Recherché: chance et talent offensif | En rafale

Michel Therrien n’est certainement pas à pointer du doigt pour les déboires du Canadien contre le Lightning.

Le travail de l’entraineur est de soutirer le meilleur de ses joueurs avec ce qu’il a sous la main, ce que Therrien a réussi à faire. À forces égales, ses troupes ont amassé 58% des chances de marquer et contrôlé 55% des tirs. Sur le plan tactique, il a coiffé son homologue Jon Cooper en soumettant les arrières du Lightning à un échec avant 2-1-2 vorace.

Pourtant, le cumulatif des buts indique 8-3 en faveur de Tampa Bay.

Une équipe génère plus d’offensive au volume, mais elle se fait enfiler deux fois plus de buts qu’elle en marque. Naturellement, on blâme le gardien de but. Et la plupart du temps avec raison.

Inutile de vous dire que les problèmes du Canadien ne sont pas reliés au travail du gardien. Le chiffre magique est le suivant : 3.26%. Depuis le début des séries, 3.26% des tirs du Canadien se convertissent en but. Et non, ce n’est pas parce que les troupiers de Therrien ne tirent pas assez…

Comment expliquer ce manque de finition ? Par la malchance ? Il y a effectivement un brin de malchance…. Le Canadien marquait sur 7.9% de ses tirs en saison régulière, et ce, en générant moins de chances de marquer et en lançant moins souvent qu’il ne le fait maintenant. En comparaison avec les séries, on se base aussi sur un échantillon plus vaste de 82 matchs.

Mais ce n’est pas que de la malchance! Trop souvent, la malchance est une excuse fourre-tout que certains analystes aiment utiliser lorsqu’ils ne comprennent pas ce qui se passe devant leurs yeux. Au-delà du manque de bol, il y a un manque de talent offensif… Disons que l’un n’est pas étranger à l’autre.

Il appert que le CH a souvent affronté des gardiens #2 en saison (à plus de 30 reprises). En séries, le seul gardien contre lequel il a marqué un nombre raisonnable de buts est Andrew Hammond. Face à Craig Anderson et Ben Bishop, deux gardiens de calibre figurant parmi les 10 meilleurs du circuit, l’attaque s’est rapidement calmée.

Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre qu’il s’agit d’un manque de talent brut. Et nul ne requiert l’intellect d’Einstein pour comprendre que cette faiblesse provient de la ligne de centre. Au cours de la dernière décennie, quelle équipe a gagné la Coupe Stanley sans un véritable joueur de centre numéro un ?

Les Kings de 2014 et 2012 alignaient Anze Kopitar…

Les Blackhawks de 2013 et 2010 avaient Jonathan Toews…

Les Bruins de 2011 avaient Patrice Bergeron et/ou David Krecji…

Les Penguins de 2009 avaient Sidney Crosby. Puis tant qu’à y être, Evgeni Malkin…

Les Red Wings de 2008 avaient Pavel Datsyuk. À l’époque, Henrik Zetterberg était lui aussi un pivot de premier plan.

Les Ducks de 2007 avaient Ryan Getzlaf…

Les Hurricanes de 2006 avaient Eric Staal…

Le Lightning de 2004 avait le Brad Richards des belles années…

Il faut remonter en 2003 pour voir une formation gagner la Coupe Stanley sans centre numéro un. Scott Gomez était à ce moment le 1er centre des Devils du New Jersey. Il avait inscrit 55 points en 80 matchs en saison régulière. Pas mal du tout, mais pas des chiffres de pivot de premier ordre…

En 24 matchs, les Devils, une redoutable équipe défensive misant sur le meilleur gardien au monde, avaient maintenu une moyenne de 2.6 buts par match. En huit matchs, le CH a peiné à en marquer deux, avec une moyenne de 1.875 réussite par joute. This won’t cut it… 

Les 8 derniers champions de la Coupe Stanley comptaient parmi leurs rangs un joueur qu’on peut qualifier subjectivement, mais sans trop se tromper, de centre de premier trio. Le Canadien de 2014-2015 peut-il en dire autant ?

David Desharnais n’est pas dépourvu d’habiletés offensives, mais il n’est rien de plus qu’un 3e centre  au sein d’une formation prétendante à la Coupe Stanley. Encore là, tout dépend du système de l’équipe. Certaines formations comme le Canadien utilisent leur 3e ligne pour siphonner les minutes dures. Il s’agit là d’une stratégie courante dans la LNH : aligner un 3e trio défensif dans le but d’utiliser les meilleurs éléments offensifs dans des situations… offensives ! Ce qui signifie : un bon nombre de mises au jeu dans le territoire adverse et quelques présences contre des trios de plombiers qui ne font pas le poids, si le club joue à la maison…

Pensez à ces soldats qui forment un mur en brandissant d’imposants boucliers, pavant la voie aux tireurs d’élite et aux combattants rapprochés.

