Retour sur la cuvée de 2009: Tavares, Hedman ou… Duchene? | Parenteau soumis à nouveau sur la liste des blessés

Je ne sais pas pour vous, mais quand on me dit que la prochaine cuvée en est une forte ou une faible, ça me chicote. Certes, il y a des têtes d’affiche presque promues à des carrières productives. Sauf que le reste du repêchage, lui, reste nébuleux. Ne dit-on pas qu’on peut évaluer une cuvée avec un peu de recul seulement 5 ans plus tard?

Justement, il y a six ans déjà, les Islanders jetaient leur dévolu sur John Tavares avec le premier choix au total de 2009. On parlait d’un joueur exceptionnel… Le choix logique, quoi. Les noms de Victor Hedman et Matt Duchene ont ensuite tour à tour été appelés par le Lightning, puis l’Avalanche.

Certains diront qu’il n’y a pas lieu d’en débattre, mais je crois que la question en vaut la peine. Qui prendriez-vous entre Hedman, Tavares et Duchene aujourd’hui?

JOHN TAVARES, 393 PJ, 155B, 199P, 354PTS, 0.9PPM, 6100 minutes de temps de jeu cumulatif, 3.5 points par tranche de 60 minutes.

VICTOR HEDMAN, 359 PJ, 34B, 130P, 164PTS, 0.46PPM, 6141 minutes de temps de jeu cumulatif, 1.27 point par tranche de 60 minutes.

MATT DUCHENE, 381 PJ, 117B, 173P, 290PTS, 0.8PPM, 5581 minutes de temps de jeu cumulatif, 3.1 points par tranche de 60 minutes.

Si on analyse froidement les trois joueurs en ne regardant que les points, Tavares a été le plus sollicité et aussi le plus productif. Or, l’élire joueur le plus utile serait tirer une conclusion précoce, car un défenseur comme Hedman est désavantagé, surtout quand on s’intéresse à la production des premières années. D’autant plus que nous n’avons pas encore survolé le déploiement, la compétition, la qualité des coéquipiers et l’impact que les trois vedettes exercent sur ces derniers.

DÉPLOIEMENT

TAVARES

 

 

Les Islanders font amorcer 59.4% des présences de Tavares en territoire offensif, toutes saisons confondues. Étonnamment, c’est lors de ses deux premières campagnes que l’Ontarien a pris le plus de mises en jeu défensives. Habituellement, c’est tout le contraire : on protège un jeune joueur en lui confiant la plupart de ses mises en jeu en territoire offensif, et on lui soumet progressivement plus de tâches défensives. Avec les nombreux changements d’entraineurs à la barre des Islanders, il ne faut pas s’étonner si le rôle de Tavares a muté à travers les différentes mentalités.

Doit-on conclure qu’on ne fait pas confiance à Tavares quand il est confiné dans son territoire? Absolument pas! Il est tout à fait normal que Jack Capuano préfère exploiter au maximum les habiletés offensives de son joueur étoile en répartissant la besogne défensive sur les 2e et 3e trios. D’ailleurs, l’ajout du très responsable Nikolay Kulemin lui permet davantage de le faire. Certes, on peut dire que Tavares a eu la voie libre pour exprimer ses talents et engraisser sa fiche, un luxe auquel Duchene et Hedman n’ont pas eu droit.

HEDMAN

À mesure que les talents offensifs de Hedman se sont améliorés, son pourcentage de mise en zone offensive a grimpé. Notons qu’en 2011-2012 et 2012-2013, il a amorcé approximativement 60% de ses présences dans son territoire.

L’utilisation du Suédois a drastiquement changé dans la foulée de son éclosion, en 2013. Cette année, il prend part à 61% des mises en jeu en territoire offensif! Mais l’échantillon est encore mince et ces chiffres devraient se stabiliser d’ici la fin de la saison.

DUCHENE

Petit à petit, on lègue des responsabilités défensives au petit joueur de centre de l’Avalanche. Ce n’est pas une mauvaise idée en soi, car Duchene peut déranger les joueurs adverses et couvrir beaucoup de territoire grâce à sa grande vitesse. Tous les moyens sont bons pour donner des renforts à la piètre défense du Colorado.

QUALITÉ DES COÉQUIPIERS ET IMPACT SUR CEUX-CI

TAVARES

On dit souvent que Crosby réussit à faire bien paraître des joueurs modestes. Il a fait de Pascal Dupuis un joueur de 1er trio et a permis à Kunitz de franchir le plateau des 30 buts, lui soutirant même une invitation aux Jeux Olympiques de Sochi!

