Qu’est-ce qui explique les succès du Canadien? | McDavid raflera évidemment le Calder | HockeyStreams: option abordable pour les fans de hockey

Qui l’eut cru? Le Canadien domine les matchs sans se rabattre sur Carey Price, le meilleur joueur du circuit. Tirs au but, chances de marquer, possession, opportunisme, défensive serrée, chimie, constance, équilibre offensif … Toutes les facettes sourient au club de Michel Therrien. C’est le jour et la nuit en comparaison avec l’an passé.

Puisque changement drastique rime avec métamorphose, on serait porté à croire que le système de jeu dans son entièreté a fait peau neuve.

Tout ça est bien cohérent en théorie, mais pas nécessairement juste dans les faits.

Le Canadien d’aujourd’hui est le prolongement de celui qu’on a vu en séries, avec davantage de panache à l’attaque. Pour ceux qui ont la mémoire courte, revenons rapidement sur les évènements du printemps dernier. Lorsque Jeff Petry et Torrey Mitchell se sont acclimatés au système de jeu de l’équipe, lorsque Lars Eller a repris ses aises en tant qu’as défensif, lorsque Alexei Emelin et Tom Gilbert ont fait un pas dans la bonne direction, c’était lors du tournoi printanier de 2015. Le Tricolore s’était alors accaparé la rondelle face à deux formations de taille sur le plan de la possession: les Sénateurs d’Ottawa et le Lightning de Tampa Bay. La plus grande surprise était la tenue de Petry, qui s’est comporté comme un autoritaire défenseur numéro deux. Durant certains matchs, il a même volé la vedette au grand P.K. Subban.

Sauf que, rappelez-vous, le Canadien contrôlait le jeu, mais ne marquait pas pour autant plus de buts. Le brassage de trio demeurait un exercice courant et le club ne comptait pas sur le brio…
– d’un Galchenyuk transformé au centre,
– d’un Lars Eller nouvelle mouture à l’aile gauche,
– d’un attaquant créatif marginal comme Semin,
– d’un Devante Smith-Pelly beaucoup plus rapide,
– d’un Markov au sommet de sa forme,
– d’un Emelin constant et efficace,
– d’un Desharnais dans une chaise qui lui sied et
– d’un Fleischmann fournissant de bonnes assises aux tertiaires

Mine de rien, beaucoup de choses autres que le système de jeu ont changé depuis les dernières séries.

Mais a-t-il changé, ce diable de système?

Bien sûr que oui, mais il n’a pas été reconstruit de toutes pièces, voire rénové de façon importante. On remarque trois rafistolages. De un, les joueurs se tiennent en meute serrée afin d’accentuer la pression et mieux récupérer les rondelles – l’entraineur appelle ça travailler en unité de cinq. Actuellement, la façon de jouer du quatrième trio représente l’archétype de cette stratégie.

De deux, les défenseurs se veulent plus dynamiques que jamais.

Note plus ou moins pertinente: depuis le début de la saison, je me tue à trouver un mot qui décrit fidèlement tout ce va-et-vient en provenance de la ligne bleue. Je finis par m’en remettre à « effervescence », mais je ne suis pas encore satisfait du résultat. Si vous avez mieux, proposez…

Parions que Therrien a mis l’accent sur une consigne déjà existante, car son groupe de défenseurs est largement supérieur à celui de l’an dernier, qui alignait à l’occasion les Weaver et Gonchar de ce monde. Résultat: les arrières appuient les attaquants beaucoup plus qu’ils ne le faisaient en sortie et en entrée de zone et, en zone offensive, ils ne se gênent pas pour s’aventurer très loin afin de semer le désordre, pourvu que le F3 désigné couvre leurs arrières. Le Tricolore parvient ainsi à de longs moments de contrôle de rondelle dans le territoire adverse, ce qui, du même coup, épuise un ennemi étourdi. Puis il y a, effectivement, comme un collègue de DLC l’a souligné, un mouvement des attaquants dans un axe rotatif entre la rondelle et le haut de l’enclave.

De trois, on ne perçoit plus la même réticence à exploiter le centre de la glace, en zone défensive comme en zone neutre, ce qui ouvre la porte à un monde de possibilités et de patrons de jeux.