Or, Desharnais n’est pas la présence dominante capable de faire taire les gros canons adverses sur une 3e unité.  Encore moins en séries, où il faut faire des interventions musclées pour récupérer les rondelles libres.

Therrien n’a d’autres choix que de l’utiliser dans un rôle offensif, sans trop que ça rapporte. 12 points en 32 rencontres éliminatoires, c’est bien peu pour un 1er centre jumelé le gros du temps à Max Pacioretty. Quoique ce dernier nous a lui aussi déçus en séries, par le passé…

Tomas Plekanec est un formidable 2e centre au sein de toutes les équipes du circuit Bettman, mais un 1er centre au sein d’une équipe prétendante? Ça non.

À ceux qui disent que Galchenyuk s’offre comme la solution magique: le pauvre est en train de perdre la boussole à l’aile gauche, la position qui requiert le moins de temps d’adaptation. Vous croyez qu’il va s’animer comme par magie s’il est muté au centre en pleines séries éliminatoires, le tout avec un rôle revampé et des responsabilités accrues ? Possible, mais pas probable.

Qui n’essaie rien n’a rien, à ce stade. Mais il revient à Therrien de se demander si de gros changements doivent être apportés quand son équipe a dominé l’adversaire à forces égales… Soit il prie pour un peu de chance de son côté de même qu’une renaissance des unités spéciales. Soit il brasse la soupe dans un geste de désespoir. À première vue, il joue les probabilités au mieux avec le statut quo… 

Imaginons un moment que la transition fonctionne à merveille, le flanc gauche n’en demeurerait pas moins démuni. Dans cette optique, le CH pourrait décider de faire appel à Charles Hudon, un attaquant gaucher. Le talentueux Almatois ne pourrait pas empirer les choses, mais à moins d’une surprise, il ne règlera pas ce tenace marasme offensif en deux temps trois mouvements.

Les plus optimistes diront que le Canadien deviendra une puissance légitime parmi l’élite lorsqu’il mettra la main sur cette fameuse pièce manquante. Ils ajouteront que le Lightning ne risque pas de marquer 6 buts contre Price à plus d’une reprise et que les choses vont finir par s’équilibrer à l’attaque.

Le plus excitant à ce temps-ci de l’année, c’est que les tendances peuvent balancer aussi rapidement que bizarrement d’un côté comme de l’autre. Durant des tranches de 4 à 7 matchs, il suffit parfois d’une bonne lancée, d’une étincelle passagère pour changer l’allure d’un duel.

En rafale
– Le vice-président des Red Wings n’y est pas allé de mains mortes à l’endroit du jeune Anthony Mantha! LIEN

Pas sûr que Ken Holland apprécie cette sortie là, moi. Si j’étais lui, je lui dirais de s’armer de patience… Ou simplement de faire sa sortie à l’interne!

– Les Coyotes pourraient donc annuler leur entente…#Intéressant 

– Lou Lamoriello a nommé Ray Shero au poste de DG des Devils… Lamoriello conserve ses fonctions de président et il ne faut pas s’étonner si celui qu’on surnomme « le dictateur » a encore son mot à dire dans les décisions hockey… LIEN

Martin Brodeur a donc été ignoré. On verra s’il obtient un poste dans la direction au cours des prochaines années… En attendant, on peut toujours spéculer sur une possible mésentente entre les deux hommes.

– Bob McKenzie a livré ses commentaires…

– Le portier suédois Johan Gustafsson retournera en Europe. LIEN

– Dominé à 5 contre 5, le Lightning n’est pas satisfait et sait qu’il devra mieux jouer. LIEN

– Le match d’hier: rien de moins qu’une déconfiture totale.

– Michel Therrien n’a pas aimé la dernière sortie de Brandon Prust… LIEN

Il ne devrait pas être suspendu, par contre.

– Et Desharnais pourrait rejoindre son équipe à Tamba Bay. LIEN

– Le Canada a gardé sa fiche parfaite en disposant de la République tchèque! LIEN

Les représentants des Oilers, Hall et Eberle, ont bien fait… C’est beau de voir comment ils peuvent se débrouiller en étant entourés d’un gardien et d’une défense potable.

Le Canada jouera son prochain match mercredi, face à la Suède.

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