Cette qualité est ce qui distingue une vedette d’une super-vedette.

Depuis son arrivée à New York en 2009, Tavares a travaillé comme un bourreau pour soulever l’équipe des bas-fonds. Si les Islanders ont finalement sorti la tête de l’eau cette saison, c’est largement attribuable à ses éclairs de génie et à la tenue du gardien Jaroslav Halak.

Pour constater l’impact que Tavares exerce – ou a exercé – sur ses coéquipiers, il faut remonter à sa dernière saison complète en 2011-2012. C’est l’échantillon (82 matchs) le plus grand de ses récentes performances et sa dernière saison complète. Au risque de me répéter, plus l’échantillon est large, plus les données ont du poids.

Note : toutes les données ont été compilées à 5 contre 5 et tirées des « WOWY charts » de stats.hockeyanalysis

PIERRE-ALEXANDRE PARENTEAU AVEC ET SANS JOHN TAVARES
AVEC TAVARES : 6B, 18P, 24PTS en 707 minutes de temps de jeu, 2.03 points par tranche de 60 minutes.
SANS TAVARES : 5B, 9P, 14 PTS en 479 minutes de temps de jeu, 1.75 point par tranche de 60 minutes.

MATT MOULSON AVEC ET SANS JOHN TAVARES
AVEC TAVARES : 20B, 20P, 40PTS en 1177 minutes de jeu, 2.03 points par tranche de 60 minutes.
SANS TAVARES : 1B, 0P, 1PTS en 88 minutes de temps de jeu, 0.68 point par tranche de 60 minutes.

KYLE OKPOSO AVEC ET SANS JOHN TAVARES
AVEC TAVARES : 7B, 10P, 17PTS en 465 minutes de jeu, 2.19 points par tranche de 60 minutes.
SANS TAVARES : 13B, 6P, 19PTS en 685 minutes de jeu, 1.7 point par tranche de 60 minutes.

MATT DUCHENE

Pour ce qui est de Duchene, on détient un échantillon de taille convenable (71 matchs) avec sa dernière saison (2013-2014).

JAMIE MCGINN AVEC ET SANS MATT DUCHENE
AVEC DUCHENE : 7B, 7P, 14PTS en 366 minutes de temps de jeu, 2.29 points par tranche de 60 minutes. (!)
SANS DUCHENE : 6B, 7P, 13PTS en 688 minutes de temps de jeu, 1.1 point par tranche de 60 minutes.

RYAN O’REILLY AVEC ET SANS MATT DUCHENE
AVEC DUCHENE : 13B, 14P, 27 PTS en 804 minutes de temps de jeu, 2 points par tranche de 60 minutes.
SANS DUCHENE : 6B, 5P, 11PTS en 386 minutes de temps de jeu, 1.7 point par tranche de 60 minutes.

VICTOR HEDMAN

Il n’est pas légitime d’évaluer l’impact d’un défenseur sur ses coéquipiers en se servant des points. Dans ce cas, les indices de possession de rondelle sont les outils les plus représentatifs, car on peut évoluer en partie sa capacité à bouger la rondelle et à en faire bénéficier ses camarades.

On s’intéresse à son travail lors de la dernière saison, donc un échantillon de 75 matchs.

Il faut se concentrer sur les joueurs ayant disputé la plus grande quantité de minutes avec Hedman. Plus l’échantillon est gros …. bla bla… vous connaissez la chanson!

Si on s’intéresse aux joueurs ayant passé près de 200 minutes avec Hedman sur la glace, seul Steven Stamkos affiche de meilleures statistiques de possession de rondelle sans lui. Il exerce un impact cumulatif de +34.7Corsi% auprès des 11 premiers coéquipiers sur le tableau. L’influence la plus effarante du Suédois est celle qu’il exerce sur Nate Thompson, un honnête joueur de 3e/4e trio avec lequel il compile un Corsi de 60%.

Ex : Victor Hedman avec Sami Salo= 52.6%, Sami Salo sans Hedman= 51.3%. Le différentiel/l’impact de Hedman est donc de +1.3%

Toutefois, quand Hedman est déployé en compagnie de Thompson, il affronte aussi le 4e trio adverse ce qui lui donne le champ libre pour dominer la possession.

Même quand il ne produit pas, le Suédois se maintient parmi l’élite en distribuant efficacement la rondelle à ses joueurs d’avant. À sa façon, il réussit à élever le niveau de jeu des joueurs qui l’entourent.