Michel Therrien en contrôle

 

 

En effectuant le bilan de la saison l’été dernier, j’avais conclu que congédier Michel Therrien était un piège dans lequel il ne fallait pas tomber.

Limoger un entraineur-chef apporte son lot de troubles. Ça nécessite une période d’adaptation après avoir pratiqué un même système pendant trois ans. Ça demande de tout revoir les phases de jeu et de repartir à zéro. Ça sème le doute dans l’esprit de certains joueurs appréciés par l’ancien règne. Ça ajoute une pression supplémentaire sur l’épaule des joueurs, qui tiennent à entamer le changement de culture du bon pied sous peine de voir la confiance du club s’ébranler. Pour toutes ces raisons, ce n’est pas une décision que les directeurs généraux prennent en criant ciseaux.

En carrière, Michel Therrien montre un dossier honorable. 344 victoires, 246 défaites, 23 joutes nulles et 68 revers en prolongation. C’est dire qu’il a gagné 57% de ses matchs derrière le banc. Et si on s’attaque à ses sept dernières années, incluant la présente campagne, il compile une fiche de 253 victoires, 140 défaites et 10 revers en prolongation. Il a donc remporté 63% des matchs qu’il a dirigés durant cette séquence. Le premier échantillon (carrière) en est un de 681 matchs. Le deuxième (séquence) en est un de 403 joutes. Malgré tout, plusieurs analystes se rangent derrière l’excuse de la chance pour expliquer les succès répétés de Therrien, car ce dernier est reconnu pour exercer une influence négative sur les indices de possession de rondelle de son équipe.

La vérité est qu’une équipe ne maîtrisant pas cette particularité du jeu ne peut aspirer aux grands honneurs dans le hockey moderne. Jetez un coup d’oeil aux derniers gagnants de la Coupe Stanley pour en avoir le coeur net.

Aussi absurde que cela puisse paraitre, Michel Therrien demeurait à l’aube de la saison, la meilleure option pour améliorer les indices de possession de son équipe. Therrien, comme son dossier l’indique, se veut un bon entraineur avec une faille majeure. Il est l’un des meilleurs pour imprégner une structure défensive et un sens de l’organisation à ses troupes et les tactiques qu’il prône en échec avant sont excellentes. Puis, ses équipes semblent générer un plus haut taux de contre-attaques de qualité que la moyenne.

S’il arrivait à corriger cette vilaine tache à son dossier, celle de la possession lacunaire et du manque de créativité offensive, le Canadien était en voiture et détiendrait un arsenal d’autant plus complet.

Qui plus est, Michel Therrien était probablement l’homme de hockey le plus informé des défauts de son système. Pendant deux ans, il a passé en revue, lors d’innombrables séances vidéos, des matchs où son club s’est fait varloper, mais a survécu grâce à Carey Price.

On ne limoge pas le personnel d’une écurie connaissant son bolide comme le bout de ses doigts, parce qu’un volet de sa technologie traîne de la patte. Les experts faisant face à la musique, s’ils ont prouvé leur compétence par le passé, sont à même de constater ce qui les sépare du titre de championnat. Peut-être bien qu’ils ne veulent pas brûler d’étapes. Qu’ils n’ont pas encore tout à fait les ressources pour s’ajuster au dernier cri et franchir la dernière marche.

Ces ressources, Bergevin les a fournies à Michel Therrien au lieu de prendre la bête décision de le congédier. Il a fait l’embauche de Matt Pfeffer, un expert de statistiques avancées qui allait lui apporter une perspective différente. Il en a rajouté en lui offrant les connaissances de Craig Ramsay. Il lui a donné Semin et Fleischmann. Et les munitions déjà en place ont su s’améliorer et se renouveler.

Les astres étaient alignés pour parfaire ce système de jeu qui a donné du fil à retordre aux Sénateurs et au Lightning en séries éliminatoires.

On a maintenant droit à un mélange harmonieux, une machine bien rodée fonctionnant à quatre trios et pouvant miser sur trois paires défensives dépassant les attentes.

Michel Therrien, le mal-aimé, le minable, l’idiot menant une équipe dépourvue de stratégies viables, a gagné son pari.

Connor McDavid gagnera le Calder… 

Est-ce vraiment un débat? Le script est écrit d’avance. Domi, Eichel, Panarin et Ehlers sont bons, mais Connor McDavid raflera le trophée Calder.

