frissons dans le dos lors d’un but marqué en prolongation contre les Bruins et qui donna une légère poussée à qui d’autre que Zdeno Chara… Après avoir été maintes fois impliqué dans des rumeurs de transactions et crucifié sur la place publique, il est désormais, pour moi, un intouchable dans l’organisation et surtout un joueur sur qui l’on peut compter pour le futur. Il y en a bien d’autres, mais pour moi, il vient tout juste derrière Price et PK Subban…

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