COMPÉTITION

Se renseigner sur le niveau de compétition qu’affronte un joueur s’avère utile quand on essaie de déterminer son importance au coeur d’une équipe et quand on veut rectifier le tir avec les données fournies plus haut. Cela ajoute une couche d’information, en plus d’amener un second regard. Un joueur productif avec de bons chiffres de possession sera considéré moins utile que les statistiques le prétendent s’il affronte une compétition relativement faible et vice-versa.

La donnée qui quantifie le niveau de compétition est le OppCF%, ou QoC%. À titre d’exemple: un joueur dispute 100 minutes de temps de jeu. 20 de ces minutes sont jouées contre la même ligne d’attaque et la même paire de défense. Cet échantillon comptera pour exactement 20% dans la pondération du OppCF%. Bref, c’est une grosse moyenne des Corsi% de tous les joueurs affrontés en respectant cette pondération.

À la base, cet indice de compétition est chiffré selon l’analytique Corsi. Les joueurs adverses affichant les meilleurs Corsi présentent-ils vraiment la meilleure opposition? Le Corsi n’étant pas une statistique parfaite, on peut émettre certains doutes. Somme toute, le OppCF% est un outil relativement fiable et utile – Plekanec s’est souvent mesuré à la meilleure compétition selon cette stat, ce qui est plutôt vrai – qui nous met sur une bonne piste, mais qui est aussi à prendre avec le grain de sel habituel.

De prime abord, on constate que Tavares affronte la meilleure compétition des trois joueurs, et la 2e meilleure de son équipe, alors que Hedman et Duchene se frottent respectivement aux 11e et 12e meilleures oppositions de leur club.

La position de Hedman change la donne, puisqu’un défenseur est normalement plus sollicité qu’un attaquant lors d’un match, et il est aussi utilisé à toutes les sauces. Cela dit, au cours d’une joute, il peut se trouver à affronter le 3e ou le 4e trio adverse, ce qui fait chuter ses indices de compétition. Si on en venait à calculer le temps de glace total face aux 1er et 2e trios pendant une saison, Hedman viendrait probablement en tête de liste.

En ce qui concerne Tavares, on pourrait arguer qu’il est envoyé dans des situations favorables contre une forte compétition. Effectivement, on avait fait état de son haut pourcentage de mises en jeu en territoire offensif. Qui plus est, les équipes adverses alignent leurs meilleurs éléments pour contrer la vedette des Islanders lorsqu’elle s’amène dans leur territoire, ce qui gonfle ses indices de compétition.

Toujours est-il que Tavares est l’homme de confiance des Islanders pour non pas contenir, mais dominer les meilleurs éléments adverses et il remplit cette tâche admirablement bien.

Matt Duchene absorbait sa part de « minutes dures », mais Paul Stasny était le 1er centre ainsi que l’homme désigné pour se charger de l’opposition la plus féroce.

QUI VOUS FERA GAGNER?

On est maintenant informé des méthodes de déploiement des trois joueurs, de leur impact sur leurs coéquipiers et de la compétition qu’ils affrontent. C’est bien joli tout ça, mais il faut aussi tout bonnement se poser la question: « Quel joueur vous fera gagner, en saison comme en séries? »

En carrière, Matt Duchene n’a joué que 8 matchs de séries éliminatoires, récoltant 6 passes. On ne peut pas encore se prononcer sur sa capacité de lever son jeu d’un cran lors des moments importants.

En 2012-2013, les Islanders s’étaient tout juste qualifiés pour les séries éliminatoires, terminant au 8e rang dans l’Est. Ils avaient rendez-vous contre les puissants Penguins, qui, eux, trônaient au sommet de l’Association. John Tavares et les Islanders ont passé bien près de réaliser le tour de force, mais ils se sont finalement inclinés en six matchs.

J.T. a été « clutch »! 

Dès sa deuxième saison dans la LNH, Victor Hedman a disputé 18 matchs de séries. Le Lightning de Tampa Bay avait baissé pavillon en finale de conférence face aux Bruins de Boston. C’était les années de Guy Boucher et ses stratégies hermétiques ingénieuses…

Hedman a engrangé pas moins de 22 minutes de temps de jeu par match durant ce périple et même s’il n’aura produit que 6 points et aucun but, le travail défensif qu’il a accompli à seulement 20 ans – et en séries, de surcroît – est un fait d’armes.

L’armoire à glace suédoise a renoué avec les joies du printemps contre le CH l’an dernier. Hedman en avait plein les bras, chargé de défendre un gardien en perte de ses moyens, et a été éclipsé par P.K. Subban durant cette série de 4 matchs.  Il aura néanmoins enregistré 1 buts et 2 passes et se sera sans doute imposé comme le meilleur défenseur de son club dans une cause perdante.