Le prodige complète présentement un trio dangereux avec Benoit Pouliot et Nail Yakupov. McDavid est la meilleure chose qui pouvait arriver à ce dernier. Il faudra se rendre à l’évidence que le russe est un joueur doté d’une piètre compréhension du hockey, mais possédant des qualités d’élite dans le lancer et le maniement de bâton. Avec le 97 pour l’alimenter, non seulement ses failles défensives seront maquillées, mais il pourra mieux faire valoir ses forces.

Ce but de la recrue, face aux Red Wings de Detroit, a retenu mon attention… Regardez-le se moquer complètement de la couverture du vétéran aguerri Brad Richards, qui tentait tant bien que mal de gagner ce qu’on appelle, en jargon hockey, le « body position ».

Par ailleurs, il était assez hilarant de voir certains pseudo-analystes mettre en doute son statut de joueur exceptionnel parce qu’il n’avait pas marqué lors de ses deux premiers matchs, contrairement à Eichel. La saison est un marathon, pas un sprint. C’est dans les plus longues distances qu’on voit les meilleurs joueurs émerger du lot.

Le meilleur est à venir. Quand Taylor Hall et Connor McDavid auront la chance de développer des atomes crochus – ça n’avait pas fonctionné en lever de rideau, mais il faudra leur laisser le temps –, le spectacle sera officiellement commencé.

Carl Hagelin devra céder sa couronne de patineur le plus rapide. Qu’on parle d’accélération, de vivacité des pieds ou de vitesse pure, McDavid est dans son monde à lui, sa petite île lointaine. Il est le meilleur patineur à fouler les glaces de la LNH depuis Pavel Bure.

« Il flotte sur la glace. C’est incroyable. Tout est solide mécaniquement et il ne semble jamais perdre de vitesse même quand il glisse. Son corps est parfaitement équilibré dans ses pivots ou ses transitions. Il arrive à générer beaucoup de puissance quand il déborde vers l’extérieur, que ça soit à gauche ou à droite. Il est très impressionnant» – David Pelletier, ancien champion olympique en patinage artistique et spécialiste du patinage chez les Oilers.

Bien sûr, on peut se plaindre du fait que les Oilers habillent tous ces 1ers choix au repêchage, mais il s’agit d’une autre histoire…

« Sous-estimé parce qu’il joue dans l’Ouest » 

On entend souvent cette phrase: « ce joueur est sous-estimé parce qu’il joue dans l’Ouest ». Si la plupart des amateurs de hockey montréalais connaissent plus ou moins les joueurs de cette association, c’est parce qu’ils ne regardent à l’habitude que les joutes du Tricolore, et seulement durant ces joutes peuvent-ils observer les joueurs des autres formations, souvent des joueurs de l’Est, par la force des choses.

On ne trouve pas toujours son compte à la télévision et Game Center Live coûte les yeux de la tête, je propose donc une solution très abordable: Hockey Streams. Vous avez droit à tous les matchs de la LAH, de la OHL, de la WHL, de la LHJMQ, de la LNH, et plus encore, à raison d’un peu plus de 100$ pour un an. Je suis moi même un abonné de ce service et un client très satisfait, moi qui payait la lune pour GCL par le passé…

En rafale
– Evgeny Kuznetsov s’amuse sur la glace comme à l’extérieur!

– Ça continue!

– Dur coup pour les Blues.

– Mark Giordano reprend-il le rythme de l’an dernier? LIEN

– Dommage de voir les Jays revenir deux fois bredouilles avec deux coureurs sur les sentiers, avant de perdre la série face aux Royals. À l’année prochaine! LIEN

– Mathieu Bellemare est le plus petit gardien du circuit Courteau! LIEN

– À noter qu’on ne parle pas ici du Corsi, mais bien du temps de possession (chronométré).

– Croyez-vous que Dierry Jean deviendra champion WBO ce soir? LIEN

– Un autre record pour le CH:

– Wow!

– Jack Eichel en a marre de créer des chances de marquer sans être capable d’inscrire un but! LIEN

– Intéressant.

– Vos paris?

– Pour ceux que ça intéresse.

– Byron Froese, un choix de 4e ronde des Blackhawks en 2009, disputerait le match de ce soir face au Canadien. LIEN

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