À la lumière de ces performances, j’oserais croire que Tavares est l’homme qui vous fera remporter les grands honneurs et ce, même avec un club qui n’appartient pas à l’élite.

ÉVALUATION FINALE

1er choix. JOHN TAVARES

Un drôle de moineau. Jamais vous n’aurez été témoin d’un joueur doté d’un coup de patin ordinaire aussi dominant. À l’image d’un chef d’orchestre, il influe énormément sur le tempo du jeu lorsqu’il est en possession de la rondelle. Quand il temporise, on croirait que le temps s’arrête autour de lui. Quand il accélère la cadence, c’est si vif, si brusque qu’on peine à l’anticiper. Par ailleurs, l’agilité de ses mains est sous-estimé à travers la ligue. Il se situe au même niveau que Patrick Kane et Pavel Datsyuk dans ce département, croyez-moi.

Il peut ralentir le jeu… (0:45) 

Et l’accélérer! 

Seule ombre au tableau: un jeu défensif moyen, sans plus. Bon, pour le peu de temps qu’il passe dans son territoire…

Après moult réflexions, JT est le joueur le plus unique de la cuvée de 2009 et, par le fait même, le plus utile à son équipe. ‘Suffit de constater la dégringolade des Islanders au classement après sa blessure aux J.O. de Sochi.

2e choix. VICTOR HEDMAN

Entre Hedman et Tavares, ce fut serré. Très serré. Premièrement, parce que l’ordre de priorité dans une équipe va comme suit: gardien, défense, centre, ailiers. On pourrait donc dire que Hedman occupe un plus grand rôle dans les succès de son équipe, en absorbant plus de responsabilités, de surcroît. En début de saison, les hommes de Jon Cooper ont réussi à se maintenir dans le haut du classement malgré sa blessure. Quand Tavares se blesse à Long Island, c’est le Barclays Center qui tombe sens dessus-dessous. À 24 ans, Hedman n’a pas fini sa progression en tant que jeune défenseur et qui sait s’il ne coiffera pas Tavares dans les années à venir. Il détient les meilleures habiletés du circuit pour bouger la rondelle et, défensivement, il est impeccable quand il met à profit sa charpente de 6’6 et 229 livres. La direction du Lightning aimerait qu’il soit un peu plus mean, mais ce n’est pas dans sa nature.

Un passeur émérite. 

3e choix. MATT DUCHENE

Au début de l’année, un recruteur suggérait que le Canadien était dominant puisqu’il forçait les équipes à jouer à un rythme plus rapide qu’elles ne le voulaient. C’est exactement ce que fait Duchene lorsqu’il pose les pieds sur la glace. Sa vitesse elle-même est intimidante et fait reculer les lignes de défense. Ça devient difficile pour un arrière d’affronter Duchene, car il peut  déborder par les ailes, ou feindre de le faire et freiner brusquement, ouvrant complètement le jeu devant lui.  Cette saison, l’Avalanche du Colorado pointe dans le bas du classement et Duchene se dirige vers sa pire saison, produisant à un rythme de 0.6 point par match (en 2011-2012, il n’avait inscrit que 28 points, mais il n’avait disputé que 58 matchs). Le meilleur est à venir, mais présentement, les circonstances jouent contre lui.

C’est beau d’être rapide sur ses patins, mais de l’être avec la rondelle sur son bâton, c’est une toute autre chose.

Prolongation en vrac
– 
P.A. Parenteau pourrait ne pas affronter les Islanders ce soir.

Qu’est-ce que TVA SPORTS insinue exactement par rechute…? #Bizarre

Si TVA Sports voulait parler d’un setback suite à sa plus récente commotion, pourquoi ne pas parler de « recul », soit le mot exact (traduit). On a donc là un allusion à la vie privée d’un joueur ou une erreur d’un remplaçant-gestionnaire Twitter du samedi matin.

– Galchenyuk préférait lui-même jouer à l’aile, selon Michel Therrien!

Mais une centaine de milliers de partisans le préférait au centre…

Carey Price pourrait manquer le match des étoiles… LIEN

Honnêtement, pas la fin du monde. L’important, c’est qu’il soit à son poste mardi, à Nashville.

Les arbitres de ce soir seront Kyle Rehman et Wes McCauley.


 MISE À JOUR – 12:28
Le nom de Pierre-Alexandre Parenteau aurait été soumis à nouveau sur la liste des blessés. Plus de détails à venir…

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